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jeudi 20 décembre 2012

La langue kabyle a sa place à la Faculté des lettres de Mulhouse | Tamurt.info - Votre lien avec la Kabylie


La diversité linguistique est de mise. Chacun des membres se doit de lire ou réciter un ou plusieurs poèmes dans sa langue maternelle. C’est un véritable tour du monde linguistique ou tous les parlers se côtoient.Le poème est par excellence l’image d’une culture et permet de faire ressortir sa quintessence. La culture kabyle de nature orale est bien représentée à travers la poésie.
20/12/2012 - 22:28 mis a jour le 20/12/2012 - 22:52 par Louisa D.
L’association de culture berbère 68 ne manque pas une occasion de faire rayonner la langue kabyle. Membre du club de poésie de la faculté des lettres de Mulhouse depuis trois années, elle participe régulièrement aux lectures de poèmes qui ont lieu mensuellement.
La diversité linguistique est de mise. Chacun des membres se doit de lire ou réciter un ou plusieurs poèmes dans sa langue maternelle. C’est un véritable tour du monde linguistique ou tous les parlers se côtoient.
Le poème est par excellence l’image d’une culture et permet de faire ressortir sa quintessence. La culture kabyle de nature orale est bien représentée à travers la poésie.
L’ACB 68 puise ses lectures dans les divers ouvrages tels que les recueils de poèmes anciens de Mouloud Mammeri, de Malek Ouary qui sont de véritables trésors de sauvegarde du patrimoine culturel kabyle. Plus actuels les poèmes de Ben Mohamed chantés par Idir ou ceux du célèbre poète Lounis Aït Menguellet sont aussi lus et traduits.
Merci à l’initiateur de ce club de poésie, Yann Kerdilès, doyen de la faculté des lettres et amoureux des langues du monde.
INFO :
Cours de langue kabyle à l’Université Populaire de Mulhouse à partir de Janvier 2013. Deux niveaux d’enseignement seront proposés : débutants et continuants. Inscriptions : Tél : 03 89 46 48 48 contact@universitepopulaire.fr
PROCHAINES RENCONTRES :
- Célébration de Yennayer : dimanche 20 janvier 2013 15h à Mulhouse avec Malik Belili en concert au PAX. 03 89 52 34 04
- Soirée diapos/débat : -Les Berbères : au delà des montagnes, des Hommes éclairage sur une histoire plusieurs fois millénaire, mal connue. -La Kabylie : entre mer et montagne, voyage en diapos au cœur d’une région berbère Centre culturel Bel Air Mulhouse, jeudi 14 février 2013 20h Contact ACB 68 : acbmulhouse@aol.com03 89 43 57 71
Louisa D
Association de Culture Berbere Mulhouse

Nouvelle répression contre les militants du MAK à At Wagenun


Nouvelle répression contre les militants du MAK à At Wagenun

20/12/2012 - 21:32

TIQUVΣIN (SIWEL) — Les militants du mouvement pour l'autonomie de la Kabylie subissent répression sur répression. Après l'interdiction puis la répression du rassemblement du mouvement autonomiste kabyle à Tizi-Ouzou, c'est au tour de la coordination d'At wagenun qui organise un meeting populaire à Tiquvзin d'être inquiétée par les forces algériennes de répression. Les Citoyens du chef lieu de Tiquvзin sont immédiatement venus au secours des militants encerclés par la police qui a du quitter les lieux sans pouvoir embarquer personne.


Police algérienne à l'oeuvre.PH/DR
Police algérienne à l'oeuvre.PH/DR
Les militants de la Coordination MAK d'At Wagenun ont subi aujourd'hui les assauts de la police algérienne .Ils étaient en train d'afficher l'appel au meeting du MAK prévu le 27 décembre à 16h dans le chef lieu de Tiquv3in quand la police les a encerclés. Les militant autonomistes ont faillit être embarqués pour défaut d'autorisation d'affichage dans leur propre localité. 

Fort heureusement, la nouvelle ayant rapidement fait le tour de la localité, c'est en masse que les citoyens de Tiquvзin se sont regroupé autour des militants du MAK, encerclant à leur tour le cordon de policiers venus les embarquer. Venus au secours des militants du MAK, ils ont exigé des policier de quitter immédiatement les lieux en leur assurant que le meeting du MAK allait avoir lieu dans leur village sans le consentement des autorité d'Alger. 

La direction du MAK, contactée par SIWEL a condamné cette énième répression contre ses militants et a tenu à remercier chaleureusement la population de Tiquv3in qui a fait preuve d'un patriotisme kabyle exemplaire digne du "nif kabyle". 
La direction du MAK appelle par ailleurs les citoyens Kabyles à la vigilance face aux multiple provocations du régime raciste d'Alger. 

zp, 
SIWEL 202132 DEC 12 

La Coordination MAK d'At Wagenun organise un meeting populaire le 27 décembre à 16h à Tiquvзin pour: 

• Dénoncer la politique d’arabisation du pouvoir raciste en Kabylie. 
• Exiger le droit du peuple kabyle à son autodétermination. 
• Soutenir nos frères Amazighs de L’AZAWAD. 

l'Appel de la coordination d'At wagenun en PDF 

France-Algérie : La Kabylie au cœur de l’éternel malentendu


France-Algérie : La Kabylie au cœur de l’éternel malentendu

20/12/2012 - 15:25

PARIS (SIWEL) — « En tant que Kabyles, nous regardons amusés la patrie des droits de l’homme, cette ancienne " fille ainée de l’Église ", toujours nostalgique d’orientalisme, incapable de comprendre que la créature qu’elle a engendrée, soit si dévorée par la passion islamiste et la haine de sa génitrice. En attendant, M. Manuel Valls, M. Laurent Fabius et, aujourd’hui M. François Hollande peuvent toujours se rendre à Alger où les doléances qu’on leur présente sont généralement aux antipodes des valeurs de la France. » conclue le président du Gouvernement provisoire kabyle, Ferhat Mehenni dans l’opinion que nous publions ci-après.


Ferhat Mehenni, président du Gouvernement provisoire Kabyle (Anavad).PH/DR
Ferhat Mehenni, président du Gouvernement provisoire Kabyle (Anavad).PH/DR
Opinion 

Par Ferhat Mehenni* 

France-Algérie 
La Kabylie au cœur de l’éternel malentendu 

Les relations franco-algériennes peuvent-elles, un jour, se normaliser ? On peut toujours en rêver. Près de 50 ans après la décolonisation, la défiance entre Alger et Paris reste telle que la photo de famille trône toujours, côté algérien, sur le bureau des rancœurs et côté français sur celui de l’incompréhension et du malentendu. On se souvient que pour M. Kouchner, exaspéré, il y a lieu de faire le deuil de cette possibilité, au moins jusqu’à la fin de la génération de la guerre d’Algérie. Le ministre algérien des Affaires étrangères, M. Medelci, interviewé le 25/10/2010 sur la télévision satellitaire « Canal Algérie »a préféré de son côté incriminer les « erreurs de parcours » de la France. 

Les tensions entre les deux pays sont quasi permanentes. Au-delà des atrocités de la guerre d’indépendance (1954-1962) la menace de criminaliser le passé colonial français par le pouvoir d’Alger met à vif les nerfs de la diplomatie française depuis des décennies. De l’autre côté, Alger ne supporte pas deux éléments de la culture politique française : 1) l’indépendance de la justice française qui a permis, en 2008, de mettre sous contrôle judiciaire un diplomate algérien dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat à Paris en avril 1987 de Me Ali Mecili. 2) la liberté citoyenne dont jouissent les opposants kabyles à Paris où ils ont pu mettre sur pied, le 1er juin 2010, leur Gouvernement provisoire, l’Anavad. 

