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vendredi 10 mai 2013

Du pétrole sur la bande côtière de Bgayet | Tamurt.info - Votre lien avec la Kabylie


Cette information a été confirmée par un cadre de la direction de l’énergie et des mines de la wilaya qui rajoutera que la perspective d’implantation d’un centre pétrochimique, qui constituera un autre projet structurant, est la meilleure preuve de l’existence du pétrole à Bgayet.
10/05/2013 - 15:54 mis a jour le 10/05/2013 - 16:06 parMassidida
Bgayet changera de statut très prochainement et se hissera au rang de région productrice de pétrole. Il y aurait du pétrole sur sa bande côtière et un bureau d’études brésilien est attendu pour des études offshore en mer car il existerait un réservoir potentiel dans les fonds marins.
C’est le président de l’assemblée populaire de wilaya qui en a fait part, lors de la conférence de presse qu’il avait animée au lendemain de la visite de Sellal, en déclarant détenir cette information du ministre de l’énergie lui-même qui avait promis de se déplacer avec les membres de ce bureau d’études dans les prochains jours à Bgayet.
Cette information a été confirmée par un cadre de la direction de l’énergie et des mines de la wilaya qui rajoutera que la perspective d’implantation d’un centre pétrochimique, qui constituera un autre projet structurant, est la meilleure preuve de l’existence du pétrole à Bgayet.
Capitale de l’agroalimentaire, une industrie privée des plus performantes, avec du pétrole et le développement du tourisme, d’autant plus que la région est gâtée par la nature, la Kabylie peut respirer et prétendre à des ressources financières pouvant répondre aux attentes de ses habitants.
Massidida

Mouloud MAMMERI ( Partie 1/2) - YouTube


Publiée le 24 mars 2013
Mouloud Mammeri est né le 28 décembre 1917 à Taourirt - Mimoun ( Kabylie ). Il fréquenta l'école primaire de son village ( At -Yenni ). "Je me souviens que j'allais à l'école pieds nus dans la neige", raconte-t-il. A onze ans, il part chez son oncle à Rabat et il entre au lycée Gouraud. De retour à Alger, quatre ans plus tard, il est inscrit au lycée Bugeaud. Ensuite, c'est le lycée Louis Le Grand, à Paris. Il pense alors à l'Ecole Normale Supérieure. Mobilisé en 1939, il est à l'école militaire de Cherchell d'où il sort avec le grade d'aspirant de réserve. Remobilisé en 1942, il participe aux compagnes d'Italie, de France et d'Allemagne. Au retour, il passe le concours de professorat de lettres à Paris et se retrouve enseigner les humanités et la littérature française aux lycées de Médéa puis de Ben Aknoun. A partir de 1947-48, malgré les critiques, il anime plusieurs conférences devant des auditoires constitués d'étudiants algériens et nord-africains. Puis éclate la guerre de Libération, Da Lmulud ( Mouloud Mammeri ) met sa plume au service de la révolution algérienne, dans le journal "L'Espoir d'Algérie" qui était le journal des libéraux algériens, et signât ses éditoriaux du pseudonyme de Brahim Bouakkaz.
Il fera entendre la voix des Algériens opprimés à travers ses lettres adressées à l'ONU ( entre 1956-1957 ) sous le pseudonyme de Kaddour, dans lesquelles il dénonce les exactions coloniales. Durant la bataille d'Alger en 1957, Da Lmulud compose une pièce de théâtre "Le fœhn" mais il est contraint de détruire son manuscrit. Menacé de mort, trois membres de sa famille ayant déjà été arrêtés, il quitte l'Algérie pour se réfugier au Maroc.
Da Lmulud rentra du Maroc en 1962, professeur d'ethnographie à l'université d'Alger où il enseigne en parallèle le berbère ( bien qu'aucun texte officiel n'autorisât ces cours et qu'aucun texte ne l'interdît, "on" y mit cependant fin en 1973 ) et directeur du CRAPE ( Centre de Recherches Anthropologiques, Préhistoriques et Ethnographiques ) à Alger de 1969 à 1979, Da Lmulud a été également à la tête de l' UEA ( Union des Ecrivains Algériens, fondée en 1963 ) jusqu'en 1966 - 67.
Cible d'une compagne de diffamation à laquelle il ne lui est pas permis de répliquer par voie de presse (voir notre article : Les donneurs de leçons, in El-Moudjahid du 20 mars 1980 ). Da Lmulud fait parvenir une réponse que le journal ne publiera jamais. Cette mise au point, publiée plus tard par Le Matin de Paris -- 1980 et Amazigh Revue ( Rabat - Maroc ) 1980, donne des précisions relatives à l'interdiction par les autorités locales de Tizi-Ouzou de la conférence qu'il devait donner à l'université de cette dernière à l'initiative des étudiants sur "La poésie kabyle ancienne"; cette interdiction deviendra le déclic du printemps Berbère.
En 1985, il a lancé à Paris avec le soutien de Pierre Bourdieu le CERAM ( Centre d'Etude et de Recherche Amazighes ) et dirigé les Cahiers d'études berbères Awal et le 6 mai 1988, Da Lmulud prononce un discours sous le titre : "Un testament, peut-être..." lors de sa réception à l'université de Paris-X -- Nanterre comme docteur honoris causa. Il dit : " Les études pour lesquelles j'étais venu portaient un nom qui a fini par avoir parfum de vielle dentelle : Les ' Humanités ' ".
Mouloud Mammeri s'éteint dans la nuit du 25 au 26 février 1989. Da Lmulud a été fidèle aux voix ancestrales, à l' "éternel Jugurtha " et aux causes justes. Il a été, sa vie durant, un ardent défenseur et illustrateur de la conscience amazighe, de la conscience nationale, humaine même
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    SOUK-EL-THENINE Maatkas 

