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vendredi 8 février 2013

Mali: Le MNLA appelle la communauté internationale à « exercer un contrôle » sur l'armée malienne

Mali: Le MNLA appelle la communauté internationale à « exercer un contrôle » sur l'armée malienne

08/02/2013 - 16:35

OUAGADOUGOU (SIWEL) — Le Mouvement national de libération de l’Azawad a rendu public, hier, un communiqué dans lequel il appelle « la communauté internationale à exercer un contrôle sur les patrouilles de l’armée malienne qui continuent à se venger sur les civils Azawadiens ». Le MNLA demande le «déploiement d’observateurs des droits de l’homme dans les villes déjà sous contrôle malien » et « souscrit à la mise en place d’une force d’interposition » au Mali, « seule possibilité de garantir la paix et la sécurité des civils en l’état actuel de la situation » précise le communiqué signé de son porte parole Mossa Ag Attaher.


Capture d'écran du site officiel du Mouvement national de libération de l'Azawad. (PH/DR)
Capture d'écran du site officiel du Mouvement national de libération de l'Azawad. (PH/DR)
Dans un communiqué rendu public sur son site officiel, le MNLA revient sur la prise de Ménaka par ses unités militaires. La déclaration signée de son porte parole Mossa Ag Attaher précise que « Le MNLA a entrepris et réussi seul la sécurisation de Ménaka sans aucune aide ni soutien d’aucune force engagée dans la lutte contre le terrorisme » signifiant ainsi « qu’ils ne bénéficient d’aucun soutien international » alors qu’ils sont « la seule force en présence sur le terrain susceptible de garantir efficacement la sécurité des citoyens et la lutte contre le terrorisme sur un territoire qu’il maitrise parfaitement pour peu qu’on lui en donne les moyens ». Mossa Ag Attaher étaye cette affirmation en soulignant le fait que la ville de Gao « a essuyé une attaque terroriste en plein centre de la ville » alors que « les villes contrôlées par le MNLA n’ont enregistrées aucune présence terroriste » prouvant ainsi que si on veut réellement combattre le terrorisme islamiste, le MNLA est incontournable.
D'autre part, la déclaration dénonce les exactions maliennes sur les civils azawadiens qui se poursuivent toujours « en toute impunité » dans les villes sous contrôle malien et ce « Malgré l’indignation internationale » souligne le communiqué du MNLA qui appelle « la communauté internationale à exercer un contrôle sur les patrouilles de l’armée malienne qui continuent à se venger sur les civils Azawadiens»

Le communiqué précise que « La liste des exactions ne cesse de s’allonger » et que le MNLA « n’envisage aucunement de collaborer avec l’armée malienne tant que celle-ci poursuit ses exactions sur les civils et tant qu’aucune ouverture de négociation politique n’intervient entre le MNLA et le gouvernement malien sous garantie internationale ».

Le mouvement des laïcs Touaregs, attend de la communauté internationale et des forces engagées dans la crise malienne qu’ils réagissent » aux appels aux meurtres publié par la presse malienne » et « qu’ils en tirent les conclusions qui s’imposent » étant donné que les publications n’ont suscité « aucune réaction des autorités maliennes signifiant par ce laxisme qu’ils autorisent en toute légalité la presse malienne à lancer des appels publics au meurtre » souligne le communiqué.

Le dernier point soulevé par le communiqué du MNLA est la force d’interposition onusienne, proposée notamment par le vice-président américain lors d’une visite à Paris. Le MNLA déclare «souscrire totalement à la mise en place d’une force d’interposition dans le cadre du déploiement d’une opération de maintien de la paix sous casques bleus afin de parer aux massacres collectifs qui se dessinent » et appelle « l’ONU, le Conseil de sécurité ainsi que la France, présente sur le terrain, à garantir la sécurité et la protection des populations Azawadiennes soumise à la vengeance de l’armée malienne »

zp,
SIWEL 081635 FEV 13

L'intégralité du communiqué en pièce jointe
mnla_ctea_menaka.pdf MNLA-CTEA Ménaka.pdf  (73.72 Ko)

Algérie : spectaculaire attaque terroriste contre une caserne militaire à Khenchela

Algérie : spectaculaire attaque terroriste contre une caserne militaire à Khenchela

Par | février 7, 2013 11:54
armée algérienne in aménas

Munis de lance-roquettes antichars, une cinquantaine de terroristes ont attaqué mercredi soir  une caserne militaire située à Khenchela, à 470 Km à l’est de la capitale, Alger. Le groupe terroriste avait tenté de pénétrer à l’intérieur de la Caserne pour assassiner le plus grand nombre de soldats. Et pour ce faire, les terroristes, armés de RPG, ont enlevé de deux civils, dont le chauffeur d’un camion qui ravitaillait la caserne en produits alimentaires. Selon le quotidien arabophone El Khabar, le camion a été rempli d’armes lourdes par les assaillants et a été utilisé pour forcer l’accès à la caserne. Pendant ce temps-là, un second groupe terroriste échangeait des tirs intensifs avec les militaires.
Les accrochages ont duré pas moins de trois heures. Trois heures durant lesquels les militaires avaient réussi à repousser les assaillants qui n’ont pas pu exécuter leur plan machiavélique. En effet, les terroristes n’ont pas pu forcé l’accès à la caserne et des avions militaires ainsi que des hélicoptères ont été dépêchés plus tard par les forces militaires pour bombarder les terroristes qui ont rebroussé chemin sous les frappes et raids intensifs de l’aviation. Selon El Khabar, deux terroristes ont été tués et six militaires blessés. Mais pour l’heure, il demeure impossible de vérifier l’authenticité de ce bilan au regard de la violence des accrochages qui ont opposé les terroristes aux forces militaires stationnées dans la caserne. Soulignons enfin que dés les premières heures de la matinée de jeudi, une opération de ratissage a été lancée  pour rechercher le reste du groupe terroriste qui serait composé, selon plusieurs sources locales, de plusieurs éléments étrangers dont des ressortissants libyens et tunisiens.

Les syndicalistes de l’UNPEF dénoncent : « nous sommes victimes d’une injustice » | Tamurt.info - Votre lien avec la Kabylie

Tizi-wezzu
L’UNPEF relève avec amertume le manque de volonté d’assainir les situations financières pesantes des travailleurs, qui n’ont que trop durer. Ce qui est considéré par l’UNPEF comme une fuite en avant de l’administration.
08/02/2013 - 00:05 mis a jour le 07/02/2013 - 23:16 par Mohand T.

