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mercredi 2 janvier 2013

Contribution/ Lyazid Abid : Sofiane et Mounir assassinés par l’armée algérienne


Contribution/ Lyazid Abid : Sofiane et Mounir assassinés par l’armée algérienne

02/01/2013 - 13:56

BERLIN (SIWEL) — Avec ces deux assassinats, la liste des victimes de l’armée algérienne en Kabylie se prolonge impunément. Hier, l’armée avait abattu Mme Zahia Kaci, à Fréha, Mustapha Dial à Azazga, les deux chasseurs, Rafik Haddad et Mohand Matoub à Azeffoun, Madani Goujil à Akfadou.


Lyazid Abid, Vice président de l’Anavad, Gouvernement provisoire kabyle. PH/DR
Lyazid Abid, Vice président de l’Anavad, Gouvernement provisoire kabyle. PH/DR
Aujourd’hui c’est Mounir et Sofiane à Darguina et demain, nul ne sait quel forfait cette armée d’occupation prévoit de commettre. Toutes ces personnes sont innocentes. Leur seul tort est d’être Kabyle et de vivre en Kabylie. 

Sofiane et Mounir sont assassinés à proximité des gorges de Kherrata lieu, où le 8 mai 1945 des centaines de Kabyles furent jetés dans des ravins abrupts et si profonds qu’aucune survie n’est possible. Ce 21 décembre 2012, le parcours de ces deux innocents n’a pas croisé le fruit du sacrifice de ces milliers de Kabyles morts le 8 mai 1945 et pendant la guerre 1954-1962 pour que leur progéniture vive en liberté. Leur ardeur de la vie est stoppée nette par les kalachnikovs d’une armée devenue au fils des ans plus sauvage que l’armée coloniale française. 

La présence, en surnombre, de cette armée en Kabylie ne nous apporte aucune sécurité, aucun réconfort. Désormais, nul Kabyle n’est à l’abri de ses exactions. La présence de l’armée algérienne sur notre territoire est maintenue pour nous humilier, pour assurer l’impunité des terroristes repentis et faciliter les actions des terroristes encore en activité. Ailleurs où l’islamisme a triomphé lors des élections législatives de 1991, le terrorisme a disparu et les militaires aussi. En Kabylie, pays réfractaire au terrorisme islamiste et à son idéologie, on nous assassine en plein jour, en toute impunité, sous prétexte d’une soi-disant protection contre le terrorisme. 

Tous les discours de bravoure et d’honneur de l’incorruptible Lhocine Ait Ahmed et de l’intrépide Saïd Sadi n’auront apparemment servi à rien. L’amour de nos Hommes pour l’Algérie s’est mué en illusion mortelle. Leur engagement du côté des militaires ou des islamistes n’ont pas fédéré les Algériens autour de leur projet démocratique. Bien au contraire, ils ont récolté le doute, la méfiance voire le mépris des non-Kabyles. 
En Kabylie même, le désolant spectacle que nous offrent les candidats de nos deux partis est hallucinant. Ils s’entredéchirent à couteaux tirés avant de coaliser avec les partis du pouvoir raciste, le FLN et le RND, dans le vain espoir d’entrer dans les grâces de chefs de daïras qui sont nommés pour nous réprimer. 

À cette déconfiture politique, s’ajoutent les assassinats et kidnappings qui font le lit des crimes économiques et écologiques. Nos forêts sont brûlées par les militaires, chaque été. Les nappes phréatiques sont volontairement polluées par l’extraction illicite de sable sur les lits de nos rivières. Ceci est minutieusement géré par les gendarmes. Le sabotage de tout investissement en Kabylie est la feuille de route des walis sous la surveillance du ministre de l’Intérieur... 

Là où elle peut, l’Algérie sabote la Kabylie. Elle le fait de manière systématique, méthodique et scientifique. Plus elle est puissante et riche plus forte est sa nuisance au plus profond de la société kabyle. Elle agit ainsi pour nous faire croire que non seulement notre destin est entre ses mains mais en plus, en dehors d’elle le peuple kabyle n’a point de salut. 
Pour commettre ses forfaits sans que l’opinion internationale s’en inquiète, l’Algérie soudoie la France, sa tutrice, dans le concert des nations. Cette France qui, selon son président, a promis de faire la guerre à l’argent est piégée par une Algérie qui ne cherche qu’à acheter le silence des pays occidentaux. 

L’assassinat de Sofiane et Mounir, le lendemain du discours de François Hollande à l’Assemblée, rappelle que le pardon de la France qu’exige le pouvoir criminel d’Alger doit être adressé aux Algériens en général et au peuple kabyle en particulier et non à un gouvernement de façade représenté par un Bouteflika sénile. Selon les archives de la guerre d’Algérie, 75 % des effectifs de l’armée de l’ALN engagés dans la guerre contre la France sont originaires de Kabylie. D’ailleurs, un jour la Kabylie obligera le pouvoir algérien à lui demander pardon pour les crimes qu’il a commis sur son territoire avant et après 1962. 
Par conséquent chaque Kabyle est interpellé pour en tirer toutes les conséquences. Il est temps de se réapproprier les réflexes patriotiques de notre vaillant Cheikh Aheddad. Rappelez-vous son célèbre coup de bâton au marché d’Akbou. Tout engagement ou combat pour la liberté de la Kabylie se doit d’aller dans ce sens. Cinquante ans après l’indépendance, l’Algérie a épuisé le capital-confiance des Kabyles. 

Rappelons-nous, ils sont venus quémander de l’aide contre leurs frères fanatisés par l’islam puis ils ont confisqué nos fusils avant de nous imposer leurs salafistes. 

Au nom de l’Anavad et en mon nom personnel, je présente aux familles Salhi et Saidj mes condoléances les plus attristées 

Lyazid Abid 
Vice président de l’Anavad, Gouvernement provisoire kabyle 

SIWEL 021356 JAN13 

Algérie: Les forces gouvernementales enrôlent de force des jeunes kabyles dans les rangs de l'armée


Algérie: Les forces gouvernementales enrôlent de force des jeunes kabyles dans les rangs de l'armée

02/01/2013 - 12:58

TIMIZR LEGHVAR (SIWEL) — La gendarmerie algérienne vient d'arrêter plus d'une dizaine de jeunes kabyles à la gare de Timizr Leghvar pour les enrôler de force dans les rangs de l'armée algérienne.