        jeudi 9 mai 2013

        At Zellal: Hamza Massinissa injustement condamné par le tribunal d'Azazga


        At Zellal: Hamza Massinissa injustement condamné par le tribunal d'Azazga

        09/05/2013 - 16:51

        AZAZGA (SIWEL) — Le tribunal d'Azazga a rendu ce matin le verdict concernant l'affaire Hamza Massinissa. Le jeune militant accusé à tord de coup et blessure sur un agent de l'administration durant l'empêchement des élections du 10 mai par les habitant du village At Zellal, a été condamnée à 8 mois de prison avec sursis, une amende de 30 mille da, 80 milles da de dommages et intérêts. Très curieusement, le journal raciste "Echourouq, avait anticipé la justice dans un article paru hier, en condamnant le jeune Hamza Massinissa d'un an de prison alors que le verdict n'était pas encore prononcé.


        Banderole accrochée ce matin lors du procès du jeune Massinissa au tribunal d'Azazga (PH/DR)
        Banderole accrochée ce matin lors du procès du jeune Massinissa au tribunal d'Azazga (PH/DR)
        Ce matin, le tribunal d'Azazga a rendu le verdict concernant l'affaire Hamza Massinissa. Le jeune militant autonomiste a été accusé à tord de "coup et blessure sur un agent de l'administration" durant l'empêchement des élections du 10 mai par les habitant du village At Zellal. Il a été condamnée à 8 mois de prison avec sursis, à une amende de 30 mille Da et à 80 milles Da de dommages et intérêts. 

        Le jugement a été purement politique étant donné que le dossier de l'accusation était complètement vide: ni témoin, ni mention de ce dit incident dans la rapport de la commission de contrôle des élections, sans oublier les contradictions relevées dans les déclarations de l'accusateur, l'agent de l'administration en question. 

        Tout porte à croire que cette expéditive condamnation soit motivée par le fait que le jeune Hamza Massinissa est un militant autonomiste kabyle. 

        Par ailleurs, curieusement, l'inénarrable, Echourouq, véritable torchon raciste qui usurpe le nom de "journal d'information" a anticipé sur la décision de justice dans un article paru hier, en condamnant le jeune Hamza Massinissa à an de prison ferme alors que le verdict n'était pas encore prononcé. 

