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jeudi 7 février 2013

Analyse: " les frontières héritées de la colonisation pourront-elles encore résister longtemps ? "

Analyse: " les frontières héritées de la colonisation pourront-elles encore résister longtemps ? "

06/02/2013 - 17:10

PARIS (SIWEL) — Dans un entretien accordé au journal en ligne » Atlantico », Ferhat Mehenni, Président du gouvernement provisoire kabyle (GPK) et Bernard Lugan, professeur aux Ecoles militaires de Saint-Cyr, reviennent sur le tracé des frontières coloniales et les drames occasionnés par l’arbitraire de ces découpages, comme cela est notamment le cas au Mali, au Rwanda, en Côte d’Ivoire, en République Centrafricaine (RCA), au Liberia, en Sierra Leone, en République Démocratique du Congo


Les conflits actuels en Afrique prennent leur racine dans le découpage colonial(PH/DR/ Reuters)
Les conflits actuels en Afrique prennent leur racine dans le découpage colonial(PH/DR/ Reuters)
Dans cet entretien que nous publions dans son intégralité, Ferhat Mehenni et Bernard Lugan sont présenté comme suit :
Ferhat Mehanni est Algérien d’origine kabyle. Il est le fondateur du Mouvement pour l'autonomie de la Kabylie (MAK) et assume les fonctions de président du Gouvernement provisoire kabyle. Il a récemment publié Le siècle identitaire : la fin des Etats post-coloniaux aux éditions Michalon (2010).
Bernard Lugan est historien, spécialiste de l'Afrique.Il fut professeur à l'Université du Rwanda de 1972 à 1983. Il était maître de conférences hors classe à l'Université de Lyon III, où il assurait depuis 1984 différents cours autour de l'histoire de l'Afrique et de la francophonie. Il est aujourd'hui professeur aux Ecoles militaires de Saint-Cyr Coëtquidan.
Ci-après, l’entretien publié dans « atlantico »
Afrique ou Moyen-Orient : les frontières héritées de la colonisation pourront-elles encore résister longtemps ?
Les frontières des Etats africains sont pour la plupart un héritage de la colonisation et sont marquées par les intérêts de l'époque de chaque métropole. Dès lors, sont-elles aujourd'hui vouées à être redessinées ?

Atlantico : Les frontières qui délimitent la cinquantaine d’Etats africains ont pour la plupart été tracées lors de la conférence de Berlin en 1885 créant des nations où il n’en existait pas. Ces frontières ont pour le moment résisté mais le pourront-elles encore longtemps ?
Ferhat Mehinni : En 1885, la Conférence de Berlin avait établi des frontières entre les possessions territoriales des pays européens en Afrique. Les frontières actuelles des pays africains étaient décidées par chaque métropole en fonction de ses intérêts de l'époque. Pour certaines d'entre elles, ce n'est qu'à la veille de la décolonisation qu'elles ont été tracées de manière bâclée comme celles de la Mauritanie par exemple.
Pour la plupart, ces frontières ont tenu mais par le seul moyen de la dictature qui a fait florès au lendemain de la décolonisation. Car les menaces contre ces frontières viennent rarement des voisins mais de l'intérieur de chaque pays. En Algérie, dès 1963, soit un an seulement après la décolonisation, la Kabylie avait pris les armes pour son indépendance.

La mosaïque des peuples, qui compose chacun d'entre eux, les prédispose à l'éclatement. Cependant, malgré les dictatures quelques-unes de ces frontières ont déjà volé en éclats. En Somalie d'abord, puis au Maroc qui a "récupéré" l'ex Sahara espagnol ; ensuite l’Érythrée s'est détachée de l'Ethiopie. En juillet 2011, le Soudan Sud s'est séparé du Nord.

Aujourd'hui leur résistance est à bout. On peut les maintenir artificiellement pour un moment et contre le droit à la liberté des peuples comme le fait la France en Côte d'Ivoire et au Mali. Mais Cela n'ira plus bien loin. Ces frontières sont condamnées par la mondialisation et la poussée des peuples pour leur droit à l'existence. Le processus historique à l'oeuvre est inexorable et finira par donner droit à chaque peuple nié par ces frontières à disposer de lui-même.

Bernard Lugan : Je ne sais pas si certaines frontières résisteront encore longtemps. Je me borne à constater que bien des frontières africaines tracées en Europe à partir de cartes imprécises et parfois fausses, reposent comme le disait le gouverneur Hubert Deschamps sur "une abstraction géométrique ne tenant aucun compte des peuples". Ces découpages à la hache ont produit "une Gambie anglaise taillée dans les peuples wolof et mandingue accordés à la France. Les Evhé coupés en deux tronçons, anglais et allemand. De même les Pahouins entre le Kamerun et le Gabon ; les Bakongo entre la France, la Belgique et le Portugal ; les Ovambo entre le Portugal et l’Allemagne ; les Lunda entre Belges, Portugais et Anglais". Ce grand connaisseur de l’Afrique ajoutait "C’est le péché originel".
En quoi les conflits actuels prennent-ils leur racines dans ce découpage ?
Ferhat Mehenni : Les conflits actuels prennent leur racine dans le découpage colonial en ce sens que celui-ci était fait, volontairement ou non, sans tenir compte de la réalité des peuples qui composent chacun des pays. Prenez les Touaregs, par exemple, au lendemain des indépendances africaines des membres d'une même famille se retrouvent avec six nationalités différentes. Leur cas est similaire à celui des Kurdes répartis par le tracé colonial des frontières sur six pays. Les injustices de l'Histoire finissent toujours par remonter à la surface comme le fait l'huile sur de l'eau. La seule réparation à laquelle ils aspirent aujourd'hui est l'accession à leur propre Etat car le statut de minorité nationale leur est désormais inadmissible et insupportable.

Bernard Lugan : Les conflits africains prennent leurs racines dans ces charcutages moins parce qu’ils ont divisé certains peuples que parce qu’ils en ont forcé d’autres à vivre ensemble. L’exemple du Mali est emblématique à cet égard.
En effet, vainqueurs et vaincus, dominants et dominés, esclavagistes et razziés, nomades et sédentaires furent rassemblés dans les mêmes limites administratives. Après l’indépendance, les Touaregs qui refusaient d’être soumis aux sudistes se soulevèrent à maintes reprises. D’autant plus qu’en Afrique, la démocratie donnant le pouvoir aux plus nombreux, phénomène que j’ai baptisé du nom d’ethno-mathématique, ceux dont les femmes ont le ventre le plus fécond, l’emportent automatiquement sur les autres. Au Mali, les sudistes étant plus nombreux que les nordistes, ces derniers, en plus d’être forcés de vivre dans le même Etat que les premiers, sont condamnés à leur être politiquement soumis. D’où les révoltes continuelles.