Depuis la consolidation du régime militaire par le coup d’État de Boumediene en 1965, les relations franco-algériennes n’ont cessé de s’envenimer. Du refus d’entrée du vin algérien sur le territoire français en 1968, à la nationalisation, en février 1971, des hydrocarbures exploitées par des compagnies françaises en Algérie, du déclassement de la langue française dans l’enseignement algérien à la condamnation par la France de l’arrêt du processus électoral par les militaires algériens en janvier 1992, l’implication des militaires algériens dans l’assassinat des moines de Tibehirine (1995), chaque année a connu ses poussées de fièvre entre les deux pays. Cet état de fait a donc une permanence qu’il serait illogique d’attribuer au hasard ou aux caprices de quelques personnes momentanément investies de charges nationales. Les positions respectives, structurées par l’histoire, sont pour partie culturelles et, pour une autre, politiques. 

Certes, au commencement, il y avait la colonisation. La conquête d’Alger en juillet 1830 avait été vécue côté français comme celle du pays de cocagne, du pays des « Mille et une nuits ». Les élites françaises développaient un orientalisme débridé que sublimaient les récits de voyage et les tableaux de peinture, tels ceux de Delacroix. La France du XIXe Siècle croyait sa victoire militaire de nature à lui assurer la régence d’un « royaume arabe ». La reddition de l’Émir Abdelkader en 1848 renforça l’illusion d’une victoire définitive permettant d’y établir pour l’éternité un DOM-TOM français. C’est la conquête de la Kabylie, à partir de 1857, soit près de 27 ans après le débarquement français à Sidi Ferruch, qui va donner des insomnies au gouverneur d’Alger et à Napoléon III. Malgré leur défaite à la bataille d’Icherriden, les Kabyles se réorganisèrent et s’insurgèrent massivement en 1871 et faillirent emporter l’ordre colonial dans leur élan. C’est l’intégration de la Kabylie dans l’Algérie française, à partir de là, qui sera à l’origine de la guerre de décolonisation. L’épisode de 1871 fut un tel point de rupture entre les Kabyles et le régime colonial que les deux parties se traitaient en ennemis jusqu’à l’indépendance de l’Algérie. La colonisation, à tort, n’a jamais cherché à s’allier aux Kabyles qui, chaque jour, ruminaient leur revanche, selon la formule prêtée à Léon Gambetta : « y penser toujours, n’en parler jamais ! ». 

En concevant l’Algérie comme une colonie de peuplement, la France en a élargi le territoire au point d’y inclure de nombreux peuples, particulièrement les Kabyles. Cette diversité identitaire avait aussi pour objectif de ne pas permettre d’union entre les indigènes contre les colons. Les gouvernants de l’époque ne savaient pas que la condition de colonisé suffisait à elle seule pour liguer les autochtones contre un ordre colonial inique. On croyait que le tribalisme et les querelles « ethniques » étaient de solides garanties pour l’ordre établi. On sait aujourd’hui qu’il n’en était rien. 

L’alliance des indigènes contre le colonialisme a eu raison de la colonisation. Ce que l’on ignorait et que l’on continue de ne pas voir c’est que cette alliance n’était que conjoncturelle. À l’indépendance, la lutte pour le pouvoir entre les ex-alliés est sans merci. Héritant d’un pays commun légué par la colonisation, le premier à s’en emparer s’échina coûte que coûte à le garder entier pour en profiter au maximum. Pour cela, il n’y avait pas d’autre choix que la dictature. 

L’angle mort du champ de vision aussi bien de la France que de tous les anciens pays colonisateurs cachait l’inexistence de nation dans beaucoup de pays créés par la colonisation. Il n’y avait pas d’Algérie en 1830, il n’y a pas de nation algérienne aujourd’hui. Il y a une mosaïque de nations opprimées par un seul et même État. Les troubles qui s’y déroulent, les luttes de clans au sommet de l’État, les diverses décisions politiques qui se prennent, les mascarades électorales ont bien souvent pour soubassement des considérations identitaires, voire nationalitaires. 

Les tentatives de réchauffement des relations diplomatiques entre l’Algérie et la France sont, par conséquent, toujours vouées à l’échec. A la demande française d’un minimum de respect de la démocratie et des droits de l’homme, réplique celle d’un renoncement de la France à ses valeurs et à sa laïcité. Quand bien même elle le souhaiterait, l’Algérie est prisonnière de sa base sociale qu’elle nourrit depuis bientôt 50 ans à l’arabo-islamisme et à la haine de la France. Ce dialogue de sourds est celui des couples qui ne regardent plus dans la même direction. L’Algérie se saisit de n’importe quel motif de discorde pour faire payer à la France de lui avoir légué la question Kabyle. 

La lutte quotidienne des Kabyles pour leur survie et leur dignité est celle qui marque au fer rouge, depuis 1962, l’histoire de l’Algérie. Elle ne peut qu’aboutir dès lors qu’au partage du pouvoir se refusent les tenants du régime, de crainte de perdre les leviers de commande. L’idée d’une autodétermination que porte la Kabylie est devenue l’aspiration profonde de son peuple. 

Alors, la meilleure manière de contrer les Kabyles dans leur quête politique de liberté, de laïcité et de respect des droits humains, est de les lyncher médiatiquement de manière permanente, de nourrir la haine contre eux et contre tout ce qui leur est associé : la France, l’Occident, les Juifs et la chrétienté. De ce point de vue, le combat kabyle est aussi celui du monde libre. Les dernières sorties de deux ministres algériens (intérieur et Islam) illustrent avec une pointe de racisme intolérable, l’exaspération d’un pouvoir devant un peuple qui lui tourne définitivement le dos. Le premier accuse la Kabylie de faire le lit d’Al Qaeda, le second, au contraire, de s’évangéliser. Comme si les évangélistes étaient des islamistes et inversement. Ils participent ainsi, chacun à sa façon, à une montée aux extrêmes entre la Kabylie et l’ordre en place. 

La France qui avait méprisé la diversité identitaire des Algériens pendant la colonisation ne peut appréhender, de nos jours, la véritable nature du gouvernement algérien qui la contre depuis le 19 mars 1962. Si, depuis bientôt un demi-siècle, les relations franco-algériennes n’ont pas pu être empreintes d’un minimum de sérénité, il y a lieu de parier que cela ne changera pas de sitôt. 

En tant que Kabyles, nous regardons amusés la patrie des droits de l’homme, cette ancienne « fille ainée de l’Église », toujours nostalgique d’orientalisme, incapable de comprendre que la créature qu’elle a engendrée, soit si dévorée par la passion islamiste et la haine de sa génitrice. En attendant, M. Manuel Valls, M. Laurent Fabius et, aujourd’hui M. François Hollande peuvent toujours se rendre à Alger où les doléances qu’on leur présente sont généralement aux antipodes des valeurs de la France. 