Les jeunes kabyles refusent d'être de la chair à canon d'un régime criminel. PH/DR
Les jeunes kabyles refusent d'être de la chair à canon d'un régime criminel. PH/DR
Selon les informations recueillies par Siwel auprès de proches des victimes de cette rafle des forces gouvernementales algériennes, 14 jeunes sont enlevés ce matin et sont conduits directement dans les casernes, et dont la plupart, n'ont reçu aucune ordre de mission et d'avertissement de la part des autorités militaires algériennes. 

La crise qui secoue le Sahel, et notamment l'intervention militaire au Mali, et dont l'Algérie est un élément clé dans l'affaire avec son groupe terroriste Ansar Dine, compte "sécuriser" ses frontières sud en enrôlant de force des jeunes désœuvrés, notamment kabyles. 

Les familles de ses jeunes se disent non concernées par ce conflit qui ne profite qu'à briser l'élan libérateur de peuple amazigh de l'Azawad, dont la Kabylie apporte son soutien indéfectible. 

Ces familles kabyles se rappellent aussi l'épisode de la guerre arabo-isrëlienne des années 70, où des centaines de kabyles ont péri au moyen-orient dans un conflit qui leur est étranger. 

Le MAK et le GPK ont déjà dénoncé l'enrôlement de force des jeunes kabyles dans les rangs de l'armée algérienne, qui vient juste d'assassiner deux jeunes à Vgayet. Pour ces deux mouvements kabyles, le pouvoir algérien veut impliquer la Kabylie dans des conflits meurtriers en sacrifiant ses enfants. 

aai 
SIWEL 021340 JAN13 

Marche populaire à Tizi Ouzou le 12 janvier 2013 | Tamurt.info - Votre lien avec la Kabylie


Yennayer 2963
TIKLI N YENNAYER 2963 DI TIZI WEZZU MARCHE POPULAIRE LE 12 JANVIER 2013 À 10H30 À TIZI OUZOU Avrid : Tasdawit Ihesnawen – Taγiwant Taqdimt Itinéraire : Université Hasnaoua – Ancienne Mairie
02/01/2013 - 12:20 mis a jour le 02/01/2013 - 12:39 par Tawernat

 TIMANIT I TMURT N IQVAYLIYEN - MOUVEMENT POUR L’AUTONOMIE DE LA KABYLIE CONSEIL UNIVERSITAIRE DE TIZI WEZZU - UNIVERSITE MOULOUD MAMMERI

 TIKLI N YENNAYER 2963 DI TIZI WEZZU MARCHE POPULAIRE LE 12 JANVIER 2013 À 10H30 À TIZI OUZOU Avrid : Tasdawit Ihesnawen – Taγiwant Taqdimt Itinéraire : Université Hasnaoua – Ancienne Mairie

Pour :
• Proclamer Yennayer journée fériée
• Une école kabyle moderne et progressiste
• Une Kabylie libre, laïque et sociale
• Soutenir nos frères Touaregs de l’Azawad

samedi 22 décembre 2012

La Kabylie rejette la « Françarabie »


La Kabylie rejette la « Françarabie »

22/12/2012 - 17:21

TIZI-OUZOU (SIWEL) — Dans une déclaration rendue publique sur son site officiel, le Mouvement pour l'autonomie de la Kabylie (MAK) a dénoncé le président français venus discourir en Algérie « face à l’un des parlement des plus illégitimes de la planète » [...] où « François Hollande a pris grand soin d’occulter " la vérité qu’il est venu dire aux algériens". Il a sciemment dissimulé la question kabyle, la question des droits de l’homme, la question de la corruption, la question de la crédibilité de l’Etat algérien et la question du terrorisme qui n’en finit pas d’être résiduel, tout particulièrement en Kabylie, tout comme, étrange coïncidence, dans le territoire des Touaregs de l’Azawad. » dit la déclaration signée de son Secrétaire nationale aux relations extérieur, Hocine Azem.


Sous le voile de l'arabité.PH/DR
Sous le voile de l'arabité.PH/DR
Ci-dessous la déclaration du Mouvement pour l'autonomie de la kabylie 

La Kabylie rejette la « Françarabie » 

vendredi 21 décembre 2012 

TIMANIT I TMURT N IQVAYLIYEN 

MOUVEMENT POUR L’AUTONOMIE DE LA KABYLIE 


François Hollande, en fidèle successeur de la politique arabe de la France s’est permis d’apporter son franc soutien à l’enfoncement de l’Algérie dans la négation identitaire au profit d’une fausse identité arabo-islamique importée du Moyen-Orient. Une identité qui n’est rien de moins qu’une idéologie politico-religieuse dont la planète entière commence à entrevoir les soubassements négationnistes de toute autre existence en dehors de la sienne. 

En visite d’Etat dans une Algérie préfabriquée, construite pour les besoins du néocolonialisme sur la base du déni identitaire, du crime et de la corruption, François Hollande prétend reconnaître que « la colonisation a été un système profondément injuste et brutal » mais ignore sciemment l’injustice et la violence à l’encontre des peuples autochtones de ses anciennes colonies ; des peuples entiers sacrifiés sur l’autel d’intérêts bassement mercantiles au profit de faux Etats bâtis sur la négation des peuples qui les composent par la force et la répression. Nous n’avons pas oublié que c’est à la suite du soulèvement de 1871 que la France officielle a, dans sa " mission civilisatrice ", inauguré la dépersonnalisation de la Kabylie, reprise par la suite, à son propre compte, par l’Algérie pseudo-indépendante. François Hollande est venu affirmer en Algérie l’arrimage forcé de l’Algérie à l’arabo-islamisme sous domination du Moyen-Orient auquel elle est, aujourd’hui, elle-même inféodée. 

C’est face à l’un des parlement des plus illégitimes de la planète que François Hollande a pris grand soin d’occulter " la vérité qu’il est venu dire aux algériens". Il a sciemment dissimulé la question kabyle, la question des droits de l’homme, la question de la corruption, la question de la crédibilité de l’Etat algérien et la question du terrorisme qui n’en finit pas d’être résiduel, tout particulièrement en Kabylie, tout comme, étrange coïncidence, dans le territoire des Touaregs de l’Azawad. Non Monsieur Hollande est venu parler de l’Algérie qui chérit la langue arabe, il est venu parler de la communauté franco-arabe du temps de la colonisation, allant jusqu’à citer l’écrivain franco-algérien Albert Camus, lui qui avait parlé spécifiquement du peuple kabyle. 