L’union nationale des personnels de l’enseignement et de la formation (UNPEF) déplore dans une déclaration de son bureau à Tizi-Wezzu, de nombreux dépassements et d’injustice observés par la direction de l’éducation à l’encontre de plusieurs salariés de l’éducation de la région de Tizi-wezzu. Ils subissent des accusations non fondées, des conseils de discipline allant vers une atteinte morale de leurs personnes.
L’UNPEF relève avec amertume le manque de volonté d’assainir les situations financières pesantes des travailleurs, qui n’ont que trop durer. Ce qui est considéré par l’UNPEF comme une fuite en avant de l’administration de la direction de l’éducation de Tizi-Wezzu. Les syndicalistes en colères réitèrent leurs soutiens à leurs adhérents tous corps confondus et dénoncent une fois de plus cette lenteur qui dénote le service paie de la direction de l’éducation.
Mohand.T

jeudi 7 février 2013

Messaoud Ouslimani, écrivain : « La liberté de culte fait partie de l'identité kabyle »

Messaoud Ouslimani, écrivain : « La liberté de culte fait partie de l'identité kabyle »

06/02/2013 - 16:20

PARIS (SIWEL) — Messaoud Ouslimani, médecin de formation, mais féru de la littérature. Écrivain et essayiste, avec "La vie dans la tourmente" et " La révolte des exclus" , édités en France, M. Ouslimani, expose la situation de la Kabylie depuis les années 20. Où il traite de la situation politique, économique et sociale. Dans cet entretien, il revient sur sa conception de la liberté, des religion, de la Kabylie et du pouvoir algérien.


M. Messaoud Ouslimani, écrivain kabyle. PH/DR
M. Messaoud Ouslimani, écrivain kabyle. PH/DR
Avant d'entrer dans le vif du sujet, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs?

M. Ouslimani : Je suis né à Bouadnane, village Ath Slimane. J'ai 68 ans, marié, 1 enfant. Je suis médecin radiologue exerçant en cabinet libéral en France.

Dans votre essai sur la Kabylie "La vie dans la tourmente", vous avez traité une période cruciale qui a marqué la Kabylie par une misère atroce, la soumission...De toute l'histoire de la Kabylie, pourquoi ce choix sur cette période précise?
La période où se passe le récit de "la vie dans la tourmente", est chargée de signes avant-coureurs annonçant la guerre contre le dernier occupant du pays, en l'occurrence la France...

C'est un témoignage poignant, que d'aucuns estiment que c'est à travers ces épisodes que la région a forgé sa personnalité. Est-il un récit de vie ou des histoires imaginaires mais qui s'inspirent d'une réalité tangible?
"La vie dans la tourmente" relate le quotidien d'un village de la Haute-Kabylie; l'histoire commence au début du vingtième siècle. La famine décime des villages. Cette histoire s'inspire de faits réels. Les habitants du village dont il est question ont vécu reclus sur eux-mêmes, s'entraidant pour faire face aux besoins les plus élémentaires et à la rigueur extrême du climat. J'ai vécu cette tourmente. J'ai marché pieds nus comme tant d'autres enfants, j'ai eu faim et froid ! La misère était le lot quotidien qui accompagnait la plupart des Kabyles de la Haute-Kabylie pendant toute leur existence. Cette époque a en effet forgé la personnalité du Kabyle qui a compris qu'en définitive, il ne peut compter que sur lui-même.

Ecrit dans un style assez accrocheur et souple, pourquoi les histoires narrées se terminent-elles d'une manière assez marquante qu'est la mort...
Par cette liste macabre, j'ai voulu signifier que la vie des personnages ne peut se terminer que dans la mort en l'absence de tout espoir. La misère côtoie la mort que l'on peut considérer comme une délivrance, dans ce contexte.

Dans votre roman, "La révolte des exclus", vous avez parlé de sujets politiques qui restent, au jour d'aujourd'hui, des éléments de débats. Pourquoi êtes-vous allé aux années 70 pour traiter d'une situation que l'on vit actuellement?
Le fait est que les problèmes que nous vivons actuellement sont déjà arrivés, de façon cyclique, avec quelques nuances dans la forme. Le mal qui ronge le pays n'ayant jamais été détruit, ses effets restent récurrents. Les années 70 représentent, à mon sens, une période charnière de la dérive de l'Algérie, qui s'est accentuée au fil des années. L'Algérie depuis cette période, a commencé à creuser sa tombe par une descente aux enfers. Les différentes décisions politiques prises sur des coups de tête, telle que la gestion socialiste des entreprises, la réforme agraire, la médecine gratuite, l'arabisation généralisée, commencèrent à montrer leurs limites. Entre-temps, la misère des populations s'est accentuée. Et les laissés-pour-compte devinrent un vivier inespéré pour les islamistes qui s'attelèrent à les embrigader pour en faire les fossoyeurs de leur propre pays. Certains citoyens, pour la plupart Kabyles, choisirent, dans la clandestinité, une autre religion que celle imposée par le pouvoir algérien -et qui avait existé en Afrique du Nord, bien avant l'islam-.

Les personnages choisis dans le roman partagent une certaine idée de la liberté malgré leur appartenance religieuse aussi différente les unes des autres, quelle est la relation entre la liberté de culte, le chômage, le poids des traditions sur la situation politique de la Kabylie?
La liberté de culte fait partie de l'identité kabyle. L'islam comme religion unique, a été imposé par le pouvoir arabo-islamique et propagé et protégé par certains Kabyles. Le choix d'une autre religion reflète un désir d'émancipation spirituelle. Le chômage est une conséquence de la mauvaise gestion des différents pouvoirs qui se sont succédé -sachant que le pays est très riche et que cela n'aurait pas dû arriver. Quand on ne s'aligne pas sur les diktats du pouvoir arabe et islamique, on est marginalisé! Bien des personnes ont été limogées de leur emploi car non-croyantes ou Kabyles. Certaines traditions kabyles, qui ont un lien avec l'islam, contribuent à freiner la marche vers l'émancipation de notre peuple. Autant de freins pour une politique de libération de la Kabylie...

Vous avez cerné la situation chaotique de la Kabylie, selon vous quelle voie de salut pour cette région?
L'Autonomie ! La Liberté

Vos livres seront-ils un jour chez les libraires en Algérie?
Je le souhaiterais.

aai
SIWEL 06 1620 fev13

Les étudiants demandent la suppression de l’arabe comme langue de formation | Tamurt.info - Votre lien avec la Kabylie

Faculté des sciences humaine de Tizi-Wezzu
Une situation catastrophique est dénoncée par les étudiants de la faculté qui réclament la suppression de la langue arabe comme langue de formation et qui ne correspond pas aux exigences de leur domaine.
07/02/2013 - 14:46 mis a jour le 07/02/2013 - 14:46 par Mohand T.

La situation au niveau de la faculté des sciences humaine de l’université Mulud Ath Mammar de la région de Tizi-Wezzu est en souffrance.
Une situation catastrophique est dénoncée par les étudiants de la faculté qui réclament la suppression de la langue arabe comme langue de formation et qui ne correspond pas aux exigences de leur domaine.
« Nous subissons un manque flagrant d’enseignants et la bibliothèque est presque vide », déplore un étudiant.
Les étudiants en grève ont fermé leur faculté depuis quatre semaines et réclament l’ouverture du master pour tous les étudiants titulaires d’une licence en communication, une formation dispensée intégralement en français, le recrutement d’enseignants supplémentaires pour parer au manque d’encadrement, l’acquisition d’ouvrages supplémentaires pour la bibliothèque et faire des travaux de réaménagements au niveau de la faculté, sont entre autres les revendications de ces étudiants.
Mohand.T

Au Mali, des siècles d'antagonismes

Au Mali, des siècles d'antagonismes

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Des soldats maliens, en mars 2012 à Bamako. L'antagonisme entre les populations du sud et du nord est autant inscrit dans l'espace que dans l'histoire des hommes.