Sommes-nous face à des conflits ethniques ou économiques propres à l’Afrique ou peut-on parler de conflits inhérents aux intérêts des anciennes puissances coloniales ?
Ferhat Mehenni : Les pays africains n'ont jamais réussi à réaliser une intégration économique régionale entre eux. Les rapports économiques restent sous domination essentielle des anciennes métropoles. Mais devant l'arrivée de la Chine, de l'Inde et des USA en Afrique, voire du Qatar et de l'Arabie Saoudite on peut être tenté de croire que les conflits actuels seraient motivés par une guerre économique que ces nouveaux venus livrent aux anciennes métropoles. Si cette guerre économique est une réalité, les conflits au Mali et en Côte d'Ivoire et bientôt sur l'ensemble du continent africain sont d'abord des conflits de peuples luttant pour leur liberté. Je sais qu'en Occident on désigne les peuples, pour en nier la réalité, par le mot ethnie.
Or c'est le combat de ces peuples, niés, pour leur reconnaissance et leur accession à l'indépendance qui constitue la réalité profonde de ces conflits. Que sur lui se greffent d'autres phénomènes est une évidence mais qui ne doit pas cacher cette raison essentielle que l'on peut résumer de manière schématique comme suit : la colonisation par les frontières qu'elle a tracées en Afrique a créé des Etats sans nation et dont la survie ne se réalise qu'au prix de la dictature maintenant des peuples sans Etat sous sa domination.


Bernard Lugan : Au Mali, le nuage islamiste dissipé, le réel réapparaît avec force. Contrairement à ce qui nous a été présenté, nous ne sommes pas face à une guerre de religion mais en présence d’un conflit ethnique et même racial, un conflit ancré dans la nuit des temps et sur lequel, avec un grand opportunisme, les islamistes tentèrent de s’insérer. Les explications économiques ne permettent pas d’appréhender le cœur du problème.
En 1964, l’Organisation de l'unité africaine (OUA) a choisi de décréter l’intangibilité des frontières. Était-ce la meilleure des solutions ou fallait-il envisager de redessiner les frontières héritées de l’époque coloniale comme le souhaitait à l’époque le groupe de Casablanca ?
Ferhat Mehenni : En 1964, l'Organisation de l'Unité Africaine (OUA) avait décidé de consacrer "le principe de l'intangibilité des frontières héritées de la colonisation". Il y avait des raisons de croire que les conflits territoriaux entre voisins allaient être légion. Il n'en était rien. En dehors du conflit frontalier algéro-marocain en 1964, on assista rarement à des escarmouches entre voisins. Mais avec le temps ces frontières qu'on croyait être la solution deviennent le problème, non pas entre voisins mais des revendications territoriales et nationalistes sont nées à l'intérieur de chacun des pays en question.
Bernard Lugan : Ce principe a sauté en Erythrée, au Sud-Soudan et quasiment au Somaliland. Ceci étant, le problème doit être réglé au cas par cas et uniquement quand il se pose d’une manière ethno-historique légitime. C’est ainsi que dans les décennies à venir, il se posera au Nigeria, en République démocratique du Congo (RDC), dans une partie de la zone sahélienne et même en Afrique du Sud.
La question se pose-t-elle encore aujourd'hui ou faut-il envisager d'autres solutions ? Lesquelles ?
Ferhat Mehenni : A mon sens, la France se trompe de sens de l'Histoire en voulant maintenir coûte que coûte l'intégrité territoriale des pays issus de la colonisation. Quand la Côte d'Ivoire avait deux présidents, elle vivait en paix. Il y avait deux territoires séparés qu'il convenait de consacrer par de nouvelles frontières. Cette paix elle ne l'aura plus jamais dans ce pays comme au Mali dont il faut désormais parler au passé.
La vision d'hier imposant que l'on garantisse l'intégrité territoriale des Etats issus de la colonisation est de nos jours une grave entrave au droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, à la liberté, à la démocratie et donc à la paix dans ces parties du monde. Par ailleurs, dans les pays où les haines entre peuples ne sont pas criantes, des solutions fédérales ou d'autonomie régionale peuvent être des solutions transitoires évitant des évolutions sanglantes et douloureuses. La France devrait avoir pour préoccupation non pas le maintien en vie d'Etats sans nation mais le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes comme le réclame la Kabylie. Cela réconciliera à coup sûr, la France autant avec ses valeurs qu'avec ses intérêts supérieurs.

Bernard Lugan : La question se pose dans les termes suivants : des peuples différents sont prisonniers d’Etats artificiels à l’intérieur desquels les plus nombreux sont démocratiquement assurés de détenir le pouvoir. Dans ces conditions, comment faire pour que les minoritaires ne soient pas colonisés par les majoritaires ? La réponse est simple : remplacer le suffrage universel individualiste basé sur le "one man, one vote", par le vote de groupe.
Or, comme aucun peuple majoritaire n’acceptera de renoncer à son avantage démographique, l’Afrique continuera donc à connaître des évènements dramatiques comme au Mali, au Rwanda, en Côte d’Ivoire, en République Centrafricaine (RCA), au Liberia, en Sierra Leone, en RDC et partout ailleurs car le réel africain qui est ethnique, donc communautaire, ne fait pas bon ménage avec la démocratie individualiste proposée comme modèle universel par les Européens.

Propos recueillis par Carole Dieterich

zp,
SIWEL 061710 FEV13

L'article depuis sa source:
http://www.atlantico.fr/decryptage/afrique-ou-moyen-orient-frontieres-heritees-colonisation-pourront-elles-encore-resister-longtemps-bernard-lugan-ferhat-mehenni-624754.html?page=0,0 http://www.atlantico.fr/decryptage/afrique-ou-moyen-orient-frontieres-heritees-colonisation-pourront-elles-encore-resister-longtemps-bernard-lugan-ferhat-mehenni-624754.html?page=0,0

Elections locales : entre la « fraude massive » et le « manque de crédibilité » d’après la commission Seddiki

Elections locales : entre la « fraude massive » et le « manque de crédibilité » d’après la commission Seddiki

Par | février 6, 2013 7:54
seddiki

La Commission nationale de surveillance des élections locales (Cnisel), présidée par Mohamed Seddiki vient de rendre public ce mercredi son rapport sur les élections locales du 29 novembre 2012. La première conclusion de la commission est que ce scrutin  « est truqué et manque de crédibilité ».
Le rapport de la Cnisel n’y va pas de main morte : trucage, fraude massive, manque de crédibilité, argent sale… Ce sont toutes ces remarques que la commission Seddiki a consignées dans son rapport sur la tenue du scrutin local du 29 novembre. Ces élections sont «dénuées de toute crédibilité», à cause d’une «fraude massive»,  a estimé la commission dans son rapport.
Dépassement en masse, argent sale, et vote des militaires : les plaies du scrutin
«Je vous dis que ces élections n’ont aucune crédibilité. Les mêmes partis politiques ont commis les mêmes erreurs et nous ne pouvons pas construire un pays avec des mensonges. Il faut dire la vérité», a déclaré Mohamed Seddiki le président de la Cnisel, qui a expliqué que 52 sortes de dépassements avaient été découvertes à travers toutes les wilayas du pays. La commission Seddiki est venue confirmer les nombreux soupçons déjà émis au lendemain des élections locales.
Parmi les nombreuses irrégularités soulignées par le rapport final, la commission considère que « l’argent sale a influé sur l’opération électorale » et que « l’administration a pris partie pour certaines formations politiques ». Le vote des militaires a été vivement critiqué dans le rapport. « Chaque militaire a eu trois à quatre procurations. Et cela influe négativement sur le résultat du scrutin », a précisé M. Seddiki. L’utilisation de noms de personnes décédées a également été confirmée. « On trouve des centaines de personnes décédés, mais qui font partie du corps électoral, dont la taille dépasse les 21 millions », a encore précisé le président de la Cnisel.
« On ne peut pas construire un pays et des institutions fortes avec des élections non crédibles »
«Ce rapport va rester pour l’histoire et pour l’avenir. Je ne crois pas que les pouvoirs publics ne vont pas prendre en considération son contenu, autrement, ce serait une volonté affichée de truquer les élections», et d’ajouter, «On ne peut plus continuer comme ça. On ne peut pas construire un pays et des institutions fortes avec des élections non crédibles». Le rapport de la Cnisel a été remis au président de la République et au ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales, qui prendront les mesures qui leur semblent les plus appropriées.

mercredi 6 février 2013

Répression du sit-in des travailleurs de l'Erenav : Le MAK condamne la violence policière

Répression du sit-in des travailleurs de l'Erenav : Le MAK condamne la violence policière

06/02/2013 - 17:10

VGAYET (SIWEL) — Dans un communiqué rendu public, le Mouvement pour l'autonomie de la Kabylie, (MAK) condamne la répression des travailleurs de l'entreprise de réparation navale de Vgayet, par les forces de répression du régime algérien.