Monsieur Hollande a " trié " les écrivains algériens qui ont enrichit la langue française en oubliant soigneusement de citer Mouloud Mammeri, Mouloud Feraoun, Tahar Djaout, Malek Ouary, Fadhma At Mansour, Marguerite-Taos Amrouche et l’illustre Jean Amrouche. Frappé d’amnésie, le discours de François Hollande a apporté la preuve d’un racisme anti-kabyle et anti-amazigh flagrant. Même Boualam Sansal, le plus connu des écrivains algériens d’expression française a été évincé du discours présidentiel, parce que connu comme étant un défenseur de la cause Kabyle, refusant de surcroit de jouer le jeu de la haine entre les peuples. Mais il est vrai qu’il ne plait pas aux hôtes arabo-islamistes de Monsieur Hollande. 

Oui, Monsieur Hollande n’a pas hésité à dire que « Rien ne se construit dans la dissimulation, l’oubli ou le déni », lui qui dissimule, oublie et dénie aux Amazighs le droit à l’existence. Les naïfs et les sceptiques sont désormais fixés sur la politique résolument arabe de la France officielle. Monsieur Hollande a raison de dire que « La vérité ne divise pas, elle rassemble ». Il est cependant bien dommage pour un président, démocratiquement élu, de faire, tout en les piétinant, ce genre de déclaration face à de faux élus siégeant dans de fausses assemblées. 

Le discours de François Hollande, occultant sciemment l’identité réelle des kabyles, nous démontre encore une fois que la Kabylie continuera à être noyée dans un ensemble arabo-islamique qui lui dénie toute existence. Aux yeux de la communauté internationale, le peuple kabyle est inexistant dès lors qu’il n’a pas d’Etat. Cette confirmation internationale de notre inexistence crédibilise davantage le combat de notre mouvement dans la lutte pour l’autodétermination de la Kabylie. A court terme, ou bien la Kabylie accèdera à son propre Etat, ou bien elle disparaitra et rejoindra le concert des provinces arabes d’Afrique du Nord. Cette négation, loin de nous abattre, renforce notre conviction dans la nécessité, vitale, de l’avènement d’un Etat Kabyle autonome. 

La crédibilité de la France des droits de l’homme est lourdement entachée par la caution que cette inappropriée visite apporte au pouvoir algérien. Un pouvoir illégitime, despotique, raciste et criminel. Cette visite de caution n’honore pas le pays que l’on définit, à tors ou à raison, comme étant le berceau des Droits de l’Homme. C’est dans un cynisme révoltant, et en toute connaissance de cause, que la France officielle apporte un soutien immoral à un régime honni par l’ensemble des peuples d’Algérie, et plus particulièrement par le peuple kabyle qui paye lourdement son opposition frontale à ce pouvoir criminel depuis 1963. 

La Kabylie est scandalisée par le cynisme dont la Communauté Internationale, et plus particulièrement la France officielle, fait preuve vis à vis des Etats illégitimes d’Afrique du Nord et du Sahel. Ceux-là même qui instrumentalisent une religion et un terrorisme fabriqué dans leurs officines dans le but évident d’annihiler toute volonté de résistance politique. 

La complaisance de l’occident vis à vis du despotisme oriental se fait de plus en plus flagrante, notamment à travers le "détournement" en " problème islamiste " du conflit qui oppose l’Azawad, berceau de la Nation Touareg à l’Etat artificiel du Mali, une pure création de la France coloniale. Le soutien international à tous ces régimes nous choque profondément pour la simple raison qu’il leur apporte une caution politique et une légitimité internationale ; leur permettant ainsi de consolider leurs politiques d’apartheid contre le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Mais nous nous permettons de dire à la communauté internationale et à la France des droits de l’Homme qu’aucun régime despotique au monde n’est éternel. 

Malgré les soutiens dont peut bénéficier le pouvoir raciste d’Alger, la Kabylie, qui a donné des leçons de courage et de bravoure au colonialisme français, triomphera de ce pouvoir assassin, de ses relais locaux et de la Françarabie. 

Le peuple kabyle, réprimé à Tizi-Ouzou à l’heure où la délégation présidentielle savoure un bain de foule artificiel mis en scène par un régime marqué du sceau de l’infamie, ne peut compter que sur lui-même, sa mobilisation légendaire et ses valeurs ancestrales pour arracher son droit à l’existence en tant que Peuple et Nation. 

Aussi, permettez Monsieur le président, que l’on vous dise combien votre visite au régime algérien reflète la grave crise éthique et morale qui entache votre monde, celui que l’on dit libre. Le notre, quand bien même il serait, pour l’instant, dominé par des idéologies morbides, reste celui des valeurs nobles de justice, de liberté et de dignité. 

Nous Kabyles, peuple autochtone d’Algérie nous disons NON à la « Françarabie » 

Hocine Azem, 

Hommage à Slimane Azem à Bgayet | Kabyle.com


Hommage à Slimane Azem à Bgayet

sam, 2012-12-22 15:43 -- Stéphane Arrami
L’association Culturelle TADUKLI de la résidence universitaire Aamriw de l’université de Bgayet en collaboration avec la fondation TIREGWA du Canada prépare un hommage au grand maître de la chanson kabyle Slimane Azem, pour marquer la commémoration de sa mort, il y a 30 années le 28 janvier 1983.


Date: Dimanche 27 janvier 2013
Lieu : Résidence universitaire Aamriw de l’université de Bgayet.

Programme

- Toute la journée : Exposition de photos, CD, livres, etc. avec de la musique de Slimane AZEM

- 15h -17h : Projection d’un reportage de AHMED DJENADI avec Nna Hadjila avec la sœur de Slimane Azem et dans son village natal Agouni Gueghrane.