Sédentaires contre nomades, agriculteurs contre commerçants, hommes noirs contre hommes à la peau claire... L'éternel antagonisme entre les populations du sud et du nord du Mali, plus vivace que jamais depuis la sécession de l'Azawad, proclamée le 6 avril 2012, et le lancement de l'opération militaire franco-malienne, le 11 janvier, est autant inscrit dans l'espace que dans l'histoire des hommes.

CURIEUX ASSEMBLAGE
Construction étatique née de l'époque coloniale, aux frontières dessinées et redessinées (la dernière fois en 1943) par les Français, le Mali apparaît de prime abord comme le curieux assemblage de deux mondes étrangers l'un à l'autre. Au sud, les héritiers des grands ensembles politiques ouest-africains : l'empire du Mali, l'empire Songhaï ou le royaume de Ségou, qui furent tous confrontés, à un moment ou un autre de leur histoire, aux incursions de guerriers et de commerçants maures, arabes ou touareg.
Quant aux habitants des deux tiers nord du pays, ils appartiennent à l'histoire du Sahara, de ses royaumes nomades et des grandes routes caravanières. La ville de Tombouctou, dont le prestige culturel et la réputation d'opulence sont difficiles à relier aux images de désolation qui en parviennent depuis des mois, en est sans doute la trace la plus brillante. Ses mausolées comme ses précieux manuscrits, placés sous la protection toute symbolique de l'Unesco, en sont la face lumineuse. Quant au souvenir de la traite négrière transsaharienne, dont la ville a été un des centres névralgiques pendant des siècles (plusieurs centaines de milliers de captifs originaires des régions subsahariennes ont transité par elle jusqu'à la fin du XIXe siècle), il en est la part maudite. Ainsi, si le nord et le sud du pays interagissent depuis des siècles, leurs relations ont rarement été pacifiques. Et la colonisation française n'a rien arrangé.
La colonisation du Sahara, menée durant les dernières années du XIXe siècle depuis le Sénégal vers l'est et officiellement entérinée à la Conférence de Berlin, en 1885, a conduit la France à administrer une immense étendue désertique. Elle ne fut parachevée qu'au début du XXe siècle : Tombouctou est prise en 1894 et ce n'est qu'en 1907 qu'on peut implanter un gouverneur militaire à Kidal, au coeur du pays touareg.
Les relations entre la puissance coloniale et les populations arabes, maures et touareg du Soudan français, bientôt incorporées dans l'Afrique occidentale française (AOF), resteront, jusqu'aux indépendances de 1960, très superficielles. Et elles ne seront pas exemptes d'un certain aveuglement romantique : le mythe de l'inflexible guerrier touareg, tenant d'idéaux disparus en Europe, fascinera des générations de militaires français, souvent eux-mêmes d'ascendance noble et nostalgiques d'un certain âge d'or aristocratique. Même les nombreux accrochages, comme le massacre de la mission Flatters par des Touareg, en 1881, ou les révoltes qui agiteront la région de manière sporadique durant toute la période, ne viendront pas à bout de cette sympathie initiale. Le souvenir émerveillé des récits de René Caillié, premier Occidental arrivé à Tombouctou en 1828, ou les travaux de Charles de Foucauld sur la culture touareg ont durablement marqué les mémoires.
Cette fascination n'alla pas sans effets pervers. "Comme ils admiraient leur culture, les coloniaux n'ont pas cherché à changer les Touareg", souligne l'historien Pierre Boilley, directeur du Centre d'études des mondes africains. Ce faisant, les colons ont créé des déséquilibres sociaux dont la région ne s'est jamais remise. De fait, si la France a construit de nombreuses écoles dans le sud du pays, elle s'est bornée à tracer quelques pistes dans le nord, et n'a commencé à corriger cette faiblesse qu'à la fin des années 1940, alors que la logique de la décolonisation commençait à s'imposer.
"ETHNIQUEMENT DIFFÉRENTS"
Ce processus a été l'occasion de nouvelles tensions entre le Nord et le Sud. La raison principale en est la tentative menée par Paris de détacher des régions sahariennes d'Algérie, du Soudan français, du Niger et du Tchad, réputées riches en minerais, pour créer une Organisation commune des régions sahariennes (OCRS) sous domination française. Au Mali, les populations du Nord, et surtout les Touareg, seront des soutiens enthousiastes de l'initiative : en 1958, dans une lettre adressée à Charles de Gaulle, des milliers de pétitionnaires réclameront leur détachement de la tutelle de Bamako, en s'affirmant "ethniquement différents". "Cet épisode est largement oublié en France, mais il est dans tous les esprits au Mali, et il a beaucoup nourri la haine des habitants du Sud contre ceux du Nord", souligne Pierre Boilley.
Les chefs successifs de l'Etat malien indépendant s'emploieront (du reste, avec un certain succès) à faire émerger les bases d'une culture nationale propre, notamment en exaltant le souvenir d'un empire du Mali dont les contours n'ont pas grand-chose à voir avec les frontières actuelles. Mais ils ne viendront pas à bout de cet antagonisme nourri par un climat de sécession larvée. Et la colère, palpable, des habitants du Sud contre les Touareg accusés d'avoir, en déclenchant la révolte de janvier 2012, ouvert la voie à la barbarie djihadiste, risque d'accroître encore le fossé entre les deux régions.

Analyse: " les frontières héritées de la colonisation pourront-elles encore résister longtemps ? "

Analyse: " les frontières héritées de la colonisation pourront-elles encore résister longtemps ? "

06/02/2013 - 17:10

PARIS (SIWEL) — Dans un entretien accordé au journal en ligne » Atlantico », Ferhat Mehenni, Président du gouvernement provisoire kabyle (GPK) et Bernard Lugan, professeur aux Ecoles militaires de Saint-Cyr, reviennent sur le tracé des frontières coloniales et les drames occasionnés par l’arbitraire de ces découpages, comme cela est notamment le cas au Mali, au Rwanda, en Côte d’Ivoire, en République Centrafricaine (RCA), au Liberia, en Sierra Leone, en République Démocratique du Congo


Les conflits actuels en Afrique prennent leur racine dans le découpage colonial(PH/DR/ Reuters)
Les conflits actuels en Afrique prennent leur racine dans le découpage colonial(PH/DR/ Reuters)
Dans cet entretien que nous publions dans son intégralité, Ferhat Mehenni et Bernard Lugan sont présenté comme suit :
Ferhat Mehanni est Algérien d’origine kabyle. Il est le fondateur du Mouvement pour l'autonomie de la Kabylie (MAK) et assume les fonctions de président du Gouvernement provisoire kabyle. Il a récemment publié Le siècle identitaire : la fin des Etats post-coloniaux aux éditions Michalon (2010).
Bernard Lugan est historien, spécialiste de l'Afrique.Il fut professeur à l'Université du Rwanda de 1972 à 1983. Il était maître de conférences hors classe à l'Université de Lyon III, où il assurait depuis 1984 différents cours autour de l'histoire de l'Afrique et de la francophonie. Il est aujourd'hui professeur aux Ecoles militaires de Saint-Cyr Coëtquidan.
Ci-après, l’entretien publié dans « atlantico »
Afrique ou Moyen-Orient : les frontières héritées de la colonisation pourront-elles encore résister longtemps ?
Les frontières des Etats africains sont pour la plupart un héritage de la colonisation et sont marquées par les intérêts de l'époque de chaque métropole. Dès lors, sont-elles aujourd'hui vouées à être redessinées ?