Ferhat Mehenni 
Président du Gouvernement provisoire kabyle, Anavad 

Auteur de 
« Algérie, la question kabyle » aux Éditions Michalon (2004) et , 
« Le siècle identitaire » novembre 2010 chez Michalon Editions 

Document : Le discours du président français devant le Parlement algérien | DNA - Dernières nouvelles d'Algérie


Document : Le discours du président français devant le Parlement algérien

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Le président français François Hollande, dont la visite de deux jours en Algérie s’est achevée dans la soirée, a prononcé jeudi matin un discours devant le Parlement algérien. Dans ce discours très attendu, le chef de l’Etat français qui a refusé de faire acte de repentance ou d’excuses a reconnu officiellement que la colonisation française en Algérie a été un système profondément injuste et brutal. Le texte intégral de son discours.

Monsieur le Président du Conseil de la Nation,
Monsieur le Président de l’Assemblée populaire nationale,
Monsieur le Premier ministre,
Mesdames, Messieurs les Ministres,
Mesdames, Messieurs les Parlementaires.
Vous me faites grand honneur en me recevant ici, en m’accueillant, comme le peuple algérien l’a fait hier. Je mesure l’importance de l’événement, mais aussi la grandeur de l’enjeu ouvrir un nouvel âge dans la relation entre la France et l’Algérie. Ma visite vient dans un moment chargé de sens et de symboles, il y a cinquante ans, l’Algérie accédait à l’indépendance, elle s’arrachait à la France, après une guerre longue de huit ans.
Elle devenait la République algérienne libre et souveraine. Elle conquérait ce droit, ce droit inaliénable, ce droit de pouvoir disposer pour un peuple de lui-même. Cinquante ans, c’est court à l’échelle de l’histoire, et pourtant, quel chemin a été parcouru par l’Algérie depuis 1962. L’Algérie est aujourd’hui un pays respecté sur la scène internationale, qui compte, qui pèse, l’Algérie est un pays dynamique, dont les ressources sont considérables, dont l’économie est en développement, et je mesure ces étapes chaque fois que je viens en Algérie, depuis 1978, lorsque jeune fonctionnaire français, j’étais pour huit mois à l’ambassade de France à Alger.
L’Algérie est un pays jeune, dont la moitié de la population a moins de 26 ans, et donc plein de promesses, l’Algérie est un pays courageux, il l’a prouvé dans son histoire, il l’a prouvé encore plus récemment face à l’épreuve terroriste qu’il a traversée – ce pays – avec dignité et unité. A cette Algérie, fière de son passé, consciente de ses forces, la France, à travers moi, adresse des vœux de prospérité et de réussite.
Mais la question qui est posée à nos deux pays, l’Algérie et la France, elle est simple, elle est grave : sommes-nous capables d’écrire ensemble une nouvelle page de notre histoire ? Je le crois. Je le souhaite. Je le veux. Nous ne partons pas d’ailleurs de rien, puisque nous pouvons nous appuyer sur les liens humains que vous avez rappelés, Monsieur le Président, linguistiques, je parle une langue, le français, que vous connaissez et que vous parlez, des liens économiques, qui unissent aussi nos deux pays.
 Mais cette amitié, pour vivre, pour se développer, elle doit s’appuyer sur un socle, ce socle, c’est la vérité. Cette vérité, nous la devons à tous ceux qui par leur histoire, par leur histoire douloureuse, blessés, veulent ouvrir une nouvelle page. Nous la devons à la jeunesse, à toutes les jeunesses, qui veulent avoir foi en leur avenir, et donc qui veulent savoir d’où elles viennent. Rien ne se construit dans la dissimulation, dans l’oubli, et encore moins dans le déni. La vérité, elle n’abîme pas, elle répare, la vérité, elle ne divise pas, elle rassemble.
Alors, l’histoire, même quand elle est tragique, même quand elle est douloureuse pour nos deux pays, elle doit être dite. Et la vérité je vais la dire ici, devant vous. Pendant 132 ans, l’Algérie a été soumise à un système profondément injuste et brutal, ce système a un nom, c’est la colonisation, et je reconnais ici les souffrances que la colonisation a infligées au peuple algérien. Parmi ces souffrances, il y a eu les massacres de Sétif, de Guelma, de Kherrata, qui, je sais, demeurent ancrés dans la conscience des Algériens, mais aussi des Français. Parce qu’à Sétif, le 8 mai 1945, le jour même où le monde triomphait de la barbarie, la France manquait à ses valeurs universelles.
La vérité, elle doit être dite aussi sur les circonstances dans lesquelles l’Algérie s’est délivrée du système colonial, sur cette guerre qui, longtemps, n’a pas dit son nom en France, la guerre d’Algérie. Voilà, nous avons le respect de la mémoire, de toutes les mémoires. Nous avons ce devoir de vérité sur la violence, sur les injustices, sur les massacres, sur la torture. Connaître, établir la vérité, c’est une obligation, et elle lie les Algériens et les Français. Et c’est pourquoi il est nécessaire que les historiens aient accès aux archives, et qu’une coopération dans ce domaine puisse être engagée, poursuivie, et que progressivement, cette vérité puisse être connue de tous.
La paix des mémoires, à laquelle j’aspire, repose sur la connaissance et la divulgation de l’histoire. Mais la nôtre est aussi une histoire humaine, car au-delà des blessures, au-delà des deuils, demeure la relation exceptionnelle nouée entre les Français et les Algériens ; les Français d’Algérie, instituteurs, médecins, architectes, professeurs, artistes, commerçants, agriculteurs qui, avec le peuple algérien, avaient su nouer, dans des conditions difficiles, intolérables parfois, des relations tellement humaines.
Je me rendrai à Tlemcen, la ville de Messali HADJ, l’un des fondateurs du nationalisme algérien, qui évoque lui-même, dans ses mémoires, les Français d’Algérie, en rappelant l’amitié et la confiance, en évoquant ses relations simples, quotidiennes, naturelles dont le souvenir nous appartient. Je n’oublie pas non plus tous ces coopérants qui étaient venus après l’indépendance de l’Algérie, à la fois par conviction, et par souci de promotion du savoir et de la connaissance, et qui voulaient rendre service à la République, la jeune République algérienne.
Notre histoire, cette histoire, c’est aussi celle de grandes consciences françaises, qui ont su s’élever contre l’injustice de l’ordre colonial, Georges CLEMENCEAU, dès 1885, trouvât les mots pour dénoncer l’abus pur et simple de la force pour s’approprier l’homme et ses richesses. André MANDOUZE, moins connu, et pourtant, tellement militant, qui, toute sa vie, fut fidèle à ses valeurs dans la résistance, mais également dans la conscience de l’indépendance algérienne. Germaine TILLION, qui fut la militante inlassable du dialogue entre les hommes et les femmes, entre les peuples, l’écrivain François MAURIAC, qui sut rappeler dans les moments difficiles la véritable grandeur d’un peuple qui ne repose pas sur sa force brutale, mais sur la puissance de son message universel.
 Et puis, notre histoire, l’histoire de la France, c’est aussi Alger, qui fut la capitale dans les moments les plus sombres de la France libre, parce que c’est ici que s’était réfugié l’honneur de la France, à Alger, avec le Général De GAULLE à sa tête.