        Hamza massinissa a décidé de faire appel de ce jugement injuste qui reflète l'injustice qui fonde le régime raciste d'Alger. 

        Le président du MAK, présent au rassemblement tenu ce matin devant le tribunal d'Azazga, a réitéré dans une prise de parole le soutien de son mouvement à Hamza Massinissa et a dénoncé Echourouq qui "s'est substitué à l'institution judiciaire : " Dans un Etat de droit, un titre comme "Echourouq", n'aurait jamais eu le droit d'exister au vu de son racisme ouvertement affiché et de ses campagne de diffamation; mais il continue de prospérer grâce à son idéologie arabo-islamiste qui consolide le pouvoir dans son action destructrice des peuples d’Algérie notamment ceux qui appartiennent à la grande famille Amazighe comme le peuple kabyle". 



        cdb, 
        SIWEL 091651 MAI 13 

        Ci-dessous, quelques photos du rassemblement de soutien, ce matin, au jeune Hamza Massinissa

        At Zellal: Hamza Massinissa injustement condamné par le tribunal d'Azazga

        At Zellal: Hamza Massinissa injustement condamné par le tribunal d'Azazga

        At Zellal: Hamza Massinissa injustement condamné par le tribunal d'Azazga

        At Zellal: Hamza Massinissa injustement condamné par le tribunal d'Azazga

        At Zellal: Hamza Massinissa injustement condamné par le tribunal d'Azazga

        At Zellal: Hamza Massinissa injustement condamné par le tribunal d'Azazga

        At Zellal: Hamza Massinissa injustement condamné par le tribunal d'Azazga

        mercredi 8 mai 2013

        La population éternellement otage des terroristes et des militaires | Tamurt.info - Votre lien avec la Kabylie


        Lors d’une opération militaire à Aghriv et Iflissen
        Par ailleurs, lors de ces opérations de ratissage, plusieurs accrochages ont eu lieu entre groupes armés et militaires. Certaines demeures de particuliers ont été touchées par des balles. C’est le cas de deux maisons à Timililine, deux à Taourirt Zwaw et une autre au village Adhrar. Fort heureusement, aucune personne n’a été touchée pour le moment.
        08/05/2013 - 14:57 mis a jour le 08/05/2013 - 16:25 parYouva Ifrawen
        Un climat de guerre règne à Iflissen et Aghriv, à 50 km au nord de Tizi-Wezzu. Depuis pratiquement un mois, les militaires mènent sans relâche des ratissages dans la région. Un couvre-feu a été instauré et certains villageois très proches des maquis sont interdits de sortie une fois la nuit tombée jusqu’au petit matin.
        Lors de cette opération, trois terroristes et un membre de soutien aux groupes armés ont été éliminés hier soir, près du village Timliline. Du côté de l’armée algérienne, un militaire a été tué sur place tandis que deux autres ont succombé à leurs blessures ce matin. Un haut grade de l’armée figure parmi ces trois militaires, selon une source bien confirmée.
        Un laconique communiqué de l’ANP signale l’élimination des terroristes, amis sans mentionner les militaires tués. Les journalistes algériens dits de la presse publiques sont sommés par le chef de ne faire référence dans leurs articles qu’au communiqué de l’armée. Par contre, les correspondants de la presse locale, dit du secteur de privé, ne savent sur quel pied danser.
        Par ailleurs, lors de ces opérations de ratissage, plusieurs accrochages ont eu lieu entre groupes armés et militaires. Certaines demeures de particuliers ont été touchées par des balles. C’est le cas de deux maisons à Timililine, deux à Taourirt Zwaw et une autre au village Adhrar. Fort heureusement, aucune personne n’a été touchée pour le moment.
        Les habitants de la région crient leur détresse. Ils craignent pour leurs vies. Ils exigent des militaires d’épargner les civils. Selon plusieurs habitants de la région, des maisons sont criblées de balles.
        Les habitants de la région nord-est d’Iflissen sont interdits d’aller cultiver leurs champs depuis plus d’un mois. Cette situation est inédite dans la région
        Youva Ifrawen