Les travailleurs ont été victimes d'une répression féroce. PH/DR
Les travailleurs ont été victimes d'une répression féroce. PH/DR
Le MAK, par la voie de son président M. Bouaziz Ait Chebib souligne que « le régime raciste d'Alger redouble de férocité face à la contestation sociale. Après l'interdiction des marches du MAK », il passe à « un autre pallier de la répression qui consiste à violer le droit de grève qui est pourtant garanti par la pseudo-constitution algérienne ».

« Face à des ouvriers, rappelle le MAK, de l’Entreprise de réparation navale de Vgayet, munis de leur détermination à faire valoir leurs droits bafoués par la direction de leur entreprise, les services de répression ont recouru à une répression sauvage pour museler toute action de protestation ».

« Ces ouvriers, en grève depuis 2 mois, ont été tabassés devant leur unité par les policiers afin de les empêcher d'observer un sit-in de protestation devant le siège de la wilaya », estime le MAK.

« Les libertés syndicales et le droit de grève sont bafoués au vu et au su de tout le monde par un régime totalitaire qui a érigé l'injustice, la corruption et la violence étatique comme mode de gestion depuis l'indépendance », constate, par ailleurs, le MAK, qui condamne cette « politique répressive et oppressive » et apporte son soutien aux travailleurs de l’entreprise de réparation navale ( Erenav) de Vgayet qui revendiquent la réintégration de leurs syndicalistes licenciés injustement par la direction pour avoir encadré une marche de protestation et la titularisation des travailleurs contractuels qui travaillent depuis plusieurs années au niveau de cette unité.

« Désormais, l'avènement d'un Etat Kabyle est plus qu'urgent pour prémunir la Kabylie et son peuple contre les exactions du régime », souligne encore le communiqué .

aai
06 1710 FEV 13

Citations diverses

Citations

Pour y voir plus clair sur les sentiers tortueux de notre libération.
 

Mohand Aarab Bessaoud
in Histoire de l'Académie berbère :
  • J'ai cherché des compagnons de lutte et je n'ai trouvé que des conseillers, très souvent mauvais, ou des chefs.
  • Le bureau (de l'Académie, ndlr) était donc au grand complet sans que mon travail en fût allégé pour autant. Car et vous l'avez sans doute deviné, cette demoiselle et ces messieurs étaient des prête-noms et non des militants. Ils venaient au local quand je les y invitais pour les tenir au courant du résultat de nos activités et enregistrer leurs avis ou leurs ordres. Car parfois ils m'ordonnaient de faire telle ou telle chose, ces braves gens.
  • Il ne voulait pas en effet se contenter d'une notoriété rampante, il désirait, sans quitter sa pharmacie, que le monde berbère vit en lui le sauveur suprême. Et à l'instar de Rahmani il revendiqua la création de notre association. Cela ne me dérangeait nullement, car je devinais que la route serait longue, et que l'important pour nous était de réussir.
  • Je croyais l'avoir convaincu, mais je dus vite déchanter car il est de ces hommes qui monnayeraient volontiers le destin de leur peuple contre la parution de leur photo dans un journal.
  • Il (Hocine Ait-Ahmed, ndlr) m'a toujours fait penser à ces républicains espagnols qui ont eu la patience d'écrire pendant 40 ans sur les murs des capitales européennes "A bas Franco" pendant que le caudillo coulait des jours heureux.
  • Car j'étais outré de voir que même à Paris notre langue était traquée d'autant qu'elle l'était lors des réunions de l'Amicale, les cadres et les militants de celle-ci -presque tous des Kabyles- ne devant s'exprimer au cours de leurs réunions qu'en arabe "notre langue nationale". Même au consulat l'arabe était exigé, ce qui amenait ceux des nôtres qui ne pratiquaient pas cet idiome à se faire traiter d'"anglais" comme si être anglais pour ces charabiens signifiait la déchéance. Terrible, isn'it ?
  • "Mohand Aarav, me dit-il (Nacef Mohamed, ndlr), quel malheur pour toi de ne pas être juif, car si tu étais mobilisé pour Israël comme tu l'es pour nous, nul doute que tu roulerais sur l'or. Je suis fermement convaincu pour ma part qu'aucun Berbère, surtout parmi les vivants, ne pourra faire ce que tu accomplis pour nous".
  • Ce fut d'ailleurs à mon ami Khelil Saïd, qui m'exprimait un jour son admiration pour l'action que je menais, que je fis quelques temps auparavant cette prédiction : "Je suis sûr Saïd que viendra le jour où d'aucuns affirmeront sans scrupule que je n'ai rien fait ou presque tandis que d'autres diront que me suis enrichi au détriment de la cause berbère". Et voilà que la chose arrivait bien plus tôt que je l'avais prévu..." Les hommes nobles ne cherchent jamais à déprécier un autre homme noble. Au contraire ils lui rendent l'hommage qui lui est dû, même s'il n'est pas de leur bord.
  • Car la France est de tous les pays du monde celui qui nous est le plus hostile. Avec elle en effet nos isafen sont devenus des oueds, nos idurar des djebel, nos At et nos U des ben ou beni. Comme le dit si bien le grand Ould Slimane Salem "la France nous a béni".
  • Oui, n'oublions pas que faute de nous asservir pour toujours, la France a manoeuvré pour nous priver d'une totale liberté. Vous ne voulez pas être français ? Eh bien ! vous serez des arabes. Charybde ou Scylla, la peste ou le choléra. Aux Berbères de leur démontrer qu'ils veulent et peuvent échapper à l'une et l'autre de ces malédictions.
  • Il (Salem Ould Slimane, ndlr) s'attardait rarement avec nous, n'aimant pas discuter des choses qui "doivent se comprendre d'instinct". A un Kabyle qui lui demanda un jour de lui expliquer les objectifs d'Agraw Imazighen, il répondit : "Ce n'est pas à moi de te faire connaître ta mère".
  • Quand les autorités françaises ordonnèrent mon arrestation, Ould Slimane m'écrivit sur une moitié de feuille de papier : "Ne regrette rien, tu as réussi à réveiller les Berbères". Je te salue, Salem at Slimane, noble fils de la Berbérie, et je salue à travers toi tous les jeunes garçons et filles qui ont rendu possibles les événements de juin 77 et d'avril 80, sans compter ceux qui surviendront encore.
  • Malade, sans le sou, soumis aux attaques de mes ennemis et de ceux qui devaient être mes alliés, je devins irritable, coléreux même. Mais cela me rendit plus fort, plus déterminé, convaincu que si j'abandonnais c'en serait fini à jamais du problème berbère.  Car je ne vis personne capable, ni par son expérience ni par ses convictions de prendre ma place. J'étais condamné à devenir plus patient, plus résilient ; en un mot plus fort.