-18h: Conférence Débat avec Abdenour Abdeslam

- Soirée artistique avec l’orchestre TILANIA sous la direction du MAESTRO ATMANE BELAID avec :

Yacine ZOUAOUI
Abdelakader BOUHI
Ferhat HAMDI
Souad HANNIZ

Mali : entre realpolitique et dhimmitude, quand l’Algérie dicte la politique de la France


Mali : entre realpolitique et dhimmitude, quand l’Algérie dicte la politique de la France

22/12/2012 - 11:29

PARIS (SIWEL) — " Tel Cyrano, me « bouchant le nez devant l’azur », je laisserai à d’autres le soin de dénoncer le discours de François Hollande devant les députés algériens pour m’en tenir à la seule question du Mali. " déclare l'historien, et ami des Touaregs, Bernard LUGAN. Ce dernier se demande comment " Face à cette insolite mais néanmoins louable reculade, comment vont réagir les « conseillers » de l’Elysée dont la principale activité a consisté jusque là à dynamiter les analyses que les militaires font « remonter » depuis le terrain?. Bernard LUGAN considère que " François Hollande, avec la fermeté de vues que nous lui connaissons, s’est purement et simplement rallié aux options d’Alger…"


L'historien, Bernard LUGAN sur I-Télé.PH/DR
L'historien, Bernard LUGAN sur I-Télé.PH/DR
A la suite de l'accord de partenariat entre les deux frères ennemis, le MNLA et Ansar Dine, les observateurs avertis de la question considèrent cet accord comme étant une "pure et simple reddition internationale face au chantage de l'Algérie" ayant abouti à " contraindre les laïcs du MNLA à signer un accord contre-nature avec les islamo-terroristes d'Ansar Dine dont tous le monde sait qu'ils ne sont rien d'autre que la vitrine de la branche d'Al Qaida sévissant dans le Sahel. 

Nous reproduisons, ci-après, la déclaration de l'historien, Bernard Lugan publiée jeudi 20 décembre, soit la veille de l'accord signé entre le MNLA et Ansar Dine, sous l'égide de l'Algérie et que d'aucuns considèrent comme étant " le baiser de la mort ". 

nbb, 
SIWEL 221129 DEC 12 

Mali : entre réalpolitique et dhimmitude, quand l’Algérie dicte la politique de la France 

Tel Cyrano, me « bouchant le nez devant l’azur », je laisserai à d’autres le soin de dénoncer le discours de François Hollande devant les députés algériens pour m’en tenir à la seule question du Mali. 

Quand les services français et les hommes de terrain démontraient qu’il était impératif de soutenir les Touareg contre les islamistes, les conseillers de l’Elysée considéraient qu’une telle analyse relevait du romantisme colonial, parce que nous ne sommes plus à l’époque de l’Escadron blanc. Englués dans leur idéologie et donc totalement déconnectés des réalités, ils soutenaient au contraire l’idée d’une rocambolesque intervention de la CEDEAO, ce volapuk ouest africain, cache-sexe de leur incompétence ou, comme l’aurait dit Péguy, de leurs « lâchetés civiques et intellectuelles ». 

Or, miracle de Notre Dame d’Afrique, il aura suffi de quelques minutes à peine au président Bouteflika pour convaincre François Hollande qu’il s’agissait pourtant là de la seule politique réaliste à tenir dans la région et qu’il convenait donc d’oublier une intervention militaire à laquelle l’Algérie était, avec raison, totalement opposée (voir mes précédents communiqués à ce sujet). 
Maître en matière de langage convenu, le Figaro a merveilleusement bien résumé ce retournement par un titre : « Paris et Alger convergent sur le dossier malien ». Singulière convergence en effet quand, en réalité, François Hollande, avec la fermeté de vues que nous lui connaissons, s’est purement et simplement rallié aux options d’Alger… 

Face à cette insolite mais néanmoins louable reculade, comment vont donc réagir les « conseillers » de l’Elysée dont la principale activité a consisté jusque là à dynamiter les analyses que les militaires font « remonter » depuis le terrain? Vont-ils continuer à bloquer l’aide aux Touareg, permettant ainsi aux islamistes de conforter leurs positions, ou bien vont-ils soutenir la nouvelle politique française qu’il va falloir expliquer à nos amis de la région sahélienne ? Comme ce changement a été décidé par l’Algérie, gageons que tous les héritiers des « porteurs de valises » l’adopteront, soit avec l’ethno-masochisme des collabos, soit avec la résignation des dhimmis … 

Bernard Lugan 
20/12/12 

vendredi 21 décembre 2012

En Algérie, «même les mairies s’achètent» - Libération


En Algérie, «même les mairies s’achètent»

19 décembre 2012 à 22:06
Dans l’attente de Hollande et Bouteflika, hier à Alger.
Dans l’attente de Hollande et Bouteflika, hier à Alger. (Photo Reuters)

REPORTAGE Liberté de la presse en trompe-l’œil, corruption généralisée : militants et intellectuels progressistes dénoncent un pays bloqué.

«L’Algérie est une démocratie spécifique. Les garanties, par exemple, sur les libertés de la presse, ne sont pas assurées», assure Khelil Moumène, secrétaire général de la Ligue algérienne des droits de l’homme (LADDH), qui poursuit : «Il y a des journalistes totalement libres et qui montrent chaque jour un grand courage, mais cela ne signifie pas que la presse l’est. Il y a celle qui tape sur le président, celle qui le défend, celle qui défend l’armée, celle qui est aux mains des services secrets, etc.», explique-t-il.
Pour ce journaliste algérien, qui tient à garder l’anonymat, «les affaires de corruption, les affaires concernant les marchés publics truqués, ou les élections volées ou truquées, donnent l’illusion d’une liberté gagnée. Mais c’est autre chose de pousser les investigations. Il y a un moment où une frontière invisible, le fameux fil rouge à ne pas dépasser, se dresse, et qui fait que les enquêtes s’arrêtent, n’aboutissent pas, s’enlisent».
Pour l’avocat Mokrane Aït Larbi, ténor du barreau et ancien membre de la LADDH, l’Algérie présente une façade très convenable. Bien éclairée, mais avec des lumières qui fonctionnent bizarrement : «Effectivement c’est une assez belle façade, l’Algérie. Mais derrière, concernant le respect des droits de l’homme, on est très loin du compte. Le pouvoir se met lui-même en devanture sur ces deux jours mais la situation dans les faits n’est pas différente de la situation du temps de l’état d’urgence : il faut toujours une justification préalable pour manifester. Impossible d’organiser une marche à Alger par exemple. Et surtout, il n’existe plus de contre-pouvoirs.»