        La répression pour cacher les luttes de clans | Tamurt.info - Votre lien avec la Kabylie


        Ce racisme que cultive le régime algérien à l’égard des Amazighs ravive les tensions entre deux peuples si différents qu’aucune vie commune n’est envisageable. En procédant ainsi, au lieu de chercher des solutions profondes et pérennes, l’Algérie confirme sa haine des Imazighen (Mozabites).
        08/05/2013 - 01:39 mis a jour le 08/05/2013 - 01:45 parBouaziz Ait Chebib
        Au moment où la lutte des clans fait rage au sommet de l’Etat algérien pour la succession de Bouteflika, le peuple amazigh du Mzab subit de nouveau les affres de la violence des Chaâmba ; une communauté arabophone soutenue par les autorités algériennes afin d’affaiblir les Mozabites.
        Ce racisme que cultive le régime algérien à l’égard des Amazighs ravive les tensions entre deux peuples si différents qu’aucune vie commune n’est envisageable. En procédant ainsi, au lieu de chercher des solutions profondes et pérennes, l’Algérie confirme sa haine des Imazighen (Mozabites).
        Le MAK, qui a toujours mis en avant la diversité des peuples d’Algérie, apporte son soutien aux Mozabites en condamnant l’apartheid multidimensionnel dont est victime la grande famille amazighe. Il est de plus en plus clair que désormais, le principe de l’autodétermination prôné par le MAK est la seule voie salutaire pour tous les Amazighs d’Afrique du Nord.
        En général, le pouvoir ne respecte aucun droit. La répression est la seule chose dans laquelle il excelle face à des citoyens qui revendiquent pacifiquement leur droit le plus élémentaire : une vie décente. Un rassemblement des demandeurs d’emplois a été réprimé le 06 mai à Alger.
        L’appareil répressif s’acharne contre les citoyens qui osent défendre leur dignité. Même les députés à l’image du chef du groupe parlementaire du FFS n’y échappent pas. Ce dernier, pour avoir soutenu les chômeurs, a été tabassé par des policiers fous furieux. Son "immunité parlementaire" a été bafouée.
        Le MAK, qui fait, à juste titre, de la question des droits de l’homme une priorité de son combat, condamne avec force cette répression. Il apporte son soutien aux victimes et assure le FFS de sa solidarité face à un pouvoir qui fait de la violence sonprogramme politique.
        Le MAK rappelle que le statut d’un député dans un Etat totalitaire n’a aucune autorité. Les élections aussi n’ont aucun sens si ce n’est la consolidation de la façade démocratique des régimes despotiques.
        Le salut ne peut venir que de la mobilisation populaire. C’est la seule force capable de triompher de la dictature et du racisme du régime algérien.
        Sur le plan médiatique, le pouvoir algérien poursuit sa politique de contrôle des espaces d’expression. Il s’attaque aux journaux en ligne qui échappent à son contrôle. Le procureur de la république du tribunal de Tigzirt a requis une peine de 3 mois de prison ferme et une amende de 50000 DA pour diffamation, à l’encontre du journaliste du site électronique Kabyle.com. Et cela 4 jours après la journée mondiale de la liberté de la presse. Le MAK ne peut rester indifférent devant la restriction de la liberté d’expression et exprime son soutien à kabyle.com.
        L’avènement d’un État kabyle est plus qu’urgent pour assurer un avenir de liberté, de démocratie et de modernité à la Kabylie et à son peuple.
        Kabylie, le 07 mai 2013
        Bouaziz Ait Chebib, président

        lundi 6 mai 2013

        RADEAU DE SAUVETAGE POUR LA KABYLIE *INDEPENDANCE* - Google+


        Retour en Kabylie après le meurtre d'un jeune manifestant.