in FFS, Espoir et trahison
  • Jamais un arabe n'a cédé le pouvoir autrement que par la force (Ibn Khaldoun cité par M.A. Bessaoud)
  • Artisans incontestables de l'unité et de l'indépendance de l'Algérie, les vrais Berbères se refusent à la renonciation de leur passé et de leur avenir. Qu'auraient-ils d'ailleurs à gagner en se faisant naturaliser arabes ? Rien d'autre que la fourberie, le mensonge, l'effronterie… Merci ! Même nos mendiants ne se  ressemblent pas. Un mendiant kabyle demande l'aumône les yeux baissés. Allah inoub et il s'en va. Tandis que le mendiant arabe, morbleu ! Il est si collant, si insistant qu'il ne manque jamais de se faire rabrouer par ceux qu'il sollicite.
  • Au temps  où nous étions dans les maquis, "réalités têtues" signifiait que le berbère n'est pas une langue et que se dire kabyle c'était faire du régionalisme, donc oeuvrer contre l'unité nationale. Puisque cet homme (Aït Ahmed, ndlr) n'était pas kabyle - encore moins berbère- qu'était-il donc ? La réponse c'est Mahjoubi Aherdane, le Berbère et berbériste marocain bien connu, qui nous la donne : "En 1962, m'a-t-il dit, j'ai exhorté Aït Ahmed à lutter avec moi pour sauver notre identité. Sa réponse me claqua au visage comme un fouet ("Ne revenez plus me voir, moi je suis arabe")"
  • Mais nous nous sommes refusés à entrer dans la famille française qui nous offrait d'indéniables avantages matériels. Devrions-nous donc accepter que notre pays soit arabe avec tous les inconvénients et toutes les tares que cela entraîne ?
  • La différence entre l’arabe et le Kabyle est si patente en toutes choses qu’elle ne peut échapper à aucun de nos visiteurs. Elle est aussi apparente aux Egyptiens qu’aux Russes ou aux Yougoslaves tout comme elle n’a pas échappé aux Français qui nous connaissent bien. Un juge de paix français alla, sur recommandation de Maître Hachemi Cherif, rendre visite à Boumediene et ses adjoints dont le PC se trouvait alors à Oujda.
    - Messieurs, y a-t-il parmi vous un Kabyle ? demanda le juge.
    - Non, pourquoi ?
    - C’est une question de confiance. Au revoir messieurs.
    Comme l’on voudrait connaître les raisons qui poussent Mohammedi Saïd à vouloir nous arabiser. Je désirerais, dans ce but, poser cette question  à ce Saint Augustin de l’islam : «Puisque de l’avis unanime, y compris le vôtre, le Kabyle a plus de personnalité que l’arabe, pourquoi vous obstinez-vous à vouloir arabiser les Kabyles et non à kabyliser les arabes ?»
    Viendrait-il à l’idée d'un homme sain d’esprit de vouloir transformer un rosier en ronce ? Indubitablement l’Algérie tire un immense avantage de la présence des Kabyles. Il eût même fallu les inventer s’ils n’existaient pas.
     

Faites-nous parvenir les citations que vous jugerez instructives ! email : kabylien000@gmail.com

En savoir plus : http://tilisa.webnode.fr/lectures/cit1/
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Kalila oua Dimna traduite en Tamazight - La Dépêche de Kabylie

Par L.Beddar | Il ya 20 minutes | 1 lecture(s)

Littérature L’ouvrage de Boualem Senouci est sur le marché

Kalila oua Dimna traduite en Tamazight

La palette de la littérature Kabyle s’est enrichie d’un nouvel ouvrage.
L’écrivain Kabyle Boualem Senouci  vient de publier « Kalila d Dimna » aux éditons Thira. Un livre de contes indous qu’il a traduit  en kabyle. Il expliquera sa démarche en disant : « C’est en lisant et relisant plusieurs fois le livre original « Kalila oua Dimna » et les fables de Jean de La Fontaine que j’ai constaté une certaine ressemblance. J’ai découvert qu’environ 14 fables ont été reproduites par de La Fontaine dans ses différents ouvrages, comme ‘’La laitière et le pot de lait’’ ». Boualem Senouci est né le 24 septembre 1951. Il a vécu à Takrietz, une commune de la wilaya de Béjaïa, a fait ses premiers pas dans la poésie au début des années 1970 en lisant tout ce qui est contes et poèmes. Il s’implique dans toutes les luttes pour la reconnaissance de la langue et culture Amazighes en activant dans un mouvement culturel, un combat qui ne s’arrêtera jamais pour lui puisqu’il le continue par la plume. Il passe à l’écriture en 2003 en faisant publier une vingtaine de fables de de La Fontaine qu’il a traduites du français vers la langue Tamazight avec le concours du haut commissariat à l’Amazighité. Commença alors pour lui une brillante carrière d’écrivain traducteur en Tamazight. Dans sa lancée, en 2009, le poète Boualem Senouci éditera en France chez les éditions SEFRABER un livre de poésie bilingue (Français et Kabyle) intitulé TINQQISIN dont les fables sont tirées des œuvres de de la fontaine dont il est un grand admirateur. Un livre qui a eu beaucoup de succès en outre mer et qui sera réédité cette année,  information donnée par l’auteur. Boualem Sénouci a aussi une autre vocation, celle de compositeur de chansons.  Il a composé la quasi-totalité des chansons de feu Cheikh El-Mehdi, un enfant de son patelin.  Comme grand rendez-vous culturel, le poète Boualem Senouci présentera son dernier livre en se produisant au théâtre régional de Béjaïa le 16 février courant dans le cadre du café littéraire. Pour la promotion de son dernier OPUS il compte organiser une vente dédicace le même jour.
L.Beddar

Mali : l’express de Bamako publie la liste des membres du MNLA " à abattre "

Mali : l’express de Bamako publie la liste des membres du MNLA " à abattre "

05/02/2013 - 15:21

BAMAKO (SIWEL) — L’express de Bamako, un journal malien, a publié la liste des membres du MNLA à abattre. L’article appelant au meurtre des membres du MNLA a été repris par un autre journal malien en ligne (maliweb.net) où il est clairement mentionné que « Mort ou vif, chaque membre de cette organisation machiavélique tué ou arrêté est une bénédiction pour la Nation », et l'on s'étonne que le MNLA "s'entête" à vouloir sortir la tête de l'eau et à préserver autant qu’il le peut la vie de tout un peuple, quand bien même il aurait la planète entière contre lui.


Les membres du Conseil transitoire de l'Etat de l'Azawad (CTEA) à Gao le 07 juin 2012 (PH/DR)
Les membres du Conseil transitoire de l'Etat de l'Azawad (CTEA) à Gao le 07 juin 2012 (PH/DR)
Cet article illustre parfaitement le vrai visage de la « cohabitation malienne ». C'est ce visage que le Mali officiel oppose, depuis 1960à ce jour au « Nord », c'est-à-dire l’Azawad. Et l'on ose nous dire que la "sécurité des civils" relève d'abord des "autorités maliennes", autant dire que c'est de nouveau la porte ouverte au renouvellement des tragédies. Combien de massacres, d’accords, de combines, de trahisons, de spoliation et d’exil depuis 1960, de « rébellion » en « rébellion », et l'on s'étonne que le MNLA "s'entête" à vouloir sortir la tête de l'eau, à ne plus croire aux beaux discours et à privilégier la preuve par les actes et non par le discours.
Pour ce qui est du MNLA, et plus largement de toutes les "rébellions" touarègues, on ne peut décemment les accuser de massacre ethnique et personne ne les a jamais entendus faire d’appels au meurtre contre une communauté, comme cela se fait régulièrement et ouvertement dans la presse malienne. Les organisations des droits de l'homme et le doit international ont eu des comptes à demander à toutes les parties engagés dans ce conflit à l'exception du MNLA qui n'a commis aucun acte racial ou de vengeance et qui n'a violé aucune loi puisque le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes est "théoriquement" reconnu et protégé par les institutions internationales. Plus personne n'est suffisamment naïf au point de croire que les lois sont établies pour être respectées mais il n’st pas besoin non plus de beaucoup réfléchir pour comprendre le combat d’un peuple qui refuse de se se laisser livrer à son bourreau.