Atlantico : Les frontières qui délimitent la cinquantaine d’Etats africains ont pour la plupart été tracées lors de la conférence de Berlin en 1885 créant des nations où il n’en existait pas. Ces frontières ont pour le moment résisté mais le pourront-elles encore longtemps ?
Ferhat Mehinni : En 1885, la Conférence de Berlin avait établi des frontières entre les possessions territoriales des pays européens en Afrique. Les frontières actuelles des pays africains étaient décidées par chaque métropole en fonction de ses intérêts de l'époque. Pour certaines d'entre elles, ce n'est qu'à la veille de la décolonisation qu'elles ont été tracées de manière bâclée comme celles de la Mauritanie par exemple.
Pour la plupart, ces frontières ont tenu mais par le seul moyen de la dictature qui a fait florès au lendemain de la décolonisation. Car les menaces contre ces frontières viennent rarement des voisins mais de l'intérieur de chaque pays. En Algérie, dès 1963, soit un an seulement après la décolonisation, la Kabylie avait pris les armes pour son indépendance.

La mosaïque des peuples, qui compose chacun d'entre eux, les prédispose à l'éclatement. Cependant, malgré les dictatures quelques-unes de ces frontières ont déjà volé en éclats. En Somalie d'abord, puis au Maroc qui a "récupéré" l'ex Sahara espagnol ; ensuite l’Érythrée s'est détachée de l'Ethiopie. En juillet 2011, le Soudan Sud s'est séparé du Nord.

Aujourd'hui leur résistance est à bout. On peut les maintenir artificiellement pour un moment et contre le droit à la liberté des peuples comme le fait la France en Côte d'Ivoire et au Mali. Mais Cela n'ira plus bien loin. Ces frontières sont condamnées par la mondialisation et la poussée des peuples pour leur droit à l'existence. Le processus historique à l'oeuvre est inexorable et finira par donner droit à chaque peuple nié par ces frontières à disposer de lui-même.

Bernard Lugan : Je ne sais pas si certaines frontières résisteront encore longtemps. Je me borne à constater que bien des frontières africaines tracées en Europe à partir de cartes imprécises et parfois fausses, reposent comme le disait le gouverneur Hubert Deschamps sur "une abstraction géométrique ne tenant aucun compte des peuples". Ces découpages à la hache ont produit "une Gambie anglaise taillée dans les peuples wolof et mandingue accordés à la France. Les Evhé coupés en deux tronçons, anglais et allemand. De même les Pahouins entre le Kamerun et le Gabon ; les Bakongo entre la France, la Belgique et le Portugal ; les Ovambo entre le Portugal et l’Allemagne ; les Lunda entre Belges, Portugais et Anglais". Ce grand connaisseur de l’Afrique ajoutait "C’est le péché originel".
En quoi les conflits actuels prennent-ils leur racines dans ce découpage ?
Ferhat Mehenni : Les conflits actuels prennent leur racine dans le découpage colonial en ce sens que celui-ci était fait, volontairement ou non, sans tenir compte de la réalité des peuples qui composent chacun des pays. Prenez les Touaregs, par exemple, au lendemain des indépendances africaines des membres d'une même famille se retrouvent avec six nationalités différentes. Leur cas est similaire à celui des Kurdes répartis par le tracé colonial des frontières sur six pays. Les injustices de l'Histoire finissent toujours par remonter à la surface comme le fait l'huile sur de l'eau. La seule réparation à laquelle ils aspirent aujourd'hui est l'accession à leur propre Etat car le statut de minorité nationale leur est désormais inadmissible et insupportable.

Bernard Lugan : Les conflits africains prennent leurs racines dans ces charcutages moins parce qu’ils ont divisé certains peuples que parce qu’ils en ont forcé d’autres à vivre ensemble. L’exemple du Mali est emblématique à cet égard.
En effet, vainqueurs et vaincus, dominants et dominés, esclavagistes et razziés, nomades et sédentaires furent rassemblés dans les mêmes limites administratives. Après l’indépendance, les Touaregs qui refusaient d’être soumis aux sudistes se soulevèrent à maintes reprises. D’autant plus qu’en Afrique, la démocratie donnant le pouvoir aux plus nombreux, phénomène que j’ai baptisé du nom d’ethno-mathématique, ceux dont les femmes ont le ventre le plus fécond, l’emportent automatiquement sur les autres. Au Mali, les sudistes étant plus nombreux que les nordistes, ces derniers, en plus d’être forcés de vivre dans le même Etat que les premiers, sont condamnés à leur être politiquement soumis. D’où les révoltes continuelles.

Sommes-nous face à des conflits ethniques ou économiques propres à l’Afrique ou peut-on parler de conflits inhérents aux intérêts des anciennes puissances coloniales ?
Ferhat Mehenni : Les pays africains n'ont jamais réussi à réaliser une intégration économique régionale entre eux. Les rapports économiques restent sous domination essentielle des anciennes métropoles. Mais devant l'arrivée de la Chine, de l'Inde et des USA en Afrique, voire du Qatar et de l'Arabie Saoudite on peut être tenté de croire que les conflits actuels seraient motivés par une guerre économique que ces nouveaux venus livrent aux anciennes métropoles. Si cette guerre économique est une réalité, les conflits au Mali et en Côte d'Ivoire et bientôt sur l'ensemble du continent africain sont d'abord des conflits de peuples luttant pour leur liberté. Je sais qu'en Occident on désigne les peuples, pour en nier la réalité, par le mot ethnie.
Or c'est le combat de ces peuples, niés, pour leur reconnaissance et leur accession à l'indépendance qui constitue la réalité profonde de ces conflits. Que sur lui se greffent d'autres phénomènes est une évidence mais qui ne doit pas cacher cette raison essentielle que l'on peut résumer de manière schématique comme suit : la colonisation par les frontières qu'elle a tracées en Afrique a créé des Etats sans nation et dont la survie ne se réalise qu'au prix de la dictature maintenant des peuples sans Etat sous sa domination.