        8 décembre 1998 à 18:57
          «Pourquoi Hamza est mort?» A Tazmalt, tout le monde connaît le coupable. Mais le village se tait""
        Tazmalt, envoyée spéciale.
        Tazmalt est un village hanté. Dans ce huis clos de maison de guingois qui escaladent la colline, un meurtre a été commis en plein jour, devant la moitié du village, y compris les gendarmes. Cinq mois plus tard, aucune arrestation ni inculpation n'ont été faites. «C'est le principe même du roman policier à l'algérienne», explique un juriste. «Tout le monde sait qui est l'assassin mais l'histoire consiste à tout faire pour éviter de tomber dessus.»
        C'était le 28 juin 1998. Ils étaient bien une centaine et presque tous avaient une pierre dans la main, au coin d'une rue de Tazmalt. Trois jours plus tôt, le chanteur berbère Matoub Lounès a été assassiné à moins de 50 km de là et, un peu partout dans la région, des émeutes spontanées de jeunes gens ont éclaté. Il est dix heures du matin, dans le quartier haut, lorsque Hamza Ouali salue son père Mustapha avant de rejoindre les manifestants: «Ici, chaque fois qu'il existe quelque chose de bien, comme Matoub, il faut que ce soit détruit. Nous sommes comme des gens qui ont soif. Nous approchons la bouche du robinet ouvert, nous nous apprêtons à boire et soudain quelqu'un coupe l'eau par derrière. On n'en peut plus.» Hamza Ouali, 17 ans, est lycéen.
        Une rafale. Un groupe de jeunes gens venus de tout le bourg arrive à 300 mètres de la Daïra (le siège de la sous-préfecture). Là se sont regroupés quelques notables, une cinquantaine de gendarmes, un escadron antiémeute. Dans la chaleur qui monte, les miliciens du village trottinent comme des cantinières, apportant à boire aux gradés. Une voiture Lada grise traverse bruyamment la poussière. Elle s'arrête à la hauteur des uniformes. En sort Smaïl Mira, 45 ans, président de l'Assemblée populaire communale (APC, la mairie), chef des civils armés, l'homme le plus puissant de Tazmalt. «Je l'ai vu attraper la Kalachnikov d'un des gendarmes puis la porter à sa hanche, braquée vers le tas. Le tas, c'était nous», se souvient un jeune manifestant. On entend une rafale. Hamza Ouali s'écroule. Entre la panique et l'émeute, la foule semble devenue folle. On entend des cris: «Smaïl Mira, assassin.» Mains ostensiblement en l'air, un gradé de la brigade locale s'approche des manifestants. «Vous savez qui a tué, la famille sait qui a tué et nous savons qui a tué. Mais je vous en supplie, revenez au calme.»
        Depuis, le dossier d'instruction somnole. «En Algérie, la peur est devenue une façon de penser», commente un avocat. «Toute notre société s'est construite là-dessus, le raisonnement, les comportements, le langage.»
        Ne fût-ce que pour prononcer son nom, les voix baissent. En pleine conversation, on se retourne pour voir s'il n'aurait pas surgi, par on ne sait quelle magie. Mais non, personne, un vide avec des réverbères, superbes, incongrus, plantés en rangs serrés comme dans un verger. Incongrus, ils sont partout, illuminant même en plein soleil la poussière de ruelles en torsade. «Ces réverbères, vous verrez, ils sont devenus une obsession ici», lâche un passant.
        «Lampadaires». Smaïl Mira, lui, est invisible. Dans la salle d'honneur de la mairie, son état-major offre des sodas d'un air désolé, répétant une nouvelle fois qu'«il est en mission, impossible de le rencontrer». Lorsqu'on parle de lui, les doigts se tendent avec précipitation vers la fenêtre. «Vous ne voyez pas, là, sur la chaussée?» Chacun hoche la tête. «Mais si, les lampadaires.» «Il n'y a pas pareil éclairage public dans toute la willaya (préfecture). Moderne, prestigieuse», s'émeut un autre notable. Ils sont prêts à en parler des heures, dissertent, se congratulent. Mais Smaïl Mira a-t-il tué le jeune Hamza Ouali? Il y a d'abord un silence. Puis, tous en même temps, les notables s'exclament, se frappent la poitrine, rivalisent de rire sonores. Ils ont bien entendu quelque chose. «Mais c'est faux. De la jalousie. On veut lui prendre la mairie.» «Ou les lampadaires.»