Pour montrer à la face du monde la « réalité malienne » et garder trace du vrai visage de la fraternité malienne depuis 1960, l’intégralité de l'article a été copiée dans le cas où il y aurait quelques « tardives censures » à cet édifiant article déjà visité par 4673 lecteurs assidus.

4673 personnes ont été appelées, en toute transparence, à venger « la mémoire des militaires égorgés, la grandeur de la République et la dignité et l’honneur du peuple Malien » avec comme devise : « Mort ou vif, chaque membre de cette organisation machiavélique tué ou arrêté est une bénédiction pour la Nation ». Qui dit mieux ? les commentaires de certains lecteurs sont à la hauteur et parfois surpassent même l’article.

nbb,
SIWEL 051521 FEV 13

Article publié dans "L’express de Bamako" et repris par "maliweb.net " dont voici le lien :

Ci-dessous l’article :
La liste des membres du MNLA : Des traitres à abattre pour la République
4 fév 2013 Rubrique: Nation, Nord-Mali
Mise à jour: 13:27 GMT, Bamako, 55 réactions

C’est dans un communiqué comique que les traitres de la République ont procédé à la nomination des membres officiels du Mouvement National pour la Libération de l’Azawad (MNLA). Ces hommes et ces femmes constituent les véritables criminels qui ont lancé les toutes premières attaques contre l’Etat Malien en exécutant des militaires maliens a Aguelhok, Tessalit et les autres localités du Mali occupées par leurs soins.

Pour la mémoire des militaires égorgés, la grandeur de la République et la dignité et l’honneur du peuple Malien, continuons de traquer ces traitres jusqu’au dernier. C’est la seule manière de débarrasser notre pays pour de bon des vermines de leur espèce pour une bonne collaboration avec nos frères et sœurs Touaregs et Arabes de bonne souche.
Mort ou vif, chaque membre de cette organisation machiavélique tué ou arrêté est une bénédiction pour la Nation.

Moussa KONDO


1. Chargé de la Défense et des Relations Militaires : Colonel Mohamed Ag Najim
2. Chargé de la Sécurité Intérieure : Monsieur Sidi Mohamed Ag Saghid
3. Chargé de la Justice : Monsieur Assayid Ben Bella
4. Chargé des Affaires Etrangères : Monsieur Ibrahim Ag Mohamed Assaleh
5. Chargé de l’Administration du Territoire : Monsieur Alla Ag Elmehdi
6. Chargé de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme : Monsieur Mahmoud Ag Aghaly
7. Chargé de l’information et de la Communication : Monsieur Mossa Ag Attaher
8. Chargé de la Santé : Monsieur Abdoul karim Ag Matafa
9. Chargé des Droits de l’Homme : Monsieur Moussa Ag Acharatoumane
10. Chargé de la Prédication et de l’Orientation Islamique: Monsieur Mossa Ag Mohamed
11. Chargé des Anciens Combattants et des Familles des Martyrs : Monsieur Youssouf Ag Acheickh
12. Chargé de l’Energie et des Mines : Monsieur Ahmed Mohamed Ag Aguidy
13. Chargé des Affaires Juridiques : Monsieur Habaye Ag Mohamed
14. Chargé des Finances : Monsieur Altanata Ag Ebalagh
15. Chargée de la Femme, de l’Enfant et de la Famille : Madame Lalla wallet Mohamed
16. Chargé des Transports et des Routes: Monsieur Sidaghmar Ould Ahwaïssine
17. Chargé de l’Elevage et des Ressources Animales : Monsieur Ghabdy Ag Mohamed Ibrahim
18. Chargé de l’Environnement et de la Protection de la Nature : Monsieur Baye Ag Diknane
19. Chargé de la Jeunesse et des Sports: Monsieur Salah Mohamed Ahmed Abba
20. Chargé des télécommunications : Colonel Assalat Ag Haby
21. Chargé de l’Agriculture et des Ressources Piscicoles: Monsieur Abdoulaye Seydou Dicko
22. Chargé des Chefferies Traditionnelles et de l’Autorité Coutumière : Monsieur Mohamed Ousmane Ag Mohamedoune
23. Chargé des Domaines et Biens Publics : Colonel Hassane Ag Fagaga
24. Chargé du Plan et de la Statistique : Monsieur Ambeïry Ag Rhissa
25. Chargé de l’Eau : Monsieur Mohamed Zeyni Aguissa Maïga
26. Chargé du Commerce : Monsieur Akli Iknane Ag Souleymane
27. Chargé de la Cohésion Sociale et de la Réconciliation Nationale : Monsieur Mohamed Ag Intalla
28. Chargée de l’Action Humanitaire et des Réfugiés : Madame Nina Wallet Intalou
29. Chargé de l’Economie : Monsieur Zeïd Ag Kiri
30. Chargé de l’Emploi et de la Formation Professionnelle : Colonel Mohamed Rhissa Ag Mohamed Assaleh
31. Porte-Parole de la Présidence du CTEA: Monsieur Hamma Ag Sidahmad
Article 2 : Le CTEA est l’organe exécutif du MNLA, chargé de la mise en œuvre de la politique intérieure et extérieure de l’Etat de l’Azawad.
Article 3 : En fonction des besoins, le CTEA, peut être élargi à d’autres compétences de l’Azawad pour la prise en charge de certaines préoccupations.
Bilal Ag Acherif, Le Secrétaire Général du MNLA, Président du CTEA


SOURCE: L'Express de Bamako du 4 fév 2013.


Article publié dans "L’express de Bamako", repris par "maliweb.net ".
http://www.maliweb.net/news/la-situation-politique-et-securitaire-au-nord/2013/02/04/article,124676.html http://www.maliweb.net/news/la-situation-politique-et-securitaire-au-nord/2013/02/04/article,124676.html

mardi 5 février 2013

Sahel – Mali : Vers une recomposition politique.


Sahel – Mali : Vers une recomposition politique.

Rédigé le Mardi 5 Février 2013

La visite officielle de François Hollande à Tombouctou et Bamako a sonné le glas du « Mali d’avant ». De ce conflit, dans lequel le Président français a pris le risque d’engager son armée pour démanteler les bases du terrorisme international regroupées autour d’AQMI en Azawad, il sortira une donne politique nouvelle.



 L’Afrique du Nord est un espace géopolitique majeur pour l’Europe. Si les populations y sont très majoritairement concentrées sur les rivages de Méditerranée, les enjeux économiques s’en situent pour beaucoup au cœur du désert, comme on l’a vu avec les événements tragiques d’In Amenas, dans le Sahara algérien.  