 Voilà tout ce qui nous rassemble, nous réunit et nous permet après avoir regardé l’histoire, le passé, de pouvoir construire l’avenir.  Je n’ai pas d’autres mots que ceux qu’employaient le président BOUTEFLIKA le 8 mai dernier à Sétif, qui appelait à une lecture objective de l’histoire loin des guerres de mémoires et des enjeux conjoncturels afin d’aider les deux parties à transcender les séquelles du passé et d’aller vers un avenir où puisse régner confiance, compréhension, respect mutuel, partenariat. Eh bien ces mots-là sont les miens encore aujourd'hui.
La proximité entre l’Algérie et la France n’est pas une incantation prononcée à chaque voyage d’un président de la République française en Algérie, la proximité dont je parle n’est pas une abstraction, n’est pas une construction elle est une réalité. Elle se fonde sur des liens intimes, profonds, uniques pour la France comme pour l’Algérie. Sur 900.000 Algériens qui résident à l’étrangers, 700.000 vivent en France et je ne peux pas compter tous ces Algériens venus à travers plusieurs générations donne leur force de travail pour permettre à la France d’être ce qu’elle est aujourd'hui.
Je pense aussi à ces jeunes Français nés de parents algériens qui sont pleinement Français, qui doivent être regardés toujours comme tels et qui en même temps sont en famille ici, chez vous en Algérie. Ces jeunes Français se sont engagés dans tous les domaines de l’économie, de la culture, du cinéma, de la littérature, du théâtre, du sport et même de la politique. Et nous avons attendu d’ailleurs trop longtemps ce moment, enfin les assemblées parlementaires françaises comptes désormais des élus d’origine algérienne.
Il y a aussi tous ces Français nés en Algérie et qui sont partis dans les conditions que chacun connait et avec le déchirement dont ils ne se sont pas remis mais qui portent toujours je vous l’assure, l’Algérie dans leur cœur. Je ne vais pas faire de comptabilité mais il y a des millions de mes concitoyens en France qui ont vis-à-vis de l’Algérie un fonds commun de références, de passion, d’émotions et qui loin d’affaiblir la France, renforce encore cette passion d’être ce qu’elle est aujourd'hui.
Voilà pourquoi nous sommes liés les uns aux autres mais la géographie aussi nous rapproche, la mer Méditerranée ne nous sépare pas elle nous unit mais elle nous confère aussi des responsabilités communes et exceptionnelles.
La Méditerranée c’est un espace politique, économique, diplomatique et nous avons le devoir de développer des projets qui bénéficient directement aux populations des deux rives. Je souhaite et je le dis devant vous, représentants du peuple algérien, je souhaite que la France et l’Algérie travaillent ensemble pour le projet méditerranéen.
De même que la France et l’Allemagne avaient été capables après une guerre tragique qui les avait opposé d’être les moteurs de la construction européenne eh bien l’Algérie et la France peuvent construire aussi l’union, l’unité méditerranéenne de demain.
Mais là aussi, non pas pour porter des projets chimériques mais des réalisations dans tous les domaines de l’énergie, des transports, de l’éducation, de la connaissance et du développement. Je parle d’éducation, de connaissance, de savoir, de recherche. La langue peut également nous servir de lien. L’Algérie chérit la langue arabe mais elle a su aussi se nourrir du français, se l’approprier comme un butin de guerre mais surtout, comme un instrument de connaissance, de diversité, de liberté.
Tant d’écrivains algériens ont apporté à la langue française leur génie, Kateb YACINE, Mohammed DIB, hier, Assiad DJEBAR, Anouar BENMALEK, Yasmina KHADRA, aujourd'hui et c’est Albert CAMUS, ce fils d’Alger dont nous célébrons l’an prochain l’anniversaire, le centième anniversaire de la naissance, qui a évoqué le premier cette communauté franco-arabe formée par tous les écrivains algériens dans l’égalité la plus parfaite. Merci à l’Algérie de donner aussi à la langue française sa diversité.
C’est fort de ces liens là, de cette responsabilité là qu’aujourd’hui à l’occasion de ma visite ici en Algérie, nos deux pays peuvent ouvrir une nouvelle page, un nouvel âge, à travers un partenariat stratégique d’égal à égal.
C’est ce que nous venons d’établir avec le président BOUTEFLIKA, une déclaration d’amitié ici à Alger et également un document qui scellera notre relation dans tant de domaines pour ce partenariat. Cinq ans, cinq ans d’actions communes si nous le voulons, si nous en décidons pour relever trois défis qui nous sont communs.
Le premier est économique, la France et l’Algérie doivent passer à la vitesse supérieure, doivent multiplier les échanges, les investissements, les réalisations communes. Oh nous connaissons les blocages, vous ici en Algérie, nous en France, nous savons les méfiances, les réticences mais nous savons aussi ce que nous pouvons faire ensemble.
Alors, faisons-le, dans le cadre de la transition énergétique, dans le cadre du partage des technologies, dans le cadre de la transition énergétique, dans le cadre du partage des technologies, dans le cadre de la formation des hommes et des femmes.
Nous pouvons partager nos savoir-faire, nos expériences, nos ressources, nous avons inventé parce que nous sommes la France, parce que vous êtes l’Algérie. Nous avons inventé de nouveaux modes de développement dans tous les domaines industriels, agricoles, et c’est pourquoi nous avons signé de nombreux accords de coopération ensemble à l’occasion de cette visite.
Je ne viens pas ici pour faire du commerce, je viens ici devant vous pour marquer un temps nouveau et en même temps 450 entreprises françaises, de grands groupes mais aussi des PME emploient directement 40.000 personnes, même 100.000 avec les emplois indirects en Algérie, nous pouvons faire davantage.
La France est le premier investisseur sur le territoire algérien, je m’en félicite mais nous pouvons faire encore mieux, elle est aussi son premier fournisseur, son troisième client, nous pouvons relever encore le niveau de nos échanges ; nous devons être prêts à aller plus loin et dans la délégation qui m’accompagne il y a toutes sortes de personnalités économiques, culturelles, scientifiques, artistiques, mais je veux que l’économie soit également au cœur de notre relation.
Hier RENAULT a signé un important accord en vue de produire dans votre pays une voiture destinée au marché local mais aussi régional, et j’allais dire même aussi international. Ce n’est pas une délocalisation, aucune entreprise française n’est venue s’installer au détriment de l’emploi français, c’est une entreprise RENAULT qui vient construire des véhicules pour qu’il y ait plus d’emplois en Algérie et plus d’emplois en France.
Voilà un bel accord que nous avons été capables de conclure sur le plan économique et il s’intégrera dans une déclaration de partenariat productif qui marquera cette idée de coproduction entre nos deux pays.
Le deuxième défi que nous avons à relever, en Algérie comme en France, c’est celui de la jeunesse, la formation, l’éducation, c’est une grande ambition de l’Algérie depuis l’indépendance, la formation, l’éducation c’est le grand message, c’est le rêve français depuis sa propre révolution.