        Smaïl Mira, c'est d'abord une gloire en héritage, celle du fameux commandant Mira, héros impitoyable pendant la guerre de Libération. La photo du cadavre paternel criblé de balles sert d'ex-voto dans la voiture du fils. L'histoire en étendard, la violence pour légende, Smaïl Mira se pose lui aussi en dur. «Etre un enfant de Chahid (martyr de l'indépendance) sert de clé à toutes les portes. C'est une espèce de privilège, de légitimité incontestée, peut être le seul consensus qui existe en Algérie. Tout le monde a voté pour lui et même les autres candidats étaient d'accord quand il s'est présenté la première fois», se souvient l'un d'eux. C'était en 1985, du temps du parti unique. En 1991, après l'annulation des élections remportées par le Fis (Front islamiste du salut) et l'instauration de l'état d'urgence, les autorités nomment directement les responsables communaux. A Tazmalt, Smaïl Mira, sans étiquette, est maintenu à la tête de la commune. «Désormais, il était clair pour nous tous qu'il avait le soutien du pouvoir et des amis au plus haut niveau», raconte un commerçant. «En Algérie, cela veut dire: tu peux tout faire.» La période s'y prête, sanglante, confuse.
        Réseaux d'influence. Même si Tazmalt, comme l'ensemble de la Kabylie, est relativement épargnée par les violences, l'ombre du conflit obscurcit tout et permet le reste. Partout dans le pays, les mairies se sont mises à gérer la distribution des anciens biens d'Etat, terres communales, patentes commerciales, logements. Sans contrôle ni recours, tout transite par les réseaux d'influence de l'APC ­ de l'obtention d'un prêt bancaire à l'attribution d'une allocation jeunes ­, un pouvoir énorme dans un pays en proie à une crise économique sans précédent. «Mira a commencé à construire son royaume là-dessus. Il y avait ceux qui étaient servis et les autres faisaient les esclaves», dit un jeune chômeur. «Et lui, pendant ce temps, il fait des lampadaires pour son orgueil, comme un voile sur notre misère.» «Gants de sniper». La naissance des «patriotes», ces milices de civils organisées et armées par les autorités à partir de 1994, va redonner des Kalachnikov et des troupes à ceux qui tiennent déjà la vie locale. L'ère de seigneurs de la guerre vient de sonner. Le fils du commandant Mira s'y trouve à merveille, lui qui arpente en treillis les rues de terre beurrées d'une fine couche de goudron. Il s'arrête parfois devant un groupe, accoudé contre un mur. Salue un puissant, ignore les autres. A la tribune des meetings, il pose son arme devant lui. Parfois, il porte des gants. «Des gants de sniper», disent les enfants.
        Mais, dans cette région, traditionnellement hostile au pouvoir central, le recrutement des miliciens patine. «A ce moment-là, il s'est passé de drôles de choses à Tazmalt, poursuit un commerçant. Alors qu'il n'y avait pas de terrorisme ici, des habitants ont commencé, par exemple, à recevoir des lettres de menaces, signées de groupes islamistes fantaisistes. J'en ai personnellement eu une. Je n'ai pas réagi.» Selon lui, quelques patriotes goguenards sont alors venus lui annoncer que «s'il [lui] arrivait quelque chose, ce ne sera pas [eux].» Le commerçant poursuit: «Beaucoup de menacés ont paniqué: ils sont allés chercher des klash (Kalachnikov) et se sont enrôlés pour le maire. Maintenant, un va-nu-pieds devient quelqu'un avec un fusil. Les armes sont devenues un statut social.»