Cette réalité fait du Sahel, c’est-à-dire les territoires habités au sud du Sahara, un espace géopolitique essentiel. Et des populations Touareg qui y vivent, à cheval sur tous les Etats de la région, Niger, Mali, Burkina Faso, Algérie et Libye, avec une connaissance multi-séculaire des routes du désert, une réalité incontournable. 

Les Touaregs font partie de l’ensemble culturel berbère/amazigh, dont la présence se répartit dans différentes régions d’Afrique du Nord, et qui sont unifiés par un drapeau, et une langue, le Tamazight, ou Tamashreq pour le dialecte qui est parlé par les populations touarègues. Kabylie, Rif, Adrar Nefoussa, Aures, Atlas marocain, Azawad, etc… les noms des régions berbérophones résonnent comme autant de luttes anti-colonialistes, ou, plus tard, de révoltes contre les dictatures post-coloniales, en Algérie, comme récemment en Libye et au Mali. 

Les peuples imazighen sont les héritiers des populations d’origine de l’Afrique du Nord, dont la grande figure emblématique au 5ème siècle, Saint Augustin –l’auteur du désormais fameux « sermon sur la chute de Rome »-, a rayonné dans toute la chrétienté. L’islamisation de l’Afrique du Nord a commencé dès le 8ème siècle, puis elle s’est progressivement accompagnée d’une arabisation généralisée, à l’exception des populations plus retirées. 

C’est pourquoi la culture berbère/amazigh est restée vivace avant tout dans des zones montagneuses, ou auprès des nomades vivant sous un mode tribal. 
La corrélation entre un islam fondamental et une arabisation de l’espace socio-culturel est une réalité qui est toujours d’actualité. Elle explique pourquoi les grandes monarchies arabes, notamment le Qatar ou l’Arabie Saoudite, ont soutenu financièrement les mouvements intégristes. Et elle explique aussi pourquoi les peuples imazighen, qui adhèrent à un droit coutumier ancestral, très éloigné de la charia, sont moins religieux, et donc mieux armés pour refuser les dérives extrémistes. 

Cependant, depuis l’indépendance, l’arabisation de ces populations est restée la priorité des Etats centraux, au Maroc, en Algérie, en Libye. Quant aux Touaregs, rattachés pour la plupart d’entre eux à des Etats post-coloniaux africains, à population majoritairement noire, ils vivent une marginalisation très vive depuis 50 ans et la fin de la colonisation française. C’est particulièrement le cas au Mali. 

C’est cette marginalisation que les « rebelles touarègues » (les Etats post-coloniaux ont gardé les mots des anciens colonisateurs) combattent depuis un demi-siècle. 

Le MLNA est l’héritier politique incontestable de cette tradition de lutte. L’Etat central malien a très souvent apporté la preuve que la résistance touarègue était pour lui un ennemi prioritaire par rapport aux djihadistes, et il aessayé d’entrainer la France dans cette dérive. Les exactions commises par l’armée malienne contre les populations touarègues dans le sillage de l’armée française, en est l’expression. C’était là un risque majeur pour François Hollande, et ses déclarations, comme les précautions prises pour poursuivre l’offensive vers Kidal, là où les Touaregs sont majoritaires, semblent montrer qu’un message essentiel est passé. 
Il semble en effet que le MLNA soit considéré désormais comme un interlocuteur, et qu’il soit mis à contribution pour lutter sur le terrain contre AQMI, MUJAO et Ansar Dine. 
Cela ne pourra rester sans conséquence politique au moment où va se discuter la nature du futur Etat malien. Le projet indépendantiste a toujours été mis en avant par les militants du MLNA comme une réponse à l’agressivité et l’incurie de l’Etat malien qui campe sur une vision centraliste d’un Etat unitaire à la française. Ce serait un apport incontestable de l’Union Européenne si elle pouvait peser pour inspirer un modèle d’organisation territoriale différent, tel qu’il existe en Europe, mais ailleurs qu’en France. 

C’est, parmi d’autres, une raison essentielle pour impliquer davantage l’Europe dans l’étape qui suivra la fin des opérations militaires, celle de la construction d’une paix durable pour toute la région. 

François ALFONSI 
Groupe Verts/Alliance Libre Européenne 
Parlement européen 

Un besoin urgent de développement | Tamurt.info - Votre lien avec la Kabylie

Village Aït-Irane de la commune d’Aït-Bouadou :

Un besoin urgent de développement

De Tizi-Ouzou, Saïd Tissegouine
De l’aveu de ses habitants et de leurs représentants, cette visite officielle est la première depuis l’indépendance de l’Algérie. Aït-Irane est sis seulement à 35 Km au sud-ouest du chef-lieu de wilaya mais culmine toutefois à 900 mètres d’altitude. C’est un petit village qui se trouve au pied même de la montagne du Djurdjura.
05/02/2013 - 00:05 mis a jour le 04/02/2013 - 23:34 par Saïd Tissegouine