Bernard Lugan : Au Mali, le nuage islamiste dissipé, le réel réapparaît avec force. Contrairement à ce qui nous a été présenté, nous ne sommes pas face à une guerre de religion mais en présence d’un conflit ethnique et même racial, un conflit ancré dans la nuit des temps et sur lequel, avec un grand opportunisme, les islamistes tentèrent de s’insérer. Les explications économiques ne permettent pas d’appréhender le cœur du problème.
En 1964, l’Organisation de l'unité africaine (OUA) a choisi de décréter l’intangibilité des frontières. Était-ce la meilleure des solutions ou fallait-il envisager de redessiner les frontières héritées de l’époque coloniale comme le souhaitait à l’époque le groupe de Casablanca ?
Ferhat Mehenni : En 1964, l'Organisation de l'Unité Africaine (OUA) avait décidé de consacrer "le principe de l'intangibilité des frontières héritées de la colonisation". Il y avait des raisons de croire que les conflits territoriaux entre voisins allaient être légion. Il n'en était rien. En dehors du conflit frontalier algéro-marocain en 1964, on assista rarement à des escarmouches entre voisins. Mais avec le temps ces frontières qu'on croyait être la solution deviennent le problème, non pas entre voisins mais des revendications territoriales et nationalistes sont nées à l'intérieur de chacun des pays en question.
Bernard Lugan : Ce principe a sauté en Erythrée, au Sud-Soudan et quasiment au Somaliland. Ceci étant, le problème doit être réglé au cas par cas et uniquement quand il se pose d’une manière ethno-historique légitime. C’est ainsi que dans les décennies à venir, il se posera au Nigeria, en République démocratique du Congo (RDC), dans une partie de la zone sahélienne et même en Afrique du Sud.
La question se pose-t-elle encore aujourd'hui ou faut-il envisager d'autres solutions ? Lesquelles ?
Ferhat Mehenni : A mon sens, la France se trompe de sens de l'Histoire en voulant maintenir coûte que coûte l'intégrité territoriale des pays issus de la colonisation. Quand la Côte d'Ivoire avait deux présidents, elle vivait en paix. Il y avait deux territoires séparés qu'il convenait de consacrer par de nouvelles frontières. Cette paix elle ne l'aura plus jamais dans ce pays comme au Mali dont il faut désormais parler au passé.
La vision d'hier imposant que l'on garantisse l'intégrité territoriale des Etats issus de la colonisation est de nos jours une grave entrave au droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, à la liberté, à la démocratie et donc à la paix dans ces parties du monde. Par ailleurs, dans les pays où les haines entre peuples ne sont pas criantes, des solutions fédérales ou d'autonomie régionale peuvent être des solutions transitoires évitant des évolutions sanglantes et douloureuses. La France devrait avoir pour préoccupation non pas le maintien en vie d'Etats sans nation mais le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes comme le réclame la Kabylie. Cela réconciliera à coup sûr, la France autant avec ses valeurs qu'avec ses intérêts supérieurs.

Bernard Lugan : La question se pose dans les termes suivants : des peuples différents sont prisonniers d’Etats artificiels à l’intérieur desquels les plus nombreux sont démocratiquement assurés de détenir le pouvoir. Dans ces conditions, comment faire pour que les minoritaires ne soient pas colonisés par les majoritaires ? La réponse est simple : remplacer le suffrage universel individualiste basé sur le "one man, one vote", par le vote de groupe.
Or, comme aucun peuple majoritaire n’acceptera de renoncer à son avantage démographique, l’Afrique continuera donc à connaître des évènements dramatiques comme au Mali, au Rwanda, en Côte d’Ivoire, en République Centrafricaine (RCA), au Liberia, en Sierra Leone, en RDC et partout ailleurs car le réel africain qui est ethnique, donc communautaire, ne fait pas bon ménage avec la démocratie individualiste proposée comme modèle universel par les Européens.

Propos recueillis par Carole Dieterich

zp,
SIWEL 061710 FEV13

L'article depuis sa source:
http://www.atlantico.fr/decryptage/afrique-ou-moyen-orient-frontieres-heritees-colonisation-pourront-elles-encore-resister-longtemps-bernard-lugan-ferhat-mehenni-624754.html?page=0,0 http://www.atlantico.fr/decryptage/afrique-ou-moyen-orient-frontieres-heritees-colonisation-pourront-elles-encore-resister-longtemps-bernard-lugan-ferhat-mehenni-624754.html?page=0,0

Elections locales : entre la « fraude massive » et le « manque de crédibilité » d’après la commission Seddiki

Elections locales : entre la « fraude massive » et le « manque de crédibilité » d’après la commission Seddiki

Par | février 6, 2013 7:54
seddiki

La Commission nationale de surveillance des élections locales (Cnisel), présidée par Mohamed Seddiki vient de rendre public ce mercredi son rapport sur les élections locales du 29 novembre 2012. La première conclusion de la commission est que ce scrutin  « est truqué et manque de crédibilité ».
Le rapport de la Cnisel n’y va pas de main morte : trucage, fraude massive, manque de crédibilité, argent sale… Ce sont toutes ces remarques que la commission Seddiki a consignées dans son rapport sur la tenue du scrutin local du 29 novembre. Ces élections sont «dénuées de toute crédibilité», à cause d’une «fraude massive»,  a estimé la commission dans son rapport.
Dépassement en masse, argent sale, et vote des militaires : les plaies du scrutin
«Je vous dis que ces élections n’ont aucune crédibilité. Les mêmes partis politiques ont commis les mêmes erreurs et nous ne pouvons pas construire un pays avec des mensonges. Il faut dire la vérité», a déclaré Mohamed Seddiki le président de la Cnisel, qui a expliqué que 52 sortes de dépassements avaient été découvertes à travers toutes les wilayas du pays. La commission Seddiki est venue confirmer les nombreux soupçons déjà émis au lendemain des élections locales.
Parmi les nombreuses irrégularités soulignées par le rapport final, la commission considère que « l’argent sale a influé sur l’opération électorale » et que « l’administration a pris partie pour certaines formations politiques ». Le vote des militaires a été vivement critiqué dans le rapport. « Chaque militaire a eu trois à quatre procurations. Et cela influe négativement sur le résultat du scrutin », a précisé M. Seddiki. L’utilisation de noms de personnes décédées a également été confirmée. « On trouve des centaines de personnes décédés, mais qui font partie du corps électoral, dont la taille dépasse les 21 millions », a encore précisé le président de la Cnisel.
« On ne peut pas construire un pays et des institutions fortes avec des élections non crédibles »
«Ce rapport va rester pour l’histoire et pour l’avenir. Je ne crois pas que les pouvoirs publics ne vont pas prendre en considération son contenu, autrement, ce serait une volonté affichée de truquer les élections», et d’ajouter, «On ne peut plus continuer comme ça. On ne peut pas construire un pays et des institutions fortes avec des élections non crédibles». Le rapport de la Cnisel a été remis au président de la République et au ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales, qui prendront les mesures qui leur semblent les plus appropriées.

mercredi 6 février 2013

Répression du sit-in des travailleurs de l'Erenav : Le MAK condamne la violence policière

Répression du sit-in des travailleurs de l'Erenav : Le MAK condamne la violence policière

06/02/2013 - 17:10

VGAYET (SIWEL) — Dans un communiqué rendu public, le Mouvement pour l'autonomie de la Kabylie, (MAK) condamne la répression des travailleurs de l'entreprise de réparation navale de Vgayet, par les forces de répression du régime algérien.