Parce que nous avons tous conscience que la jeunesse n’est pas simplement un atout, une vitalité, c’est aussi une ressource que nous devons accompagner, encadrer, valoriser. Et dans tous les accords que nous avons passés entre l’Algérie et la France au cours de cette visite, ce sont des accords de formation et j’en ferai la démonstration à travers ce que nous allons faire pour des réseaux d’institut d’enseignement supérieur de technologie.
Quatre centres vont être crées qui, ensuite, serviront de référence pour être généralisés sur le territoire algérien, si vous en décidez. Ils aideront les jeunes à acquérir, dans un cycle court, les connaissances, les compétences qu’attendent les entreprises et permettront plus facilement de leur trouver du travail.
Notre partenariat, celui dont je parle, notre déclaration d’amitié doit s’adresser d’abord aux jeunes pour répondre concrètement à leurs attentes. Je pense aussi aux universitaires, à ces vingt-cinq mille Algériens qui étudient en France mais aussi à tous ceux qui s’intéressent en France à l’Algérie et qui veulent, là encore, nouer des relations à un niveau d’excellence, mais je veux que l’on accueille mieux et davantage les étudiants algériens.
C'est pourquoi je propose que puisse se construire une maison de l’Algérie à la cité internationale universitaire de Paris pour accueillir ces étudiants.
Nous pourrions nous dire qu’au niveau de la Méditerranée, nous pourrions faire ce qui a été réalisé au niveau de l’Europe, ces programmes d’échange universitaire, ce qu’on appelle ERASMUS. On trouvera un autre nom, d’un autre philosophe pour la Méditerranée mais c’est le même projet : permettre les échanges, la circulation.
J’ai parlé de circulation des personnes ; c’est le troisième défi que nous avons à régler. Près de deux cent mille Algériens reçoivent chaque année un visa dans nos consulats. Cette politique est indispensable, je la rappelle ici.
Nous devons, pour l’intérêt de l’Algérie et pour celui de la France, maîtriser les flux migratoires. Les jeunes que vous formez doivent trouver du travail ici, espérer faire leur vie ici, mais en même temps ils ont besoin aussi de circuler. Alors, nous ne devons pas faire de la demande d’un visa un parcours d’obstacle ou, pire encore, une humiliation. Au contraire ! Nous avons besoin que se poursuivent et même s’amplifient les allers-retours des étudiants, des entrepreneurs, des artistes, des familles. Bref, tout ce qui anime la relation entre la France et l’Algérie. Nous allons rester dans l’accord de 1968, mais nous prendrons toutes les mesures nécessaires pour accueillir mieux les demandeurs de visa et pour que les documents soient délivrés plus vite par nos consulats. C'est une affaire de respect et d’intérêt mutuel. Dans le même temps, nous attendons de l’Algérie qu’elle ouvre plus largement ses portes aux Français qui souhaitent se rendre sur votre territoire, parce qu’ils y ont des souvenirs, des attaches familiales, affectives ou des projets professionnels ou personnels à réaliser.
Enfin, le dernier défi que nous avons à relever, il est pour la paix et la sécurité dans le monde.
Nous portons les mêmes principes au plan international : l’indépendance, la souveraineté, le respect des peuples.
Nous connaissons les mêmes menaces : le terrorisme, et vous, vous savez ce qu’est le terrorisme. Nous avons aussi les mêmes valeurs d’émancipation ; nous avons le même besoin de vivre dans un environnement de paix et de stabilité. Or, chacun le voit, le monde est en plein changements. Parfois ils vont dans le bon sens, parfois dans le pire. Mais il y a eu ces peuples qui se sont soulevés contre la dictature, des révolutions ont apporté l’espoir mais aussi, reconnaissons-le, soulevé des inquiétudes.
Chaque pays doit trouver sa propre voie et vous l’avez montrée. Il ne peut pas y avoir de réponse unique aux aspirations des citoyens, mais la leçon de ce qu’on a appelé le printemps arabe c’est que de toute manière, et partout dans le monde, les peuples entendent prendre en main leur destin.
Alors, le rôle de la France, celui de l’Algérie, c’est de les accompagner dans la voie de l’ouverture, de la démocratie, de la liberté. Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ne se discute pas, ne se marchande pas. Il en est ainsi du droit du peuple palestinien et, aux Nations Unies, l’Algérie et la France ont voté ensemble la résolution qui confère à la Palestine le statut d’État non-membre observateur.
Mais nous ne pouvons pas en rester là. Nous voyons les risques aussi d’un blocage, d’une fermeture, d’une violence.
Notre devoir, c’est de favoriser la négociation permettant la reconnaissance des deux Etats qui pourraient vivre en pleine sécurité, sûreté, respect, tout simplement en paix.
Enfin, il y a la crise du Sahel. Elle nous oblige aussi, et là-dessus je me félicite de voir que la France et l’Algérie partagent des principes communs. Nous devons affronter cette crise, mais nous devons laisser les Africains décider souverainement des opérations de soutien pour permettre au Mali de recouvrer son intégrité territoriale.
Nous avons deux volontés qui ne se discutent pas. La première, c’est de favoriser la négociation politique, le dialogue pour que toutes les parties prenantes qui respectent l’unité du Mali, qui n’acceptent pas le terrorisme, puissent se retrouver ensemble avec des voix permettant aussi une certaine reconnaissance de la spécificité du nord-Mali.
Mais en même temps que nous poursuivons cet effort de négociation politique, nous devons montrer une détermination. Non pas la France, qui n’est plus dans ces interventions d’hier, mais la communauté internationale. Parce que si le conseil de sécurité en décide, et il en décidera, alors ce seront les Africains eux-mêmes qui voudront ou ne voudront pas – et je sais qu’ils le veulent – engager une opération pour l’intégrité du territoire malien.
Et je fais confiance à l’Algérie pour mener à sa place toutes les négociations, discussions politiques en plein accord avec la France.
Voilà tout ce que nous avons à faire, voilà ce qui nous rapproche, voilà ce qui nous unit, voilà ce qui peut pour de longues années – je n’ose pas dire cinquante ans – mais nous pouvons aussi penser que ce que nous pensons vaut bien plus que pour cinq ans. Parce qu’ici, ce n’est plus une question de personnes : c’est la France, c’est l’Algérie. Une déclaration d’amitié, je le disais, a été signée. C’est bien une déclaration, mais l’amitié ça se prouve. C’est un beau sentiment.
Elle se fonde sur trois exigences, celles que j’ai rappelées devant vous. La reconnaissance du passé dans le respect des mémoires, de toutes les mémoires. La seconde exigence, c’est la solidarité entre nos deux nations qui partagent tant de destins communs. Et enfin la troisième exigence, c’est de lever l’espérance. L’espérance pour la jeunesse, la jeunesse de l’Algérie, la jeunesse de la France, celle qui va demain décider du sort de nos deux nations.
C’est pour elle que nous formons cette déclaration d’amitié. C’est pour elle que nous engageons ce partenariat exceptionnel d’égal à égal. C’est pour elle, cette jeunesse de France, cette jeunesse d’Algérie, que je suis venu ici, en visite comme chef de l’État, comme président de la République, pour vous dire combien je crois à l’amitié entre la France et l’Algérie.
Merci.