Steppe. Où sont-ils ? «Evaporés, dissous, mangés par la corruption», prétend Yacine Zaïd, militant de la LADDH et blogueur. Pour ce dernier, la démocratie algérienne est une steppe aride : «L’opposition ne joue plus aucun rôle. Les partis islamistes ont été eux aussi corrompus.» Il dresse un parallèle entre«l’Algérie et la Russie. Il y a eu la fortune des généraux algériens, qui n’est un secret pour personne, mais celle qui est en train de se constituer autour de certains oligarques protégés du pouvoir est considérablement plus importante».
Le plus grave, selon Yacine Zaïd, c’est que la base de la corruption s’est élargie à la majorité de la société. «Cette gangrène est donc un système de gouvernance», assure le militant. Pourtant l’Algérie s’est dotée, après l’indépendance, d’un code des marchés censé établir des règles strictes d’attribution : «Dans les textes oui, mais dans les faits, c’est autre chose. C’est vrai que des marchés publics corrompus existent partout, mais ici en Algérie, cette corruption s’est tellement étalée qu’elle a gagné la classe politique, puisque même les mairies s’achètent aujourd’hui.»
La publication de très haute tenue Naqd (Revue d’études et de critique sociale), conduite par l’historien Daho Djerbal, a publié il y a deux ans un numéro consacré à la corruption et à la prédation. Dans un chapitre intitulé «Corruption et stratification sociale», l’essayiste et économiste Ihsane el-Kadi écrivait que la corruption n’est pas une déviance des conduites marchandes en Algérie : «Elle est le combustible qui a produit une classe de possédants en une génération. […] La fonction corruptive a évolué. Elle n’a plus besoin d’être le démiurge du capitalisme algérien : elle en devient la norme […].»
Pour Khelil Moumène, la population ne prêterait plus aucune attention à ses élites qui jouent la valse à millions devant une population désabusée : «Les tabous ont sauté. Untel a vendu son poste ou a touché tant en dessous de table. Les gens disent : "Ah bon", puis passent à autre chose. Ce qui fait que l’Etat lui-même est totalement fragilisé. Se rend-il simplement compte qu’il s’enfonce dans un puits sans fond ? Où est sa voix ? Sa légitimité ?» enrage-t-il.

Rente. A écouter un avocat, qui demande à ne pas être cité, les racines de la corruption sont tellement fasciculées «qu’il est aujourd’hui impossible d’en venir à bout». Se dessine donc une Algérie assise sur sa rente, prisonnière d’un système profondément corrompu. «Un pouvoir qui n’assume qu’une légitimité gagnée par les armes contre l’ancien colon et contre le terrorisme. C’est un système perdu. On a beaucoup dit qu’il tenait grâce à une intelligence perverse et manipulatrice. C’est lui faire honneur. Il tient parce qu’il corrompt, soudoie, déverse un argent fou pour faire taire la moindre contestation et dit : "Votez pour moi ou alors le chaos." Comprenez le retour du terrorisme.»
Pour Yacine Zaïd, «un changement ne pourra être que pacifique, car le pays est toujours meurtri par les 200 000 morts de la décennie terroriste. On n’est pas en Tunisie, et faire descendre dans la rue grâce à des appels sur les réseaux sociaux n’a aucune chance d’aboutir», estime le blogueur militant. Et de conclure : «Il faut que cela se fasse pacifiquement car en face, ceux qui veulent garder le pouvoir ont une autre férocité que Bachar al-Assad. Les Syriens sont des enfants de chœur à côté des nôtres…»

Les gouvernants français ne feront jamais rien pour soutenir la Kabylie | Kabyle.com


Les gouvernants français ne feront jamais rien pour soutenir la Kabylie

ven, 2012-12-21 13:56 -- Stéphane Arrami
Les droits de l'Homme n'existent que sur la convention écrite. Parmi les défenseurs de ces droits au plus haut niveau, certains oeuvrent pour la droite, les autres pour la gauche. En clair, les dirigeants français vont chercher l'intérêt économique et basta.

D'ailleurs ils bafouent aussi les valeurs républicaines en donnant plus de place et de visibilité à ceux qui les enfreignent au quotidien.

A nous Kabyles de faire de la politique autrement sans complexe aucun.

Se sortir de cet angélisme, qui consiste à servir tantôt la droite tantôt la gauche, et se dire nous avons les mêmes ennemis.

Les ennemis de la Kabylie ici en France, sont et demeureront, ceux qui se disent amis du pouvoir algérien, aujourd'hui Hollande avec son parti, et hier Sarko et sa cour. Les ennemis de la Kabylie sont tous ces kabyles de France encartés PS, UMP, ces partis qui se prostituent.

Au pouvoir et successivement, ils ont aidé la dictature algérienne, en nous rendant invisibles, inexistants dans leurs discours, bannis des médias, aussi bien dans la presse écrite que dans l'audio-visuel.

Les ennemis de la Kabylie sont tous ceux qui prônent et soutiennent le pan-arabisme en Afrique du Nord au détriment du peuple berbère.

Les ennemis de la Kabylie sont ceux qui apportent un appui infaillible aux islamistes, ceux là même qui bafouent le droit à la liberté individuelle.

Les Kabyles de France n'ont de leçons à recevoir de personne en terme de valeurs.

Les Kabyles doivent s'affranchir de cette politique suiviste, des courants politiques, religieux, économiques etc... Ces courants qui confortent les Hommes d'Etats officiels et la position de leur pays, restent des courants d'air pour la Kabylie.

Nos détracteurs l'ont compris depuis longtemps( des kabyles de gauche, des kabyles de droite, des kabyles de l'extrême gauche, des kabyles de l'extrême droite, des kabyles laïques et les autres... )

La reconnaissance de la Kabylie passe par l'union des Kabyles. L'unité de la Kabylie se fera par ce socle commun uniquement.

Ce socle constitué de la langue, de l'identité culturelle, et de la position géographique. A chacun son Histoire. Les Kabyles doivent porter la leur.

Adjia Crampette

François Hollande était partout : Et Abdelaziz Bouteflika n’a rien à dire aux Algériens... | DNA - Dernières nouvelles d'Algérie


François Hollande était partout : Et Abdelaziz Bouteflika n’a rien à dire aux Algériens...

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Une conférence de presse mercredi 19 décembre, une interview à France 2 dans la soirée, un discours jeudi devant le Parlement algérien, un entretien aux quotidiens El Watan et El Khabar, une prise de parole devant les hommes d’affaires algériens et français, encore un entretien vendredi sur radio Europe 1, François Hollande aura occupé l’espace médiatique des deux côtés de la mer. Son homologue algérien est resté muet.