Accompagné des directeurs des travaux publics (DTP), des mines et de l’industrie (DMI) et du représentant de la direction du logement et des équipements publics (DLEP), le président de l’APW de Tizi-Ouzou, M. Haroun Hocine a, à l’occasion de sa première sortie officielle sur le terrain, choisi de se rendre hier au village Aït-Amrane, dans la commune d’Aït-Bouadou, daïra des Ouadhias.
De l’aveu de ses habitants et de leurs représentants, cette visite officielle est la première depuis l’indépendance de l’Algérie. Cependant, pour s’y rendre, il avait fallu au président de la première institution élue de la wilaya de Tizi-Ouzou et la délégation l’accompagnant ainsi que Tamurt.info affronter une violente tempête de neige. Pourtant, Aït-Irane est sis seulement à 35 Km au sud-ouest du chef-lieu de wilaya mais culmine toutefois à 900 mètres d’altitude. C’est un petit village qui se trouve au pied même de la montagne du Djurdjura. Delà, on comprend alors le climat rigoureux auquel il fait face et son statut de village « éternellement » oublié.
L’accueil de la délégation a été chaleureux. Cependant, pour les besoins de la réunion afin de signaler tous les manquements, seule la petite mosquée pouvait offrir un abri. Oui, les participants aux travaux de cette rencontre, ont été obligés de « voler » aux fidèles leur espace de prières et de dévotions.
Tandis que dehors, les flocons de neige tombent par rafales, à l’intérieur de la mosquée, les doléances fusent. C’est le président du comité du village, Merzouk Aïgoun, qui fait lecture des besoins de ses concitoyens en matière de développement. Les besoins exprimés sont au nombre de dix dont l’élargissement et le revêtement menant vers leur village, l’ouverture de pistes pour assurer la communication avec les villages voisins, les conduites d’assainissement, l’approvisionnement en eau potable (AEP), le gaz naturel, la construction d’une décharge publique, la réalisation de logements sociaux, une aire de jeux, un centre de santé, une mosquée plus spacieuse pour accueillir les fidèles. Les doléances ont été exprimées de la manière des plus humbles. « Aidez-nous dans la mesure du possible », ont demandé les habitants d’Aït-Irane par la voix de leur président de comité de village.
Pour la question d’assiette foncière, le problème ne se pose aucunement, ont déclaré ces citoyens algériens habitant au pied de la montagne du Djurdjura. « Les terrains dont nous disposons peuvent accueillir largement toutes les infrastructures et tous les équipements publics qui nous manquent tant », ont déclaré solennellement les villageois d’Aït-Irane.
Une fois leurs besoins et dispositions exprimés, les représentants de l’Etat prennent la parole à leur tour. C’est le président d’APC de Tizi-N’tlatha qui prend la parole le premier pour faire le bilan de ce qui a été fait et qui reste à faire. « En matière de Gaz naturel, dit-il, une conduite de pas moins de 60 Km a été réalisée ; il nous reste un tronçon de 42 Km ». Question de routes, l’intervenant signale que sur le plan d’élargissement, l’opération a été toujours faite jusqu’à présent dans le cadre du bénévolat. Toutefois, le premier magistrat de la commune d’Aït-Bouadou rassure qu’en matière de bitumage, l’étude a été finalisée ». En ce qui le concerne, le président de l’APW a rassuré les habitants d’Aït-Irane que désormais leurs besoins en matière de développement seront pris en charge par l’Etat. « C’est pour régler vos problèmes que nous sommes ici aujourd’hui même si les intempéries, comme vous le constatez, nous contrarient un peu » .
Pour le Directeur des Mines et de l’Industrie, il a souligné que ses services ont assuré le raccordement à l’ensemble de la commune d’Aït-Bouadou. « Il nous reste, poursuit le DMI, onze villages dont Aït-Irane à raccorder. Et je vous promets que je veillerai à ce que le Gaz naturel alimente vos foyers le plus tôt possible ». Enfin, le premier responsable de mines et de l’industrie de la wilaya de Tizi-Ouzou déclare que « si le village d’Aït-Irane est le plus pauvre de la wilaya comme il se dit, il n’en demeure pas moins que c’est le plus beau ».
S’agissant du premier responsable des travaux publics de la wilaya, il a tenu à rappeler à l’assistance que ses services ont seulement la compétence de s’occuper et de s’investir dans les routes nationales et départementales. « S’il est vrai que je suis dans l’impossibilité de vous faire une promesse quelconque en ce qui vous sollicitez, je puis vous rassurer cependant que je n’épargnerai aucun effort pour trouver une solution idoine à votre besoin en matière de cette infrastructure routière ».
S’agissant enfin du représentant de la DLEP, il a affirmé que « dès lors le problème d’assiette foncière ne se pose pas, votre demande en matière de logements et autres équipements publics ne peut être que satisfaite ». Cet intervenant a rassuré ses interlocuteurs que la DLEP jouit d’un quota non négligeable en matière de bâtiments publics et autres bâtisses à caractère d’habitation ».
La réunion de travail a pris fin. Cependant, la rencontre entre habitants d’Aït-Irane et leurs hôtes se poursuivit. En effet, après cette réunion de travail, les hôtes de ce village « le plus pauvre mais le plus beau » furent conduit à la cantine de l’école primaire où ils se sont vus servir repas.
Addenda : Le village d’Aït-Irane comptait à la veille du déclenchement de la guerre de libération nationale 140 habitants. A l’indépendance de l’Algérie, son martyrologe a comptait 24 martyrs. En 1957, Aït-Irane, pour avoir embrassé activement le FLN, fut sévèrement bombardé par l’aviation militaire française. Non seulement, il fut bombardé mais ses habitants furent évacués vers le village voisin appelé Aït-Maâlem. Au 19e siècle, lors de l’invasion de la Kabylie par la France, le village d’Aït-Irane a fourni aussi des résistants. Ils ont répondu aux appels au Djihad lancés par Fadhma N’soumeur, Cheikh Aheddath et Cheikh El-Mokrani. Beaucoup d’hommes et de femmes étaient tombés en martyrs et beaucoup d’autres ont connu aussi le bagne pour avoir rejeté l’autorité de la France coloniale. L’histoire héroïque du aârch d’Aït-Bouadou d’où dépend Aït-Irane a été racontée brièvement par le premier vice-président de l’APC d’Aït-Bouadou, M. Chabane Chaouch.

lundi 4 février 2013

Conférence-débat de Ferhat Mehenni le 05 Mars à l'Université de Rouen

04/02/2013 - 00:52

ROUEN (SIWEL) — Le président de l'Anavad, le Gouvernement Provisoire Kabyle, M. Ferhat Mehenni, animera une conférence-débat sous le thème « La France et la fin des frontières dans les pays décolonisés », à la Maison de l'Université de Rouen, le 05 Mars 2013 à 16h. D'autres activités sont prévues à l'occasion.


Conférence-débat de Ferhat Mehenni le 05 Mars à l'Université de Rouen
A la lumière de l'intervention militaire française au Mali, l'auteur de l'Essai « Le Siècle Identitaire - la fin des Etats post-coloniaux » évoquera avec un regard nouveau les rapports de la France avec ses anciennes colonies et reviendra sur les dangers du « statu quo géopolitique » promu, voir imposé, par les grandes puissances et par l'ONU aux pays décolonisés.
Une projection d'un court-métrage «La marche d'un peuple» sur les évènements sanglants du printemps noir kabyle de 2001 aura lieu à 15h30, juste avant le début de la conférence.

Une vente-dédicace du livre « Le Siècle Identitaire - La fin des Etats post-coloniaux » est prévue à la fin de la conférence à la brasserie Le Guillaume, au centre ville de Rouen.

L'un des organisateurs estime « qu'avec la crise malienne et la question de l'Azawad, c'est le moment propice pour donner la parole à un homme qui ne cesse depuis quelques années déjà d'alerter le monde sur le sort des peuples qui vivent encore sous l'oppression de leurs propres Etats respectifs et qui ne cesse d'interpeller les puissants de ce monde en général et la France en particulier à assumer leur responsabilité historique en anticipant des conflits sanglants dans les pays décolonisés, avant que cela ne soit trop tard ».

mld
SIWEL 04 0123 FEV13

samedi 2 février 2013

Des affairistes se partagent des milliards | Tamurt.info - Votre lien avec la Kabylie

Théâtre régional de Tizi Wezzu

Des affairistes se partagent des milliards

Syfax N’Ath Wezguen pour Tamurt.info
Cet établissement se transforme inexorablement en un lieu de rencontres des affairistes qui n’ont malheureusement aucun souci pour perpétuer le combat et le travail des grands artistes qui ont fait de l’art et des planches kabyles une fierté incontournable, même au-delà des frontières.
02/02/2013 - 11:09 mis a jour le 02/02/2013 - 12:01 par Syfax N’Ath Wezguèn

Baptisé en grande pompe, au nom de l’illustre romancier et dramaturge Kateb Yacine, le théâtre régional de Tizi Wezzu est en passe de devenir tout sauf un espace pour servir le quatrième art. Lamentable.
Cet établissement se transforme inexorablement en un lieu de rencontres des affairistes qui n’ont malheureusement aucun souci pour perpétuer le combat et le travail des grands artistes qui ont fait de l’art et des planches kabyles une fierté incontournable, même au-delà des frontières. Et si Mohya revenait de sa tombe, il aura constaté que son noble combat pour un théâtre libre et digne de ce nom a été malheureusement vain.
Le Théâtre kabyle se voit dangereusement délogé de ses structures. L’exemple le plus édifiant à plus d’un titre, est la troupe oranaise qui avait récemment représenté le Théâtre Régional de Tizi Wezzu au festival national du théâtre professionnel.
Cela explique amplement et avec beaucoup de clarté que Tizi Wezzu est devenue, héla, une « mangeoire culturelle » pour des personnes sans vergogne qui sont au théâtre ce que la garantita est à la gastronomie.
Sinon, comment peut-on expliquer que les membres du conseil artistique du théâtre régional de Tizi Wezzu se partagent le gâteau lorsqu’il s’agit de subventionner des œuvres théâtrales ? Des personnes étrangères à la Kabylie ont toutes les souplesses possibles pour dénicher des enveloppes conséquentes afin de réaliser des pièces qui sont souvent présentés dans une salle clairsemée. Le public boude continuellement ces activités « archaïques ». Des dramaturges fantoches empochent des milliards, alors que des artistes honnêtes sombrent dans la misère totale et l’anonymat.
Des personnes d’autres régions d’Algérie comme Oran s’accaparent la part du lion du budget pour réaliser des navets avec la complicité d’une incompétence caractérisée. Un dessinateur installé sans aucun critère à la tête de l’établissement a été limogé quelques mois plus tard pour des raisons que nous dévoileront prochainement. Nous y reviendrons avec plus de détails (limogeage du directeur, attribution des enveloppes financières pour la réalisation des pièces, des détails intéressants sur le parcours des membres du conseil artistique du théâtre régional de Tizi Wezzu).
Syfax N’Ath Wezguen