        Places fortes. Aujourd'hui, Smaïl Mira se flatte d'avoir plusieurs centaines d'hommes sous son contrôle et de verrouiller une des ces places fortes qui, de Bejaia à Dellys, ceinturent cette Kabylie rebelle de miliciens favorables au pouvoir. Auprès de ses amis de la capitale, Smaïl Mira décrit volontiers Tazmalt comme sa «République», où rien ne lui échappe. «Ici, la loi existe bien mais elle s'appelle Smaïl Mira», dit un restaurateur. «Face à cette toute-puissance, on se sent bafoués au fond de nous-mêmes. On est si petits: comment pourrions-nous songer à nous révolter? Comment pourrions-nous imaginer parler de ce qui s'est passé pour le fils Ouali? Nous sommes devenus des hommes que nous ne reconnaissons plus.» Il s'énerve. Se tourne vers la rangée de lampadaires. «Quand j'en peux plus, je leur parle à eux: bande de salauds, je vous hais.»
        Devant la maison des Ouali, entre les chapelets d'ail et la cage aux perruches, flotte une banderole: «Hamza, martyr de l'Algérie». Le vent, qui dévalle la montagne, l'a saupoudrée d'une poussière jaune et fine, comme des épices. A l'intérieur, le salon s'est fait mausolée où une photo de l'enfant mort, la même reproduite à l'infini, sourit fixement aux visiteurs. Quelques heures après le décès, le téléphone a sonné sur la petite table près du hangar. Une voix a dit: «Maintenant, votre fils, il est mort. Qu'est ce qu'on fait?» Mustapha Ouali, le père, n'a pas eu besoin de demander à son interlocuteur de se présenter. Qui ne reconnaît pas Smaïl Mira, à Tazmalt, surtout chez les Ouali? Dans l'échiquier des tribus, ce jeu d'alliances et de rivalités qui quadrille chaque village algérien, les deux familles sont en effet liées. «Pour régler des comptes dans son propre clan, il faut être ou bien très chaud ou bien très puissant. Alors, on prend un fusil», dit un villageois. «Mais, les Ouali n'avaient pas les moyens d'une vengeance. Dans ce cas-là, on négocie, sinon on reste seul, hors de tous les clans, et c'est terrible.» Au maire, mis en cause par la rue qui scande son nom en escortant le cadavre de son fils, Mustapha Ouali répond alors au téléphone: «On fait comme vous voulez monsieur Mira, vous avez ma confiance. Je vous confie mon coeur.»
        Moitié de visage. En répétant la phrase, aujourd'hui, le père s'embrouille. Qu'est-ce qu'il aurait dû faire? Ou dire? «Qu'est-ce qu'on devient quand son fils est assassiné et qu'on ne peut rien, si ce n'est avoir peur et en même temps honte de cette peur?», dit un voisin. Appuyé par le FFS (Front des forces socialistes, opposition), seul à demander que la justice soit saisie, Mustapha Ouali a fini par porter plainte. Senouci, le fils du voisin rentre chez lui. A 23 ans, il n'a plus qu'une moitié de visage: l'autre a été emporté par la même rafale qui a tué Hamza, le 28 juin. Lui n'a pas porté plainte. «La situation est trop grave, dit-il. Il convient de rester à sa place, c'est tout.» Un de ses amis soupire. «Il faut trop de courage pour parler. Et pour arriver à quoi? Le dossier est bloqué. Mais je le dis en toute humiliation: j'aurais été le gendarme à qui il a pris l'arme, je ne l'aurais pas arrêté non plus. Je serais le juge, je ne l'inculperais pas non plus. On est un peuple maté jusqu'au tréfonds».
        Impacts de balles. Au coin de la rue où Hamza Ouali est tombé, des groupes de gamins montrent les impacts de balles sur le volet d'un magasin. En juin, tous étaient «aux émeutes». «A Tazmalt, on est sortis dans les rues comme ça, aussi simplement que le soleil monte dans le ciel. C'était pour Matoub Lounès bien sûr, mais surtout contre le système. Devant, il y a du noir, pas de travail, les familles mangent sur l'argent du vieux père, qui a sa retraite de France. Alors on voudrait que ça éclate, une guerre ou quelque chose, pour en finir. Pourquoi on n'a pas le droit d'être jeunes et de ne penser qu'à nous coiffer devant la glace, comme dans une vraie vie?».
        Le premier jour des manifestations, les gamins sont descendus devant l'APC «où tout le mal se passe. On a cassé les lampadaires, c'était bon, comme si on déchirait le visage du maire». Lui n'était pas en ville. Il n'est revenu que le deuxième jour, pour filer directement devant la Daïra vers 11 heures du matin. Un lycéen montre les douilles qu'il a ramassées. «Mais quel était le mobile, pourquoi Hamza est mort? On ne le sait pas et on le sait tous .».