Le président français a beaucoup parlé, le président algérien n’aura rien dit. Pas pipé un mot.
Durant les deux jours qu’aura duré sa visite en Algérie, François Hollande a fait l’événement tant et si bien que, concernant ce voyage, sur les moteurs de recherche de google et autres, tous les articles de presse, toutes les dépêches des agences mondiales, sur les sites des radios et des chaînes de télévisions, deux mots reviennent avec insistance : François Hollande.
Pas celui du président algérien Abdelaziz Bouteflika. Lui a fait dans le décorum.


Une première fois mercredi avec un bain de foule à Alger, en compagnie de M. Hollande autour d’une foulée importée comme savent si bien les importer et les fabriquer ses services de protocole. Une seconde fois jeudi à Tlemcen, la ville dont il fut député en 1962, où il s’adonnera au même rituel suranné du défilé populaire. Fermez le ban.
Pas une seule fois, durant ces deux jours de séjour hollandien, Bouteflika n’a-t-il desserré les dents en public.
Certes, cette visite d’Etat est celle du président français qui avait des choses dires aux Algériens et aux Français, mais le chef de l’Etat algérien aurait pu lui aussi prendre la parole avant, pendant et après ce voyage pour s’adresser à ses compatriotes.
Bouteflika aurait pu leur expliquer, par exemple, pourquoi lui qui disait le 18 mai 2006, qu’ « il est aujourd'hui de notre devoir envers le peuple algérien et les chouhada (martyrs), de réclamer des excuses officielles de la part d'une nation dont la devise révolutionnaire a de tout temps été liberté, égalité, fraternité », pourquoi a-t-il renoncé à ce devoir ?
Il aurait pu s’exprimer sur le discours du chef d’Etat français, sur l’usine Renault, sur la « déclaration d’Alger sur l’amitié et la coopération », sur la mémoire, sur le passé colonial, sur le Mali, sur la Syrie… Bref être président comme l’est M. Hollande avec les Français
Mais hormis une interview par écrit accordée une semaine plutôt à l’agence AFP, Abdelaziz Bouteflika a entretenu le silence, a cultivé le détachement.


Il y a dans l’attitude de cet homme qui est aux commandes de l’Etat depuis 13 ans presque de l’indifférence à l’égard des affaires de son pays, à l’égard de ses compatriotes.
Les conférences de presse ? Il a cessé de les donner depuis presque huit ans. Les entretiens aux journalistes et aux médias de son pays ? C’est qu’il les méprise tellement que l’idée qu’un journaliste algérien s’entretienne avec Abdelaziz Bouteflika relèverait d’un crime de lèse-majesté. Les discours à ses concitoyens ? Son dernier en date remonte au 8 mai 2012. C'est-à-dire il y de cela 225 jours.
Il se dégage alors cette impression que le chef de l’Etat a traversé cette visite de son homologue français comme un fantôme. Et il n’est pas faux de penser que ces deux bains de foules, dans la capitale et à Tlemcen, auraient été organisés encore davantage pour lui, pour sa gloire, son égo, que pour son hôte français.
Mais la vérité est le président Abdelaziz Bouteflika n’a presque plus rien à dire aux Algériens.


Lire l'article original : François Hollande était partout : Et Abdelaziz Bouteflika n’a rien à dire aux Algériens... | DNA - Dernières nouvelles d'Algérie 

France-Algérie - La Kabylie au cœur de l’éternel malentendu | Kabyle.com


France-Algérie - La Kabylie au cœur de l’éternel malentendu

ven, 2012-12-21 03:02 -- Ferhat Mehenni
Les relations franco-algériennes peuvent-elles, un jour, se normaliser ? On peut toujours en rêver. Près de 50 ans après la décolonisation, la défiance entre Alger et Paris reste telle que la photo de famille trône toujours, côté algérien, sur le bureau des rancœurs et côté français sur celui de l’incompréhension et du malentendu. On se souvient que pour M. Kouchner, exaspéré, il y a lieu de faire le deuil de cette possibilité, au moins jusqu’à la fin de la génération de la guerre d’Algérie. Le ministre algérien des Affaires étrangères, M. Medelci, interviewé le 25/10/2010 sur la télévision satellitaire « Canal Algérie »a préféré de son côté incriminer les « erreurs de parcours » de la France.

Les tensions entre les deux pays sont quasi permanentes. Au-delà des atrocités de la guerre d’indépendance (1954-1962) la menace de criminaliser le passé colonial français par le pouvoir d’Alger met à vif les nerfs de la diplomatie française depuis des décennies. De l’autre côté, Alger ne supporte pas deux éléments de la culture politique française : 1) l’indépendance de la justice française qui a permis, en 2008, de mettre sous contrôle judiciaire un diplomate algérien dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat à Paris en avril 1987 de Me Ali Mecili. 2) la liberté citoyenne dont jouissent les opposants kabyles à Paris où ils ont pu mettre sur pied, le 1er juin 2010, leur Gouvernement provisoire, l’Anavad.

Depuis la consolidation du régime militaire par le coup d’État de Boumediene en 1965, les relations franco-algériennes n’ont cessé de s’envenimer. Du refus d’entrée du vin algérien sur le territoire français en 1968, à la nationalisation, en février 1971, des hydrocarbures exploitées par des compagnies françaises en Algérie, du déclassement de la langue française dans l’enseignement algérien à la condamnation par la France de l’arrêt du processus électoral par les militaires algériens en janvier 1992, l’implication des militaires algériens dans l’assassinat des moines de Tibehirine (1995), chaque année a connu ses poussées de fièvre entre les deux pays. Cet état de fait a donc une permanence qu’il serait illogique d’attribuer au hasard ou aux caprices de quelques personnes momentanément investies de charges nationales. Les positions respectives, structurées par l’histoire, sont pour partie culturelles et, pour une autre, politiques.

Certes, au commencement, il y avait la colonisation. La conquête d’Alger en juillet 1830 avait été vécue côté français comme celle du pays de cocagne, du pays des « Mille et une nuits ». Les élites françaises développaient un orientalisme débridé que sublimaient les récits de voyage et les tableaux de peinture, tels ceux de Delacroix. La France du XIXe Siècle croyait sa victoire militaire de nature à lui assurer la régence d’un « royaume arabe ». La reddition de l’Émir Abdelkader en 1848 renforça l’illusion d’une victoire définitive permettant d’y établir pour l’éternité un DOM-TOM français. C’est la conquête de la Kabylie, à partir de 1857, soit près de 27 ans après le débarquement français à Sidi Ferruch, qui va donner des insomnies au gouverneur d’Alger et à Napoléon III. Malgré leur défaite à la bataille d’Icherriden, les Kabyles se réorganisèrent et s’insurgèrent massivement en 1871 et faillirent emporter l’ordre colonial dans leur élan. C’est l’intégration de la Kabylie dans l’Algérie française, à partir de là, qui sera à l’origine de la guerre de décolonisation. L’épisode de 1871 fut un tel point de rupture entre les Kabyles et le régime colonial que les deux parties se traitaient en ennemis jusqu’à l’indépendance de l’Algérie. La colonisation, à tort, n’a jamais cherché à s’allier aux Kabyles qui, chaque jour, ruminaient leur revanche, selon la formule prêtée à Léon Gambetta : « y penser toujours, n’en parler jamais ! ».