Lire l'article original : Document : Le discours du président français devant le Parlement algérien | DNA - Dernières nouvelles d'Algérie 

mercredi 19 décembre 2012

La Kabylie condamne la complaisance de la France


La Kabylie condamne la complaisance de la France

19/12/2012 - 21:10

TIZI-WEZZU (SIWEL) — Le président du MAK a eu des propos très dur à l'encontre de François Hollande : « Au lieu de se rendre en Kabylie, théâtre de la guerre d’Algérie et bastion de la francophonie, François Hollande sera en visite demain à Tlemcen [...] une ville réputée pour être la région emblématique des "amis de la France coloniale", celle qui a enfanté les Emir Abdelkader, les Messali et les Bouteflika. Dès lors, il n’est pas étonnant que François Hollande préfère honorer les vaillants serviteurs de la France coloniale plutôt que les Chefs kabyles de la révolution algérienne. Ce n’est pas à Amirouche, à Abbane ou à Krim qu'il rendra hommage, il n’a aucune raison de le faire ».


Bouaziz Ait-Chebib, Président du MAK, lors du point de presse à la fin du rassemblement
Bouaziz Ait-Chebib, Président du MAK, lors du point de presse à la fin du rassemblement
A l’arrivée des organisateurs sur la place de l’ancienne mairie, déjà occupée par les forces de répressions, un officier de police, s’adressant en kabyle aux organisateurs, entre d’emblée dans la provocation : « le kabyle n’est rien d’autre qu’un dérivé de l’arabe » dit-il en voulant se moquer de la langue kabyle, qui est pourtant sa langue maternelle. Imperturbable, le président du MAK lui répond en lui disant « visiblement le débat linguistique te dépasse, mai faut que tu sache une chose : notre combat te concerne toi aussi. Dans la Kabylie libre et autonome, tu ne seras pas obligé de te renier ni de réprimer tes frères au profit d’un régime qui te méprise et dont tu reproduis les arguments sans valeurs, dignes des Bachaghas de la colonisation française .En Kabylie Libre et autonome, tu exerceras ta fonction dans la le respect, la confiance et la dignité. Tu seras respecté par le citoyen car tu seras là pour assurer sa sécurité, ce qui n’est, hélas pour toi, pas le cas aujourd’hui.» 

Puis s’adressant au public, le premier responsable du MAK dira : « Le pouvoir use de tous les moyens pour nous museler mais en vain car personne ne peut nous réduire au silence ou triompher de notre mobilisation. Notre combat est juste et légitime. Il est par conséquent bien plus puissant que le mépris, l’injustice et la répression que ce régime illégitime et infâme exerce à l’encontre du peuple kabyle déterminé à s’émanciper du régime raciste d’Alger » 

L’occupation de l’ancienne place de la mairie par les éléments de la répression algérienne est un aveu de faiblesse qui démontre que l’Algérie de Bouteflika n’a pas d’autre argument que la répression pour cacher l’ignominie de sa gouvernance « tous les mensonges du monde ne peuvent vaincre la vérité. Tôt ou tard la justice triomphera de l’injustice. Nous réussirons tôt ou tard à libérer la Kabylie du joug de cette Algérie arabo-islamique qui n’est rien d’autre qu’un Etat néo-colonial qui n’a vu le jour que pour remplacer l’Algérie française » déclare Bouaziz Ait-Chebib. 

Concernant la visite du président français au régime algérien, le président du mouvement autonomiste dira « François Hollande est venu rendre visite à ses partenaires de l’Etat néocolonial d’Algérie. Cette dernière demeure, à ce jour, une colonie française sous couvert d’une fausse indépendance ». Attaquant la France officielle et l’Algérie officielle sur l’exploitation des gaz de schiste le président du MAK dira : « L’exploitation en Algérie du gaz de schiste au profit de l’ancienne puissance coloniale est un crime. Cette exploitation en Algérie pour la France, qui par ailleurs l’interdit sur son territoire, se fera au détriment de la santé publique algérienne. Comment peut-on expliquer le mépris commun de ces deux Etats à l’encontre de la santé des populations algériennes autrement que par une profonde convergence d’intérêts ». 

Les autonomistes kabyles ne décolèrent pas face au mépris des peuples de la part du pays qui a vu naître, à Paris, la déclaration universelle des droits de l’Homme. Intervenant à ce sujet, Bouaziz Ait-Chebib dira : « C’est à titre symbolique que nous interpellons le président français contre la politique de deux poids deux mesures que son pays pratique au détriment des droits des peuples qu’ils disent promouvoir dans des discours vagues et généralistes et jamais dans les faits ». 

« La politique extérieure de la France n’honore en rien ce pays réputé dans le monde entier comme étant le berceau des droits de l’homme. La France coloniale a combattu les amazighs. C’est elle qui a en premier pratiqué la politique de dépersonnalisation des amazighs. N’est-ce pas elle qui a transformé tous les At en Beni, les Asif en Oued, les Taddart en Dechra etc. etc. Ne leur ayant jamais pardonné d’avoir été les acteurs acharnés de la décolonisation de l’Afrique du Nord, après les indépendances, la France a tourné le dos aux amazighs et a prêté main forte aux idéologies arabo-islamiste qui lui ont succédé » 

Aujourd’hui la France officielle, tout comme Rome du temps de Jugurtha, serait à vendre si elle trouvait acquéreur. Poursuit Bouaziz Ait-Chebib, il dira également que « C’est d’ailleurs dans cette perspective qu’elle a accepté que le Qatar entre directement comme membre de la Francophonie en tant qu’Etat associé sans passer par la case observateur alors sans compter que ce pays anglophone n’a jamais eu un seul locuteur francophone. Le refus de reconnaître le droit du peuple Kabyle à l’autodétermination et le refus de reconnaître le GPK ne fait que confirmer le renforcement de la politique arabe de la France, une politique qui, en dépit du droit et du bon sens, se fait au détriment des peuples réels de l’Afrique du Nord : les amazighs » 

Poursuivant sur le volte de la politique internationale de la France, le président du MAK dira que « La politique que mène la France officielle contre les amazighs se fait au bénéfice de tous les nouveaux Etat issus des pseudos décolonisations. ». Selon Bouaziz Ait Chebib, cette politique néocoloniale a trouvé son apogée contre nos frères amazighs de l’Azawad « Les efforts conjoints de l’Algérie et la France contre l’avènement d’un Etat amazigh indépendant dans l’Azawad dénote à quel point le monde dit libre n’est qu’une duperie destinée à endormir notre méfiance. La communauté internationale, et la France en particulier pour ce qui concerne l’Afrique du Nord et le Sahel, bafoue le principe de l’égalité des peuples en droits. Quoi qu’il en soit, le peuple kabyle soutient le peuple frère touareg de l’Azawad qui triomphera de l’injustice, du mépris et de la trahison » 

Revenant au rassemblement et à l’occupation par la police de la place de l’ancienne mairie Bouaziz Ait-Chebib dira : « La répression de notre rassemblement est en soi une atteinte à la crédibilité de la France officielle. Le président de ce pays est en visite officielle dans un Etat qui n’a comme seuls modes de gouvernance, la répression, l’oppression, la corruption, le terrorisme et le grand banditisme chargé de mater la société. C’est une honte pour le pays des droits de l’homme » 

Évoquant la question des archives de la guerre de libération, cette affaire concernant directement et particulièrement la Kabylie, le premier responsable du mouvement autonomiste kabyle dira : « La France a décidé de lever le secret sur les archives de la guerre d’Algérie, soit ! Dans ce cas, étant la première concernée par ces archives, la Kabylie exige de l’ancienne puissance coloniale qu’elle a massivement combattue, que les archives la concernant de près ou de loin lui soient restituées. Dans le cas où elle les remettrait au régime anti-kabyle d’Alger, cela signifiera que la France et en particulier François Hollande compte contribuer, et en connaissance de cause, à la falsification de l’Histoire et au hold-up historique du combat de libération de l’Algérie au profit de ceux qui l’ont trahi ». 