Les travailleurs ont été victimes d'une répression féroce. PH/DR
Les travailleurs ont été victimes d'une répression féroce. PH/DR
Le MAK, par la voie de son président M. Bouaziz Ait Chebib souligne que « le régime raciste d'Alger redouble de férocité face à la contestation sociale. Après l'interdiction des marches du MAK », il passe à « un autre pallier de la répression qui consiste à violer le droit de grève qui est pourtant garanti par la pseudo-constitution algérienne ».

« Face à des ouvriers, rappelle le MAK, de l’Entreprise de réparation navale de Vgayet, munis de leur détermination à faire valoir leurs droits bafoués par la direction de leur entreprise, les services de répression ont recouru à une répression sauvage pour museler toute action de protestation ».

« Ces ouvriers, en grève depuis 2 mois, ont été tabassés devant leur unité par les policiers afin de les empêcher d'observer un sit-in de protestation devant le siège de la wilaya », estime le MAK.

« Les libertés syndicales et le droit de grève sont bafoués au vu et au su de tout le monde par un régime totalitaire qui a érigé l'injustice, la corruption et la violence étatique comme mode de gestion depuis l'indépendance », constate, par ailleurs, le MAK, qui condamne cette « politique répressive et oppressive » et apporte son soutien aux travailleurs de l’entreprise de réparation navale ( Erenav) de Vgayet qui revendiquent la réintégration de leurs syndicalistes licenciés injustement par la direction pour avoir encadré une marche de protestation et la titularisation des travailleurs contractuels qui travaillent depuis plusieurs années au niveau de cette unité.

« Désormais, l'avènement d'un Etat Kabyle est plus qu'urgent pour prémunir la Kabylie et son peuple contre les exactions du régime », souligne encore le communiqué .

aai
06 1710 FEV 13

Citations diverses

Citations

Pour y voir plus clair sur les sentiers tortueux de notre libération.
 

Mohand Aarab Bessaoud
in Histoire de l'Académie berbère :
  • J'ai cherché des compagnons de lutte et je n'ai trouvé que des conseillers, très souvent mauvais, ou des chefs.
  • Le bureau (de l'Académie, ndlr) était donc au grand complet sans que mon travail en fût allégé pour autant. Car et vous l'avez sans doute deviné, cette demoiselle et ces messieurs étaient des prête-noms et non des militants. Ils venaient au local quand je les y invitais pour les tenir au courant du résultat de nos activités et enregistrer leurs avis ou leurs ordres. Car parfois ils m'ordonnaient de faire telle ou telle chose, ces braves gens.
  • Il ne voulait pas en effet se contenter d'une notoriété rampante, il désirait, sans quitter sa pharmacie, que le monde berbère vit en lui le sauveur suprême. Et à l'instar de Rahmani il revendiqua la création de notre association. Cela ne me dérangeait nullement, car je devinais que la route serait longue, et que l'important pour nous était de réussir.
  • Je croyais l'avoir convaincu, mais je dus vite déchanter car il est de ces hommes qui monnayeraient volontiers le destin de leur peuple contre la parution de leur photo dans un journal.
  • Il (Hocine Ait-Ahmed, ndlr) m'a toujours fait penser à ces républicains espagnols qui ont eu la patience d'écrire pendant 40 ans sur les murs des capitales européennes "A bas Franco" pendant que le caudillo coulait des jours heureux.
  • Car j'étais outré de voir que même à Paris notre langue était traquée d'autant qu'elle l'était lors des réunions de l'Amicale, les cadres et les militants de celle-ci -presque tous des Kabyles- ne devant s'exprimer au cours de leurs réunions qu'en arabe "notre langue nationale". Même au consulat l'arabe était exigé, ce qui amenait ceux des nôtres qui ne pratiquaient pas cet idiome à se faire traiter d'"anglais" comme si être anglais pour ces charabiens signifiait la déchéance. Terrible, isn'it ?
  • "Mohand Aarav, me dit-il (Nacef Mohamed, ndlr), quel malheur pour toi de ne pas être juif, car si tu étais mobilisé pour Israël comme tu l'es pour nous, nul doute que tu roulerais sur l'or. Je suis fermement convaincu pour ma part qu'aucun Berbère, surtout parmi les vivants, ne pourra faire ce que tu accomplis pour nous".
  • Ce fut d'ailleurs à mon ami Khelil Saïd, qui m'exprimait un jour son admiration pour l'action que je menais, que je fis quelques temps auparavant cette prédiction : "Je suis sûr Saïd que viendra le jour où d'aucuns affirmeront sans scrupule que je n'ai rien fait ou presque tandis que d'autres diront que me suis enrichi au détriment de la cause berbère". Et voilà que la chose arrivait bien plus tôt que je l'avais prévu..." Les hommes nobles ne cherchent jamais à déprécier un autre homme noble. Au contraire ils lui rendent l'hommage qui lui est dû, même s'il n'est pas de leur bord.
  • Car la France est de tous les pays du monde celui qui nous est le plus hostile. Avec elle en effet nos isafen sont devenus des oueds, nos idurar des djebel, nos At et nos U des ben ou beni. Comme le dit si bien le grand Ould Slimane Salem "la France nous a béni".
  • Oui, n'oublions pas que faute de nous asservir pour toujours, la France a manoeuvré pour nous priver d'une totale liberté. Vous ne voulez pas être français ? Eh bien ! vous serez des arabes. Charybde ou Scylla, la peste ou le choléra. Aux Berbères de leur démontrer qu'ils veulent et peuvent échapper à l'une et l'autre de ces malédictions.
  • Il (Salem Ould Slimane, ndlr) s'attardait rarement avec nous, n'aimant pas discuter des choses qui "doivent se comprendre d'instinct". A un Kabyle qui lui demanda un jour de lui expliquer les objectifs d'Agraw Imazighen, il répondit : "Ce n'est pas à moi de te faire connaître ta mère".
  • Quand les autorités françaises ordonnèrent mon arrestation, Ould Slimane m'écrivit sur une moitié de feuille de papier : "Ne regrette rien, tu as réussi à réveiller les Berbères". Je te salue, Salem at Slimane, noble fils de la Berbérie, et je salue à travers toi tous les jeunes garçons et filles qui ont rendu possibles les événements de juin 77 et d'avril 80, sans compter ceux qui surviendront encore.
  • Malade, sans le sou, soumis aux attaques de mes ennemis et de ceux qui devaient être mes alliés, je devins irritable, coléreux même. Mais cela me rendit plus fort, plus déterminé, convaincu que si j'abandonnais c'en serait fini à jamais du problème berbère.  Car je ne vis personne capable, ni par son expérience ni par ses convictions de prendre ma place. J'étais condamné à devenir plus patient, plus résilient ; en un mot plus fort.