En concevant l’Algérie comme une colonie de peuplement, la France en a élargi le territoire au point d’y inclure de nombreux peuples, particulièrement les Kabyles. Cette diversité identitaire avait aussi pour objectif de ne pas permettre d’union entre les indigènes contre les colons. Les gouvernants de l’époque ne savaient pas que la condition de colonisé suffisait à elle seule pour liguer les autochtones contre un ordre colonial inique. On croyait que le tribalisme et les querelles « ethniques » étaient de solides garanties pour l’ordre établi. On sait aujourd’hui qu’il n’en était rien.

L’alliance des indigènes contre le colonialisme a eu raison de la colonisation. Ce que l’on ignorait et que l’on continue de ne pas voir c’est que cette alliance n’était que conjoncturelle. À l’indépendance, la lutte pour le pouvoir entre les ex-alliés est sans merci. Héritant d’un pays commun légué par la colonisation, le premier à s’en emparer s’échina coûte que coûte à le garder entier pour en profiter au maximum. Pour cela, il n’y avait pas d’autre choix que la dictature.

L’angle mort du champ de vision aussi bien de la France que de tous les anciens pays colonisateurs cachait l’inexistence de nation dans beaucoup de pays créés par la colonisation. Il n’y avait pas d’Algérie en 1830, il n’y a pas de nation algérienne aujourd’hui. Il y a une mosaïque de nations opprimées par un seul et même État. Les troubles qui s’y déroulent, les luttes de clans au sommet de l’État, les diverses décisions politiques qui se prennent, les mascarades électorales ont bien souvent pour soubassement des considérations identitaires, voire nationalitaires.

Les tentatives de réchauffement des relations diplomatiques entre l’Algérie et la France sont, par conséquent, toujours vouées à l’échec. A la demande française d’un minimum de respect de la démocratie et des droits de l’homme, réplique celle d’un renoncement de la France à ses valeurs et à sa laïcité. Quand bien même elle le souhaiterait, l’Algérie est prisonnière de sa base sociale qu’elle nourrit depuis bientôt 50 ans à l’arabo-islamisme et à la haine de la France. Ce dialogue de sourds est celui des couples qui ne regardent plus dans la même direction. L’Algérie se saisit de n’importe quel motif de discorde pour faire payer à la France de lui avoir légué la question Kabyle.

La lutte quotidienne des Kabyles pour leur survie et leur dignité est celle qui marque au fer rouge, depuis 1962, l’histoire de l’Algérie. Elle ne peut qu’aboutir dès lors qu’au partage du pouvoir se refusent les tenants du régime, de crainte de perdre les leviers de commande. L’idée d’une autodétermination que porte la Kabylie est devenue l’aspiration profonde de son peuple.

Alors, la meilleure manière de contrer les Kabyles dans leur quête politique de liberté, de laïcité et de respect des droits humains, est de les lyncher médiatiquement de manière permanente, de nourrir la haine contre eux et contre tout ce qui leur est associé : la France, l’Occident, les Juifs et la chrétienté. De ce point de vue, le combat kabyle est aussi celui du monde libre. Les dernières sorties de deux ministres algériens (intérieur et Islam) illustrent avec une pointe de racisme intolérable, l’exaspération d’un pouvoir devant un peuple qui lui tourne définitivement le dos. Le premier accuse la Kabylie de faire le lit d’Al Qaeda, le second, au contraire, de s’évangéliser. Comme si les évangélistes étaient des islamistes et inversement. Ils participent ainsi, chacun à sa façon, à une montée aux extrêmes entre la Kabylie et l’ordre en place.

La France qui avait méprisé la diversité identitaire des Algériens pendant la colonisation ne peut appréhender, de nos jours, la véritable nature du gouvernement algérien qui la contre depuis le 19 mars 1962. Si, depuis bientôt un demi-siècle, les relations franco-algériennes n’ont pas pu être empreintes d’un minimum de sérénité, il y a lieu de parier que cela ne changera pas de sitôt.

En tant que Kabyles, nous regardons amusés la patrie des droits de l’homme, cette ancienne « fille ainée de l’Église », toujours nostalgique d’orientalisme, incapable de comprendre que la créature qu’elle a engendrée, soit si dévorée par la passion islamiste et la haine de sa génitrice. En attendant, M. Manuel Valls, M. Laurent Fabius et, aujourd’hui M. François Hollande peuvent toujours se rendre à Alger où les doléances qu’on leur présente sont généralement aux antipodes des valeurs de la France.

Ferhat Mehenni - Président du Gouvernement provisoire kabyle, Anavad

Les Français, les arabes et les Amazighs qui va s’excuser auprès de qui ?


Les Français, les arabes et les Amazighs qui va s’excuser auprès de qui ?
 