Le chef de daïra de Tigzirt veut empêcher une marche des artistes pour l’environnement | Tamurt.info - Votre lien avec la Kabylie

Tizi Wezzu
Cette petite ville côtière de la Kabylie maritime devait accueillir, à l’initiative du Club Assirem du village Attouche de la localité de Makouda, des sportifs et des artistes dont Ali Ideflawen, Karim Abranis du mythique groupe Les Abranis et Si Moh qui vont prendre part à une marche pour l’environnement. L’initiative est plus que louable pourtant, mais le petit Pinochet, vient d’opposer son veto sans aucune raison apparente.
31/01/2013 - 12:43 mis a jour le 31/01/2013 - 12:43 par Izem Irath

Le régime central d’Alger contrôle le moindre mouvement de la société civile en Kabylie. Rien ne lui échappe. Les élus locaux, pourtant choisis par la population locale, n’ont aucun mot à dire. Le cas de la décision du chef de daïra de Tigzirt, au nord de Tizi wezzu, est le plus illustrant. En effet, ce commis de l’état, pourtant dernier maillon de la chaîne, vient d’interdire d’une manière indirecte en exigeant une autorisation de la wilaya, une petite manifestation culturelle et écologique prévue pour samedi prochain.
Cette petite ville côtière de la Kabylie maritime devait accueillir, à l’initiative du Club Assirem du village Attouche de la localité de Makouda, des sportifs et des artistes dont Ali Ideflawen, Karim Abranis du mythique groupe Les Abranis et Si Moh qui vont prendre part à une marche pour l’environnement. L’initiative est plus que louable pourtant, mais le petit Pinochet, vient d’opposer son veto sans aucune raison apparente.
Un programme très riche mais aussi varié a été concocté par les jeunes militants très actifs et dynamiques que des esprits mal éclairés veulent briser. Leur volonté bute sur le refus brutal et froid de l’administration locale. Une administration qui ne tolère le moindre geste à l’action initiée en dehors du cercle du pouvoir. La manifestation purement culturelle et environnementale est organisée dans le cadre de la série de la célébration du nouvel an Berbère, 2963. Il est prévu, en outre des activités sportives, une conférence sur la protection de l’environnement sera animée par des écologistes et des spécialistes en la matière et une marche à laquelle sont conviés plusieurs artistes Kabyles à l’issue de laquelle est prévue la plantation de plusieurs arbres mais aussi lâcher dans la nature quatorze chardonnerets, oiseau menacé de disparition. Des activités et des animations qui ne peuvent qu’apporter du bien à une région qui croule sous les ordures et où dame nature et plus que jamais menacée.
Pourquoi ce chef de daïra, connu pour ces excès de zèle, est-il contre une initiative pareille ? Peut-être le Club Assirem du village Attouche ne fait pas partie des associations satellites qui soutiennent Bouteflika et son régime. Il est cependant à signaler que les organisateurs font fi de cette interdiction : ils comptent bel et bien organiser la marche, avons-nous appris auprès de ces derniers. Izem Irath

L’indépendance de la Kabylie n’est pas d’actualité au MAK | Tamurt.info - Votre lien avec la Kabylie

Conseil national du MAK à Ath-Hemdun (Tuvirett)
C’est au niveau du village d’Ath-Hemdun à Tuvirett (Bouira) que les membres du conseil national du Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie (MAK) se sont réunis en session ordinaire, en ce vendredi 1er février.
01/02/2013 - 20:42 mis a jour le 01/02/2013 - 22:10 par Aziz Ait-Amirouche

Les travaux du conseil national du Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie (MAK) ont été présidés par M. Mouloud Mebarki, président du conseil national. Lors de cette session organique, l’occasion était donnée au MAK de faire le point sur les dernières activités politiques, la situation organique du MAK, l’état d’évolution des travaux de la commission préparatoire du congrès national Kabyle (CNK), les perspectives et les marches populaires du 20 avril prochain.
Abordant la situation organique et financière du MAK, le président M. Bouaziz Ait-Chebib dressait un bilan des activités que sa formation avait enregistrées durant le dernier trimestre. Il a tenu à rendre hommage au conseil universitaire de Tizi-Wezzu et celui de Bgayet pour l’organisation des deux marches populaires à l’occasion de Yennayer. Cependant le président du MAK insiste sur le fait que la date du 12 janvier qui coïncide avec le nouvel an Amazigh n’est pas une date folklorique mais une étape importante dans notre lutte.
Le président du MAK, M. Bouaziz Ait-Chebib en évoquant le projet politique de sa formation, rappelle que son mouvement ne revendique pas l’indépendance de la Kabylie. Il dira que "le deuxième congrès du MAK avait prôné l’autodétermination de la Kabylie et nous respectons les résolutions de l’échéance organique suprême du MAK", avant de rajouter que "quelque soit la nature du débat autour de l’indépendance de la Kabylie, il s’effectuera en dehors des instances du MAK, si ce débat est engagé". Dans la même lancée, le président du MAK rappelle que sa formation autonomiste s’inscrit dans la lutte pacifique pour faire aboutir ses revendications militantes.
Par la suite, un débat interne a été engagé entre les membres du conseil national. Les intervenants sont revenus sur l’interdiction de la marche populaire du 12 janvier dernier, au niveau de Tizi-Wezzu par les services d’ordre. Le président du conseil national en prenant la parole a nié catégoriquement toute forme de divergence entre les membres de la direction du MAK. Il rajoute que les cadres du MAK travaillent ensemble de façon solidaire et fraternelle afin de faire avancer le projet politique de la formation autonomiste.
S’agissant des perspectives du MAK, les membres du conseil national ont débattu des potentialités de la réussite des marches populaires prévues le 20 avril prochain, ainsi le conseil national a approuvé à l’unanimité l’organisation de trois (03) marches populaires, au niveau de Tizi-Wezzu, Tuvirett (Bouira) et Vgayet.
En ce qui concerne le congrès national kabyle (CNK), les cadres du MAK ont mis l’accent sur le rôle et les objectifs du CNK. Rappelons qu’une commission de préparation du CNK a été mise en place lors du deuxième congrès du MAK. Elle est présidée, par M. Hachim Mohand Ouamar. Celui-ci avait rappelé la nécessité du congrès national Kabyle comme un espace de débat, de réflexion et d’action. Il est ouvert pour tous les kabyles qui croient à la nation Kabyle et aux kabyles en tant que peuple.
Aziz Ait-Amirouche