in FFS, Espoir et trahison
  • Jamais un arabe n'a cédé le pouvoir autrement que par la force (Ibn Khaldoun cité par M.A. Bessaoud)
  • Artisans incontestables de l'unité et de l'indépendance de l'Algérie, les vrais Berbères se refusent à la renonciation de leur passé et de leur avenir. Qu'auraient-ils d'ailleurs à gagner en se faisant naturaliser arabes ? Rien d'autre que la fourberie, le mensonge, l'effronterie… Merci ! Même nos mendiants ne se  ressemblent pas. Un mendiant kabyle demande l'aumône les yeux baissés. Allah inoub et il s'en va. Tandis que le mendiant arabe, morbleu ! Il est si collant, si insistant qu'il ne manque jamais de se faire rabrouer par ceux qu'il sollicite.
  • Au temps  où nous étions dans les maquis, "réalités têtues" signifiait que le berbère n'est pas une langue et que se dire kabyle c'était faire du régionalisme, donc oeuvrer contre l'unité nationale. Puisque cet homme (Aït Ahmed, ndlr) n'était pas kabyle - encore moins berbère- qu'était-il donc ? La réponse c'est Mahjoubi Aherdane, le Berbère et berbériste marocain bien connu, qui nous la donne : "En 1962, m'a-t-il dit, j'ai exhorté Aït Ahmed à lutter avec moi pour sauver notre identité. Sa réponse me claqua au visage comme un fouet ("Ne revenez plus me voir, moi je suis arabe")"
  • Mais nous nous sommes refusés à entrer dans la famille française qui nous offrait d'indéniables avantages matériels. Devrions-nous donc accepter que notre pays soit arabe avec tous les inconvénients et toutes les tares que cela entraîne ?
  • La différence entre l’arabe et le Kabyle est si patente en toutes choses qu’elle ne peut échapper à aucun de nos visiteurs. Elle est aussi apparente aux Egyptiens qu’aux Russes ou aux Yougoslaves tout comme elle n’a pas échappé aux Français qui nous connaissent bien. Un juge de paix français alla, sur recommandation de Maître Hachemi Cherif, rendre visite à Boumediene et ses adjoints dont le PC se trouvait alors à Oujda.
    - Messieurs, y a-t-il parmi vous un Kabyle ? demanda le juge.
    - Non, pourquoi ?
    - C’est une question de confiance. Au revoir messieurs.
    Comme l’on voudrait connaître les raisons qui poussent Mohammedi Saïd à vouloir nous arabiser. Je désirerais, dans ce but, poser cette question  à ce Saint Augustin de l’islam : «Puisque de l’avis unanime, y compris le vôtre, le Kabyle a plus de personnalité que l’arabe, pourquoi vous obstinez-vous à vouloir arabiser les Kabyles et non à kabyliser les arabes ?»
    Viendrait-il à l’idée d'un homme sain d’esprit de vouloir transformer un rosier en ronce ? Indubitablement l’Algérie tire un immense avantage de la présence des Kabyles. Il eût même fallu les inventer s’ils n’existaient pas.
     

Faites-nous parvenir les citations que vous jugerez instructives ! email : kabylien000@gmail.com

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Kalila oua Dimna traduite en Tamazight - La Dépêche de Kabylie

Par L.Beddar | Il ya 20 minutes | 1 lecture(s)

Littérature L’ouvrage de Boualem Senouci est sur le marché

Kalila oua Dimna traduite en Tamazight

La palette de la littérature Kabyle s’est enrichie d’un nouvel ouvrage.
L’écrivain Kabyle Boualem Senouci  vient de publier « Kalila d Dimna » aux éditons Thira. Un livre de contes indous qu’il a traduit  en kabyle. Il expliquera sa démarche en disant : « C’est en lisant et relisant plusieurs fois le livre original « Kalila oua Dimna » et les fables de Jean de La Fontaine que j’ai constaté une certaine ressemblance. J’ai découvert qu’environ 14 fables ont été reproduites par de La Fontaine dans ses différents ouvrages, comme ‘’La laitière et le pot de lait’’ ». Boualem Senouci est né le 24 septembre 1951. Il a vécu à Takrietz, une commune de la wilaya de Béjaïa, a fait ses premiers pas dans la poésie au début des années 1970 en lisant tout ce qui est contes et poèmes. Il s’implique dans toutes les luttes pour la reconnaissance de la langue et culture Amazighes en activant dans un mouvement culturel, un combat qui ne s’arrêtera jamais pour lui puisqu’il le continue par la plume. Il passe à l’écriture en 2003 en faisant publier une vingtaine de fables de de La Fontaine qu’il a traduites du français vers la langue Tamazight avec le concours du haut commissariat à l’Amazighité. Commença alors pour lui une brillante carrière d’écrivain traducteur en Tamazight. Dans sa lancée, en 2009, le poète Boualem Senouci éditera en France chez les éditions SEFRABER un livre de poésie bilingue (Français et Kabyle) intitulé TINQQISIN dont les fables sont tirées des œuvres de de la fontaine dont il est un grand admirateur. Un livre qui a eu beaucoup de succès en outre mer et qui sera réédité cette année,  information donnée par l’auteur. Boualem Sénouci a aussi une autre vocation, celle de compositeur de chansons.  Il a composé la quasi-totalité des chansons de feu Cheikh El-Mehdi, un enfant de son patelin.  Comme grand rendez-vous culturel, le poète Boualem Senouci présentera son dernier livre en se produisant au théâtre régional de Béjaïa le 16 février courant dans le cadre du café littéraire. Pour la promotion de son dernier OPUS il compte organiser une vente dédicace le même jour.
L.Beddar

Mali : l’express de Bamako publie la liste des membres du MNLA " à abattre "

Mali : l’express de Bamako publie la liste des membres du MNLA " à abattre "

05/02/2013 - 15:21

BAMAKO (SIWEL) — L’express de Bamako, un journal malien, a publié la liste des membres du MNLA à abattre. L’article appelant au meurtre des membres du MNLA a été repris par un autre journal malien en ligne (maliweb.net) où il est clairement mentionné que « Mort ou vif, chaque membre de cette organisation machiavélique tué ou arrêté est une bénédiction pour la Nation », et l'on s'étonne que le MNLA "s'entête" à vouloir sortir la tête de l'eau et à préserver autant qu’il le peut la vie de tout un peuple, quand bien même il aurait la planète entière contre lui.