        Le MAK dénonce le « laxisme de l’Etat algérien qui relève de la criminalité et non de l’incompétence » | Tamurt.info - Votre lien avec la Kabylie


        Multiplication des enlèvements et assassinats en Kabylie
        Cette histoire des plus kafkaïennes a tenu en haleine toute la Kabylie avant de connaître une issue des plus tragiques. En effet, la famille de la victime n’avait-elle pas montré la piste qui pouvait conduire à retrouver Ali, au lendemain même de sa disparition ? Le MAK incite vivement la famille de la victime à déposer plainte contre le procureur de la république qui a ordonné la libération du meurtrier et contre l’Etat algérien qui a mis en place cette politique de terrorisme en Kabylie
        06/05/2013 - 00:00 mis a jour le 05/05/2013 - 23:32 parLa Rédaction
        Avec une plume trempée dans le cyanure, le président du Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie (MAK), M. Bouaziz Aït Chebib a dénoncé, à travers un communiqué dont une copie nous est parvenue, ce qu’il qualifie sans ambages de « laxisme de l’Etat algérien » qui « relève de la criminalité et non de l’incompétence », devant l’attitude qu’il adopte face à ce qui se passe en Kabylie, cette région meurtrie, vouée aux gémonies dont ses enfants paient un lourd tribu.
        « Aujourd’hui, le peuple kabyle a encore enterré l’un des siens enlevé depuis plusieurs mois avant d’être finalement assassiné par ces bandes armées qui sévissent en toute liberté en Kabylie », rappelle le MAK dans son document avant de présenter à la famille d’Ali Laceuk, enterré hier dimanche, dans son village natal, Tala Khellil dans la région de Ath Douala, dans la wilaya de Tizi-Wezzu, après avoir été enlevé et lâchement assassiné, ses plus sincères condoléances et de l’assurer de son soutien et de sa solidarité. Le Mouvement « s’incline également devant la mémoire d’Ali Laceuk ravi aux siens à la fleur de l’âge non pas en raison d’une quelconque incompétence des autorités publiques algériennes mais bien en raison de la politique criminelle et raciste que l’Etat algérien réserve à la Kabylie ».
        Cette histoire des plus kafkaïennes a tenu en haleine toute la Kabylie avant de connaître une issue des plus tragiques. En effet, la famille de la victime n’avait-elle pas montré la piste qui pouvait conduire à retrouver Ali, au lendemain même de sa disparition ? A ce propos, le MAK rappelle dans son communiqué qu’en « dépit du bon sens, et contre l’avis de la famille qui n’a pas admis la libération du meurtrier présumé, l’assassin, finalement avéré, du jeune Ali Laceuk a été arrêté puis relâché par le procureur de la république algérienne alors que la victime était encore entre les mains de ses ravisseurs ». Pour le MAK, il n’existe qu’un seul constat : « le laxisme scandaleux dont a fait preuve le procureur de la république qui a ordonné la libération du meurtrier relève d’une attitude criminelle et non d’une quelconque incompétence ». De ce fait, le MAK considère que le « premier responsable de ce meurtre est l’Etat algérien qui laisse pulluler les criminels en Kabylie et les incite à poursuivre librement leurs méfaits en libérant les criminels ».
        Ceci avant d’« inciter vivement la famille de la victime à déposer plainte contre le procureur de la république qui a ordonné la libération du meurtrier et contre l’Etat algérien qui a mis en place cette politique de terrorisme en Kabylie ». « Au delà du criminel qui a commis l’assassinat, c’est le procureur de la république et l’Etat algérien qui sont les premiers coupables, les bandes armées qui sévissent en Kabylie et endeuillent depuis bien trop longtemps les familles kabyles n’en sont que les exécutants », estime encore le mouvement pour l’autonomie.