Il poursuit sur l'état déliquescent de l'Algérie officielle qui « soigne son image pour la lutte à la succession de Bouteflika qui a d'ailleurs commencé depuis longtemps. Ce dernier, qui succédera à lui-même ou tout autre successeur ne pourra jamais être le président du peuple kabyle. La Kabylie, qui ne reconnait pas le régime raciste d'Alger et ses représentants, n'est pas concernée par ce conflit de vautour au sommet de l'Etat. Son combat n'est pas d'aider un clan au détriment d'un autre. Bouteflika, Toufik, Ouyahia ou le sinistre Belkhadem... pour nous, ils sont tous les même: ce sont les multiples faces de la même monnaie. Le peuple kabyle, lui, milite pour sa libération à travers l'instauration d'un Etat autonome. Tout reste n'est que mensonge et duperie " d aghuru " » 

Puis revenant au le rôle de la France officielle, le président du MAK dira : « Au lieu de se rendre en Kabylie, théâtre de la guerre d’Algérie et bastion de la francophonie, François Hollande sera en visite demain à Tlemcen : le choix de la capitale de la culture islamique n’est pas fortuit. Cette ville est réputée pour être la région emblématique des " amis de la France coloniale", celle qui a enfanté les Emir Abdelkader, les Messali et les Bouteflika. Dès lors, il n’est pas étonnant que François Hollande préfère honorer les vaillants serviteurs de la France coloniale plutôt que les Chefs kabyles de la révolution algérienne. Ce n’est pas à Amirouche, à Abbane ou à Krim qu'il rendra hommage, il n’a aucune raison de le faire ». 

Le président du MAK dira également que « le peuple kabyle demande réparation à l'ancien colon et pas seulement pour la période de la colonisation mais aussi pour le soutien apporté par la France officielle au pouvoir algérien dans ses politique racistes anti-kabyle par ce dernier depuis l'indépendance confisquée à ce jour. » Il a terminé son allocution en rendant hommage aux participants qui ont «défié la peur et la répression pour faire de ce rassemblement un acte de résistance contre l’oppression du régime et de ceux qui les cautionnent » et conclue en donnant RDV au peuple kabyle pour le 12 Janvier prochain « Le MAK qui demeure la seule vraie force d’opposition vous donne RDV pour Yennayer afin de réaffirmer la détermination du peuple kabyle à arracher son droit à l’autodétermination. » 

L'ancien président du conseil national du MAK, Hachim Mohand Ouamer, a pris la parole pour dire : « Nous sommes chez nous ici. Nous n'avons pas à demander d'autorisation pour nous rassembler dans le pays que nous avons libéré avec notre sang. il est inconcevable qu'un jeune policier vienne m'empêcher de m'exprimer en tant qu'ancien maquisard alors que sans le combat de mes semblables, il n'aurait jamais eu cette fonction. L'Etat Algérien est un Etat terroriste qui viole nos droits au vu et au su de tout le monde et les puissances occidentales préfèrent nous tourner le dos croyant que la situation ne changera jamais. Qu'elles se détrompent, le peuple kabyle va se libérer avec ou sans leur soutien et n'oubliera pas ceux et celles qui ont soutenu ses ennemis. » 

Enfin, la vénérable doyenne du militantisme kabyle féminin, Nna Newara prendra la parole pour dire « Nous en avons assez de ce pouvoir qui a fait des vrais algériens des étrangers dans leur propre pays. Mon père s'est sacrifié pour que moi et ma descendance vive dans la liberté et non pour être humilié par un pouvoir qui a assassiné 128 martyrs. » 

Le rassemblement n'a évidemment pas dérogé aux habituels slogans chers à la Kabylie tels que : Kabylie autonome ! Imazighen ! Justice pour nos martyrs ! Corrigez l'histoire, l'Algérie n'est pas Arabe! et Pouvoir assassin ! 

Enfin, il y a lieu de noter que des éléments de la police, très énervés par le discours de ont adressé à un groupe de manifestants des menaces visant le président du MAK: « on verra ça la prochaine fois! Votre président n'arrivera même pas à sortir de son lieu de domicile, il sera neutralisé avant même d'être sorti de chez lui » 

zp, 
SIWEL 192110 DEC 12 

Mémorable manifestation du MAK à Tizi-Ouzou contre le néocolonialisme français en Afrique du Nord | Tamurt.info - Votre lien avec la Kabylie



Bouaziz Aït-Chebib dénoncera la politique menée jusque-là par la France officielle contre le peuple kabyle. De même, il fustigera le pouvoir algérien qui, au nom de l’arabo-islamisme, mène une politique d’anéantissement du peuple kabyle. « Nous ne sommes pas des Arabes ! Nous n’arrêterons jamais le combat commencé par nos ancêtres pour la reconnaissance de notre identité et notre culture ! Bouteflika peut devenir tout ce qu’il veut, mais ne sera jamais reconnu comme président des Kabyles ! », criera le président du MAK.
19/12/2012 - 19:35 mis a jour le 19/12/2012 - 18:44 par Saïd Tissegouine
A l’occasion de la visite de deux jours du président de la république française, François Hollande, arrivé aujourd’hui à l’aéroport international Houari Boumediène, la famille militante et patriotique du Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie (MAK) a organisé ce matin une manifestation mémorable à Tizi-Ouzou, et ce, en dépit du refus catégorique d’Alger et de la présence massive des forces de l’ordre sur la place de l’ex-Mairie, lieu choisi initialement par les organisateurs de cette dite manifestation.
La forte présence policière avait pour but l’empêchement des citoyens kabyles de dénoncer à l’occasion de cette visite du chef d’Etat français en Algérie, la politique néocoloniale de Paris vis-à-vis de l’Afrique du nord. Il y a lieu de retenir que les manifestants, sur coup de force des policiers armés de gourdins aussi longs mais plus épais que les battes de base ball, ont transféré leur rassemblement de quelques mètres du lieu choisi initialement. En effet, ils ont décidé de traverser la rue pour se tenir du côté est de l’édifice public connu sous l’appellation de « ex-Mairie ».
Le département répressif dépendant de Daho Ould-Kablia s’est trompé d’analyse car au lieu de la dispersion prévue, c’est un rassemblement gigantesque de citoyens qui a eu lieu au centre-ville de Tizi-Ouzou. En effet, quand un citoyen voit de loin le rassemblement, il ne tarde pas à le rejoindre pour s’enquérir des motifs. Et aussitôt informé des raisons de la manifestation, au lieu de continuer son chemin il se joint aux manifestants et épouse la cause. C’est ainsi qu’en un laps de temps d’une demie heure environ, des centaines de citoyens des deux sexes et de tous les âges ont occupé le trottoir et la moitié de la chaussée sur une distance de plusieurs mètres. Même la circulation automobile a été sérieusement perturbée. Constatant qu’un coup de répression risquait d’engendrer de graves conséquences, les flics ont fini par opter pour une méthode plus réconciliatrice et plus pacifique.
Pourtant, au début du rassemblement, ils ont été à l’origine de quelques heurts. Ceux-ci n’ont été d’aucune gravité cependant.
Quand les manifestants ont atteint un nombre incalculable et la presse fortement présente, le président du MAK, M. Bouaziz Aït-Chebib prit la parole. Muni d’un mégaphone pour porter loin sa voix, le premier responsable du MAK dévoilera le véritable contenu des dossiers portant sur la relation algéro-française et l’affaire du Mali. Concernant le premier point, l’orateur dira que « dans la réalité, l’Algérie demeure toujours comme une colonie française ». Il ne manquera pas de fustiger Alger qui n’arrête pas de servir les intérêts de la France, et ce, au détriment des Algériens ». Bouaziz Aït-Chebib dénoncera également la politique menée jusque-là par la France officielle contre le peuple kabyle. De même, il fustigera le pouvoir algérien qui mène une politique d’anéantissement du peuple kabyle, au nom de l’arabo-islamisme. « Nous ne sommes pas des Arabes ! Nous n’arrêterons jamais le combat commencé par nos ancêtres pour la reconnaissance de notre identité et notre culture ! Bouteflika peut devenir tout ce qu’il veut mais ne sera jamais reconnu comme président des Kabyles ! », criera le président du MAK. A ce moment, la foule, déjà chauffée à blanc, lance en chœur des slogans : « L’Algérie n’est pas arabe ! », « Kabylie autonome ! » (« … ! »). Concernant le dossier du Mali, le président du MAK commence par souligner que la Kabylie reconnaît le peuple AZAWAD et salut son combat pour l’indépendance. De même, l’orateur révélera que le terrorisme du Sahel « est monté de toutes pièces par les services secrets français et algériens » rien que pour tromper l’opinion internationale sur la justesse du combat que mène le peuple AZAWAD pour sa liberté. Bouaziz Aït-Chebib ira jusqu’à dire que Ansar Eddine, est en réalité un bars de la France et qui a pour mission de justifier la présence de la France néocoloniale au Sahel. S’agissant des motifs de toute cette agitation « créée par la France néocoloniale », le président du MAK l’expliquera par le fait que « cette France néocoloniale ne veut pas perdre les énormes privilèges dont elle a toujours joui au Sahel en corrompant le régime de Bamako ». « Avec l’indépendance du peule AZAWAD, expliquera l’orateur, Paris sera obligé de payer à sa juste valeur la matière première qu’il extrait du sous-sol se trouvant justement sur le territoire appartenant au peuple AZAWAD ». Le président du MAK citera dans la foulée la multinationale AREVA qui « pille » les richesses du Mali. Après avoir les dessous des cartes concernant le Mali, Bouaziz Aït-Chebib reviendra sur la notion de la liberté d’un peuple et le droit du peuple kabyle à jouir de l’autodétermination « car un pays ne peut être aimé et protégé que par ses propres enfants ».
Addenda : A la fin de sa prise de parole publique, le président du MAK a fait une déclaration à plusieurs médias. C’est suite à cela que la manifestation prit fin. Les manifestants se sont dispersés dans le calme.
Il y a lieu de relever que plusieurs personnalités ont pris part à cette action initiée par le MAK. C’est le cas d’Arezki About, président de la Maison du Citoyen de Tizi-Ouzou, d’anciens députés de la région, des enfants de martyrs de la révolution de Novembre I954, des Anciens combattants de l’ALN-FLN, des cadres et animateurs du CMA etc.
Saïd Tissegouine