 
Il y a déjà quelques années que l’Algérie officielle a reformulé officiellement sa demande au gouvernement français de s’excuser auprès des Algériens des années de colonisation d’Algérie de 1830 à 1962. De l’autre côté de la France on a toujours refusé cette demande.
Aujourd’hui ce qui nous amène à revisiter ce sujet c’est qu’il a été soulevé ces jours ci à l’occasion de la visite du président Français Mr François Hollande en Algérie, mais cette fois très timidement. Probablement car on vient en Algérie avec quelques projets d’investissement comme la future usine Renault à Ouahran. Ce qui va permettre au gouvernement Algérien de donner de l’espoir aux milliers de jeunes chômeurs qui tiennent les murs toute la journée dans les rues et les ruelles des villes : Les Hittistes comme l’a schématisé le fameux humoriste Amazigh Algérien Fellag.
Toute fois la question qui s’oppose est ce que le gouvernement Algérien depuis l’indépendance en 1962 à ce jour, a-t-il jamais pensé à demander des excuses au près des Amazighs Algériens pour toutes les atrocités qu’ils ont enduré physiquement et moralement auprès de cette Algérie arabe ? La réponse est bien sûr non. Pire encore, chaque fois les Amazighs d’Algérie –en particulier les Kabyles- se soulèvent pour demander juste le droit culturel et identitaire, la réponse est la répression physique et morale. Mais ne s’arrête pas uniquement là, il honore et glorifie dans les medias et les manuels scolaires les grands colons arabes comme les Omeyyades.
Plus encore, le président Boutefliqa en plein Kabylie  juste après sa première élection présidentielle au lieu de s’excuser il a eu l’audace et le courage de prononcer le discours suivant le 3 septembre 1999 à Tizi-ouzou devant une audience diverse dont Hanachi, Ait-Menguelet et la mère et soeur de feu Matoub Lounes, tenez-vous bien : « Il y a dans votre lettre cher ami ...l’amazighe langue nationale. En ce qui me concerne, je n'ai absolument aucun complexe. (applaudissements). par contre, par contre, je me dois de vous dire, et poser une question: est-ce que l'amazighite c'est la kabylie? ou bien l'amazighite c'est les langues qui existent en Algérie? il y en a 13, il y en a 13 monsieur. alors je voudrais vous dire une chose. il n'y a plus de tabou amazigh, il n'y a plus de tabou amazigh, et je suis venu ici crever votre ballon de baudruche. si, si, et je dis bien si l'amazighe devait devenir langue nationale, elle ne serait jamais officielle, elle ne serait jamais officielle, je tiens a le dire. mais si elle devait devenir langue nationale, c'est par voie référendaire, c'est tout le peuple algérien qui va se prononcer ... (inaudible) (cris dans la salle) tout le peuple algérien. oui monsieur. Hé ben si vous n'êtes pas d'accord, c'est tant pis. C’est tant pis. C’est tant pis.   Démasquez-vous devant le peuple algérien.  Démasquez-vous devant le peuple algérien. Démasquez-vous devant le peuple algérien. ou vous faites partie du peuple algerien ou vous ne faites pas partie du peuple algérien.»
Comment donc le gouvernement arabe en Algérie Amazighe a eu le courage de demander des excuses à la France coloniale sans penser à le faire soi-même ?  plus que ça le refuser et affirmer le contraire officiellement ? La réponse peut encore choquer certains, c’est lorsqu’on est contaminé par une épidémie qui s’appelle l’idéologie arabo-musulmane on devient complètement fou. La preuve c’est que l’Algérie n’accepte ni le droit d’autonomie, ni d’indépendance pour les Amazighs de Kabylie et d’Azawad à la fois alors qu’elle continue à dépenser des milliards de dollars algériens pour le même droit mais à un peuple dit arabe au Sahara Amazighe.
Quant à la France qui a mis à genou les Amazighs, elle ne s’est pas arrêtée –comme l’avait fait partout dans son empire coloniale- à leur annexion à son empire colonial après avoir détruit leurs structures sociales, confisqué leurs terres fertiles en leur inventant l’astuce de la conservation foncière avant même de l’appliquer chez elle; elle est allé plus loin en sous-traitant –après son départ- le pouvoir en Afrique du Nord à des futurs états nations arabes !
Aujourd’hui on trouve une astuce : tout d’abord c’est  le ministre algérien qui déclare qu’on ne demande pas à la France de s’excuser, et quelques jours après, soit le 20 décembre 2012,  c’est le président français François Hollande au parlement Algérien qui fait non pas une excuse mais une reconnaissance que le colonialisme dont est victime l’Algérie est atroce sans jamais dire si c’est la France ou c’est l’Allemagne d’une part et d’autre part s’elles regrettent cette situation. Tout est dit en une minute par : « pendant 132 ans l’Algérie a été soumise à un système profondément injuste et brutale, le système à un nom c’est la colonisation et je reconnais ici les souffrances que la colonisation à infligée au peuple Algérien. Nous avons ce devoir de vérité sur la violence, sur les injustices, sur les massacres, sur la torture. La paix des mémoires sur laquelle j’aspire repose sur la connaissance et la divulgation de l’histoire »
le discours de Hollande en video :
La France ne s’est pas donc excusé auprès du peuple Algérien, et entre non le peuple Algérien ne l’a jamais demandé et ce qu’il demande c’est le départ de la dictature de leur pays ou leur départ eux vers l’Europe en laissant les dictateurs se gouverner entre eux en Algérie. La question qui s’oppose aujourd’hui est la France  peut-elle laisser les pouvoirs arabes en terre Amazighe si jamais ils veulent s’excuser auprès des peuples Amazighs de la région?
La réponse est non. La preuve est là dans cette vidéo du programme « ça se discute » diffusée par la chaine de télévision française I-télé qui a invité le journaliste français Eric Zemmour, qui est un écrivain et journaliste politique français, qui a fait plusieurs organes de presse français. Au sujet des excuses demandés aux Français Eric Zemmour réplique par : « Les gens qui ont été colonisés en Algérie ! Les arabes étaient eux-mêmes des colonisateurs qui avaient colonisés l’Algérie des Berbères. Ils ne se sont jamais excusés auprès des Berbères ! ils ne se sont jamais repentis ! » Fin de citation.
Mais le choc est la réaction de l’animatrice qui a tout de suite dit STOP Eric, et rappelle son invité à l’ordre et se retourne vers les téléspectateurs pour  leur dit Bon Weekend sur I-télé. Regardez :
le débat sur I-télé
Le General Guillaume chez les Amazighs
La raison qui est derrière cette attitude de la France est qu’elle veut continuer à considérer Tamazgha (Afrique du Nord) son protectorat pour toujours. D’ailleurs, n’a-t-elle pas déclaré officiellement que la constitution proposée aux Marocains pour référendum leur convient très bien ! Pire encore le conseil était deux semaines avant même que le peuple marocain s’exprime sur la question au référendum du 1 juillet 2011 ! Plus que ça l’évènement lui-même est venu au centenaire du protectorat du Maroc (1912-2011). La France est probablement –elle aussi- touchée par la même épidémie !
Mais les Amazighs vont-ils réfléchir un jour que ça suffit et qu’il faut qu’ils décident de leur destin eux-mêmes et non plus quelqu’un d’autres tel qu’il soit?



Auteur: Mohamed El Ouazguiti
Date : 2012-12-21 00:09:00