Les membres du Conseil transitoire de l'Etat de l'Azawad (CTEA) à Gao le 07 juin 2012 (PH/DR)
Les membres du Conseil transitoire de l'Etat de l'Azawad (CTEA) à Gao le 07 juin 2012 (PH/DR)
Cet article illustre parfaitement le vrai visage de la « cohabitation malienne ». C'est ce visage que le Mali officiel oppose, depuis 1960à ce jour au « Nord », c'est-à-dire l’Azawad. Et l'on ose nous dire que la "sécurité des civils" relève d'abord des "autorités maliennes", autant dire que c'est de nouveau la porte ouverte au renouvellement des tragédies. Combien de massacres, d’accords, de combines, de trahisons, de spoliation et d’exil depuis 1960, de « rébellion » en « rébellion », et l'on s'étonne que le MNLA "s'entête" à vouloir sortir la tête de l'eau, à ne plus croire aux beaux discours et à privilégier la preuve par les actes et non par le discours.
Pour ce qui est du MNLA, et plus largement de toutes les "rébellions" touarègues, on ne peut décemment les accuser de massacre ethnique et personne ne les a jamais entendus faire d’appels au meurtre contre une communauté, comme cela se fait régulièrement et ouvertement dans la presse malienne. Les organisations des droits de l'homme et le doit international ont eu des comptes à demander à toutes les parties engagés dans ce conflit à l'exception du MNLA qui n'a commis aucun acte racial ou de vengeance et qui n'a violé aucune loi puisque le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes est "théoriquement" reconnu et protégé par les institutions internationales. Plus personne n'est suffisamment naïf au point de croire que les lois sont établies pour être respectées mais il n’st pas besoin non plus de beaucoup réfléchir pour comprendre le combat d’un peuple qui refuse de se se laisser livrer à son bourreau.

Pour montrer à la face du monde la « réalité malienne » et garder trace du vrai visage de la fraternité malienne depuis 1960, l’intégralité de l'article a été copiée dans le cas où il y aurait quelques « tardives censures » à cet édifiant article déjà visité par 4673 lecteurs assidus.

4673 personnes ont été appelées, en toute transparence, à venger « la mémoire des militaires égorgés, la grandeur de la République et la dignité et l’honneur du peuple Malien » avec comme devise : « Mort ou vif, chaque membre de cette organisation machiavélique tué ou arrêté est une bénédiction pour la Nation ». Qui dit mieux ? les commentaires de certains lecteurs sont à la hauteur et parfois surpassent même l’article.

nbb,
SIWEL 051521 FEV 13

Article publié dans "L’express de Bamako" et repris par "maliweb.net " dont voici le lien :

Ci-dessous l’article :
La liste des membres du MNLA : Des traitres à abattre pour la République
4 fév 2013 Rubrique: Nation, Nord-Mali
Mise à jour: 13:27 GMT, Bamako, 55 réactions

C’est dans un communiqué comique que les traitres de la République ont procédé à la nomination des membres officiels du Mouvement National pour la Libération de l’Azawad (MNLA). Ces hommes et ces femmes constituent les véritables criminels qui ont lancé les toutes premières attaques contre l’Etat Malien en exécutant des militaires maliens a Aguelhok, Tessalit et les autres localités du Mali occupées par leurs soins.

Pour la mémoire des militaires égorgés, la grandeur de la République et la dignité et l’honneur du peuple Malien, continuons de traquer ces traitres jusqu’au dernier. C’est la seule manière de débarrasser notre pays pour de bon des vermines de leur espèce pour une bonne collaboration avec nos frères et sœurs Touaregs et Arabes de bonne souche.
Mort ou vif, chaque membre de cette organisation machiavélique tué ou arrêté est une bénédiction pour la Nation.

Moussa KONDO


1. Chargé de la Défense et des Relations Militaires : Colonel Mohamed Ag Najim
2. Chargé de la Sécurité Intérieure : Monsieur Sidi Mohamed Ag Saghid
3. Chargé de la Justice : Monsieur Assayid Ben Bella
4. Chargé des Affaires Etrangères : Monsieur Ibrahim Ag Mohamed Assaleh
5. Chargé de l’Administration du Territoire : Monsieur Alla Ag Elmehdi
6. Chargé de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme : Monsieur Mahmoud Ag Aghaly
7. Chargé de l’information et de la Communication : Monsieur Mossa Ag Attaher
8. Chargé de la Santé : Monsieur Abdoul karim Ag Matafa
9. Chargé des Droits de l’Homme : Monsieur Moussa Ag Acharatoumane
10. Chargé de la Prédication et de l’Orientation Islamique: Monsieur Mossa Ag Mohamed
11. Chargé des Anciens Combattants et des Familles des Martyrs : Monsieur Youssouf Ag Acheickh
12. Chargé de l’Energie et des Mines : Monsieur Ahmed Mohamed Ag Aguidy
13. Chargé des Affaires Juridiques : Monsieur Habaye Ag Mohamed
14. Chargé des Finances : Monsieur Altanata Ag Ebalagh
15. Chargée de la Femme, de l’Enfant et de la Famille : Madame Lalla wallet Mohamed
16. Chargé des Transports et des Routes: Monsieur Sidaghmar Ould Ahwaïssine
17. Chargé de l’Elevage et des Ressources Animales : Monsieur Ghabdy Ag Mohamed Ibrahim
18. Chargé de l’Environnement et de la Protection de la Nature : Monsieur Baye Ag Diknane
19. Chargé de la Jeunesse et des Sports: Monsieur Salah Mohamed Ahmed Abba
20. Chargé des télécommunications : Colonel Assalat Ag Haby
21. Chargé de l’Agriculture et des Ressources Piscicoles: Monsieur Abdoulaye Seydou Dicko
22. Chargé des Chefferies Traditionnelles et de l’Autorité Coutumière : Monsieur Mohamed Ousmane Ag Mohamedoune
23. Chargé des Domaines et Biens Publics : Colonel Hassane Ag Fagaga
24. Chargé du Plan et de la Statistique : Monsieur Ambeïry Ag Rhissa
25. Chargé de l’Eau : Monsieur Mohamed Zeyni Aguissa Maïga
26. Chargé du Commerce : Monsieur Akli Iknane Ag Souleymane
27. Chargé de la Cohésion Sociale et de la Réconciliation Nationale : Monsieur Mohamed Ag Intalla
28. Chargée de l’Action Humanitaire et des Réfugiés : Madame Nina Wallet Intalou
29. Chargé de l’Economie : Monsieur Zeïd Ag Kiri
30. Chargé de l’Emploi et de la Formation Professionnelle : Colonel Mohamed Rhissa Ag Mohamed Assaleh
31. Porte-Parole de la Présidence du CTEA: Monsieur Hamma Ag Sidahmad
Article 2 : Le CTEA est l’organe exécutif du MNLA, chargé de la mise en œuvre de la politique intérieure et extérieure de l’Etat de l’Azawad.
Article 3 : En fonction des besoins, le CTEA, peut être élargi à d’autres compétences de l’Azawad pour la prise en charge de certaines préoccupations.
Bilal Ag Acherif, Le Secrétaire Général du MNLA, Président du CTEA


SOURCE: L'Express de Bamako du 4 fév 2013.


Article publié dans "L’express de Bamako", repris par "maliweb.net ".
http://www.maliweb.net/news/la-situation-politique-et-securitaire-au-nord/2013/02/04/article,124676.html http://www.maliweb.net/news/la-situation-politique-et-securitaire-au-nord/2013/02/04/article,124676.html