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Hollande en Algérie, répression en Kabylie


Hollande en Algérie, répression en Kabylie

19/12/2012 - 12:08

TIZI-WEZZU (SIWEL) — Le rassemblement du MAK pour protester contre la caution politique de François Hollande au régime de Bouteflika a été empêché. Tôt dans la matinée, un important dispositif répressif a occupé la place de l’ancienne mairie de Tizi-Ouzou avant que les partisans de l’autonomie ne viennent occuper le lieu prévu pour ce rassemblement. Malgré tous les moyens dissuasifs employés par les services de l'Etat algérien, un peu plus de 600 personnes ont défié la peur et ont affronté le dispositif répressif.


Répression policière dans les rues avoisinant la place de l’ancienne mairie de Tizi-Ouzou où devait se dérouler le rassemblement prévu, aujourd’hui19.12.12, contre la caution de Francois Hollande au régime raciste d’Alger
Répression policière dans les rues avoisinant la place de l’ancienne mairie de Tizi-Ouzou où devait se dérouler le rassemblement prévu, aujourd’hui19.12.12, contre la caution de Francois Hollande au régime raciste d’Alger
Tôt dans la matinée d’aujourd’hui, un important dispositif répressif composé de policiers et de brigades anti-émeutes ont occupé la place de l’ancienne mairie de Tizi-Ouzou. En arrivant sur les lieux, 2 heures avant le rassemblement, les responsables du Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie l’ont immédiatement constaté. Ils ont été d’emblée intercepté par un commandant de la police qui leur a demandé d’appeler à l’annulation du rassemblement « votre rassemblement n’est pas autorisé » leur dit-il, alors même que personne en Kabylie n’a jamais demandé d’autorisation. « Les autorisations sont demandées à des gouvernements légitimes. En Kabylie, on ne demande pas d’autorisation au régime raciste d’Alger. Nous ne vous reconnaissons pas » rétorque alors le Président du MAK, Bouaziz Ait Chebib. 

Le commandant chargé de négocier avec les organisateurs a tenté de persuader la direction du MAK d’appeler à la dispersion « Il y aura répression si vous vous obstinez. Nous vous conseillons d’appeler à la dispersion. L’Etat est fort, ne l’oubliez jamais », déclare-t-il. Le premier responsable du MAK, Bouaziz Ait Chebib, lui assène alors une réplique cinglante en lui répondant « Oui, nous savons que votre pouvoir est fort quand il s’agit de réprimer la société civile et les actions pacifistes. En revanche, vous vous mettez à plat ventre face à vos terroristes et à vos repentis qui représentent maintenant ouvertement votre gouvernance criminelle » 

La place étant occupée par les CRS et la police, les organisateurs ont décidé de déplacer le rassemblement sur la chaussée aux abords de la place de l’ancienne mairie. Le dispositif répressif a tenté de s’interposer en repoussant par un corps à corps les manifestants sur le trottoir mais sans trop les charger tout en faisant de la provocation sur les manifestants. Il semble que les forces de répression ne savaient pas trop comment gérer la situation face refus d’obtempérer de citoyens pacifiques. 

Durant plus d’une heure, il y a eu plusieurs prises de parole, dont celle du Président du MAK et de la doyenne du militantisme kabyle Nna Nouara, également militante du Mouvement autonomiste. Il y'a lieu de mentionner la présence d'un membre des droits de l’Homme de Tizi-ouzou, Arezki Abbout, d’un ancien élu et même d’un membre fraîchement élu du RCD. 

La protestation du MAK contre la caution française au régime de Bouteflika a réuni plus de 600 participants, dont un bon nombre de femmes, qui ont défié le dispositif répressif, sans compter les nombreux citoyens qui sont restés loin du lieu du rassemblement. « Les brigades anti-émeutes ont tenté par diverses provocations de faire basculer les manifestants dans la violence dans le but de faire passer notre mouvement pacifiste pour une organisation prônant la violence » a déclaré le président du MAK qui a poursuivi, en s’adressant aux forces de la répression algérienne, « le gouvernement que vous représentez ici ne connait que la violence ! C’est votre seul et unique moyen de perdurer à la tête d’un pays que vous avez usurpé. La violence est votre caractéristique pas la notre ». S’adressant aux citoyens, Bouaziz Ait-Chebib les a appelés à ne pas répondre aux provocations des forces de répression et aux insultes de leurs agents en civil « Ils veulent nous entraîner dans la violence parce qu’ils vivent et ne perdurent que par ce seul et unique moyen » 

Malgré la campagne d’intox par des rumeurs de répression, les entraves à l’accès aux abords de la place de l'ancienne mairie de Tizi-Ouzou, puis carrément son occupation par les forces de répression du régime algérien, la mobilisation citoyenne kabyle a bravé la peur. Elle a été à la hauteur du message envoyé à François Hollande qui a inauguré son premier jour en Algérie par une répression en Kabylie. 

Nous reviendrons avec plus de précisions sur le déroulement exact du rassemblement et les prises de paroles 

zp/wbw 
SIWEL 191208 DEC 12